Témoignage de la présence chrétienne aux premiers siècles
Les Saints du Vermandois sont aux premières places de l'Histoire de France.

Voir les vies des Saints :
                        Quentin   ,    Eusébie et sa légende   ,    Sainte Benoîte   ,    Montain ,    Ste Céline   ,    Remi   ,   
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                     Anselme, une des lumières de l'Occident. Théologien de Laon,   
                         Gerbert,       Garemberg,    Le père Wresinsky, ....


                                       Les évéchés dont celui du Vermandois rattacgé à Noyon puis à Soissons en 1872       Node Dame de Liesse, Pelerinage du Vermandois       L'icone de la Sainte Face de Laon


La Chrypte de Saint Quentin


Saint Quentin dans un livre de prières.
Martyr
(IIIe siècle)

Célébré le 31 octobre

Bouquet spirituel: «Réjouissez-vous dans le Seigneur, en tout temps; je le répète, réjouissez-vous.» Phil. 4, 4

Saint Quentin

Saint Quentin fut un de ces jeunes Romains qui, comme saint Crépin et saint Crépinien, vinrent prêcher l'Évangile dans les Gaules et y communiquer le trésor de la foi qu'ils avaient reçu. Amiens fut le centre de son apostolat. Les miracles confirmaient son enseignement; il traçait le signe de la Croix sur les yeux des aveugles, et ils voyaient; il faisait parler les muets, entendre les sourds, marcher les paralytiques. Ces éclatants prodiges excitaient l'admiration des uns et la haine des autres.

Quentin fut bientôt dénoncé à ce monstre de cruauté qui avait nom Rictiovarus, gouverneur romain, et il comparut devant lui: "Comment t'appelles-tu? lui demande le tyran.
– Je m'appelle chrétien. Mon père est sénateur de Rome; j'ai reçu le nom de Quentin.
– Quoi! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions!
– La vraie noblesse, c'est de servir Dieu; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de Son Fils, engendré avant tous les siècles.
– Quitte ces folies et sacrifie aux dieux.
– Jamais. Tes dieux sont des démons; la vraie folie, c'est de les adorer.
– Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort.
– Je ne crains rien; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme."

Une si généreuse confession est suivie d'une flagellation cruelle; mais Dieu soutient Son martyr, et l'on entend une voix céleste, disant: "Quentin, persévère jusqu'à la fin, Je serai toujours auprès de toi." En même temps, ses bourreaux tombent à la renverse. Jeté dans un sombre cachot, Quentin en est deux fois délivré par un Ange, va prêcher au milieu de la ville, et baptise six cents personnes.

Tous ces prodiges, au lieu de calmer le cruel Rictiovarus, ne servent qu'à allumer sa fureur. Il envoie reprendre le martyr et le fait passer successivement par les supplices des roues, des verges de fer, de l'huile bouillante, de la poix, des torches ardentes: "Juge inhumain, fils du démon, dit Quentin, tes tourments me sont comme un rafraîchissement." Le tyran invente alors un supplice d'une férocité inouïe et fait traverser le corps du martyr, de haut en bas, par deux broches de fer; on lui enfonce des clous entre la chair et les ongles. Enfin l'héroïque Quentin eut la tête tranchée. Les assistants virent son âme s'envoler au Ciel sous la forme d'une blanche colombe.

Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.


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Eusébie
La Légende d'Eusébie

D'après un scénario original de Robert Pousseur

Texte et Illustrations Marie-Pascale Saison






Rome, vers le milieu du IV siècle. L'empire chrétien est fondé. Le règne de l'Empereur Dioclétien, fait d'autoritarisme et marqué par la violence, est achevé. Après ces années sanglantes de persécutions contre les chrétiens, Rome aspire à la paix et le Concile de Nicée rétablit la liberté du culte.



...C'est dans cette ville que nous rencontrons Eusébie, une patricienne romaine dont l'histoire a retenu le nom, et dont le destin va croiser celui de Quentin.
Eusébie, aveugle, se laisse guider comme à son habitude, par son amie Octavie. Ce jour là, elle a voulu marcher dans la ville. Sa promenade l'a menée jusqu'au Colisée, sa fidèle Octavie l'accompagne.
Elle y rencontre des citoyens romains de leur connaissance. Ravivant leurs souvenirs, ils discutent de tout ce qu'on leur a raconté sur ces terribles épisodes du passé.

   


«Il y a à peu près cinquante ans, à chaque détour de ruelle, des soldats romains arrêtaient des hommes et des femmes revendiquant le nom de chrétien. Ils les insultaient et les bousculaient. Ils pratiquaient les martyrs à un rythme infernal! Longtemps dans la nuit des plaintes déchiraient le silence...»
Eusébie a l'impression d'entendre encore les cris des supplicié. Ils résonnent longuement au plus profond d'elle même. Pourquoi les avoir torturés ainsi?



Eusébie est bouleversée et son amie l'invite à reprendre son calme. Des parfums émanent de ce jardin où elles font une pause.
Elle se rappelle alors Quentin, un proche de sa famille. Lui aussi était chrétien. Eusébie est contrariée. Jusqu'alors tout lui était indifférent, même ce souvenir de petite fille s'était effacé!
Cet homme, combien elle l'aimait!
Qu'est-il devenu aujourd'hui?
Pourquoi l'évêque Marcellin, alors évêque de Rome, l'avait-il envoyé si loin en Belgique seconde?



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Sainte Benoîte
                 
                         Sainte Benoîte de Mont d'Origny

    Sainte Benoîte dans le Mémorial du Vermandois

Le 8 octobre 362, à Origny-Sainte-Benoîte, le bourreau coupa à coup de hache  une consoeur de Quentin. Elle aussi était Romaine comme sa compagne Léobérie et animée par une foi de douceur et de piété aux antipodes de la mentalité de ceux qui régnaient à Rome. Dioclétien avait agi avec dureté et pour la grandeur de l'Etat, Julien l'Apostat et le préfet de la province Matrocle, juif d'origine, voulurent briser le mécontentement populaire mais se trompèrent de bouc émissaire. Benoîte vivait pieusement dans une petite maison qu'elle avait fait bâtir sur une colline, au bord de l'Oise. Elle aidait les pauvres et prêchait le salut des filles et fils de Dieu. Comme le Christ, elle fut arrêtée, souffletée, fouettée, jetée au cachot. Les narrateurs de l'époque qui n'avaient pas un millième des connaissances médicales de notre époque, rapportent qu'elle attrapa une " plaie universelle ". Nous savons bien aujourd'hui ce qu'est une infection généralisée et les fièvres, faiblesses, fragilités qu'elle entraîne, et pourtant Benoîte sortit guérie. Matrocle s'acharna et la fit mettre au supplice du chevalet puis  la renvoya en prison. Benoite réapparut en pleine santé, au grand dam du préfet qui préféra en finir. Nos ancêtres étaient restés circonspects devant le supplice de Quentin, le doute n'était plus de mise maintenant que Benoite avait été vue quasiment ressuscitée.


                  La Benoîte affique du Trésor de Mons
Saint Médard , évêque du Vermandois fut appelé au siège épiscopal de Tournai . Telle est l'origine de cette pièce d'orfèvrerie du Trésor de Mons dédiée à notre Sainte:
La benoite affique : Une bague d'or au chaton bleu sombre qui servit d'anneau épisopal au premier évêque concordataire de Tournai. Cette intaille ronde et bleue sertie d'or et de pierres fines a joui d'une considération multiséculaire. Elle joua un rôle équivalent celui d'une relique, on prêtait à son immersion dans l'eau appliquée sur les malades ou déversée sur les incendies un pouvoir curatif ou extincteur; les mayeurs du chapitre ou mayeurs héréditaires prêtaient serment sur cette affique dont relevaient certains fiefs . C C'était sur elle="Elle" et sur les Evangiles que baillis du Hainaut, prévôts de Mons et mayeurs de la="La" ville prêtaient serment. Elle="Elle" figurait aux entrées des souverains près du corps et du chef de sainte Waudru . Elle="Elle" éait baisée par les chanoinesses lors de leur réception par les fidèles aux fêtes et processions.


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Saint Montain


L'église de La Fère a été bâtie sur l'emplacement de la grotte dans laquelle l'ermite Montain et ses disciples se réunissaient.

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Montain était un ermite aveugle qui vint vivre en 437 à La Fère. La légende dit qu'une nuit, une voix prédit à Montain que Célinie, pourtant agée, femme d'Emilius, propriétaire romain du laonnois - mettrait au monde un fils à qui serait confié le salut de son peuple.
Après la naissance, quelques gouttes de lait nourricier frottées sur les yeux de Montain, lui rendraient la vue.
L'enfant devint St Rémi.
Une très belle tapisserie au Musée Saint Rémi de Reims rapelle ces faits.
Sous les mérovingiens, la chapelle du château-fort voisin contenant les reliques de St Montain est remplacée par une église en bois.

Elinaud,évêque de Laon a fait bâtir l'église de 1052 à 1099.
La charte de paix d'Enguerrand III de Coucy (1207) lui permit d'acquérir des ressources considérables par dons et legs: une nef centrale du XIII ème siècle, des doubles collatéraux du XV et XVI ème siècle, une voûte en bois de la Renaissance.

A une certaine époque, le prestige de l'église St Montain équivalait celui d'une cathédrale:
rois et reines de France, princes, princesses et autres dignitaires s'y sont agenouillés.
L'église a été remaniée au cours des siècles.
- Elle comportait une tourelle en bois qui servait au guet. Elle était reliée au château-fort, très proche, pour renforcer mutuellement leur défense.
- L'église possédait un clocher. Celui-ci fut vendu pierre par pierre à la révolution.
- L'ensemble appartient au style gothique ogival flamboyant, sauf la sacristie qui est romane.
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* choeur et double collatéraux voutés sur croisées d'ogives
* bas relief du XVII ème siècles à la mémoire de Marie de Luxembourg, bisaïeul de Henri IV et de Marie Stuart.
* magnifique voûte en bois du XV ème siècle (restaurée)
* belle rosace soutenue par des fenêtres en arcs romans.
De nombreux tableaux ornent les murs de l'église Saint-Montain. Ils sont d'auteurs inconnus mais de factures hollandaise et flamande. Quelques-uns appartiennent au Musée de La Fère.
On peut remarquer la dissymétrie insolite des deux bas-côtés. Les colonnes de support et les voûtes elles-mêmes ne se ressemblent pas.

L'église de St Montain est classée monument historique.




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Saint Remi

                      Saint Rémi Baptisant Clovis. Vitraux de Flavy-le-Martel

Fêté le 1er octobre (ou 15 janvier selon les sources) 

Archevêque de Reims

Ve siècle 

Histoire 

Rémi est né vers 436 en Vermandois et devient archevêque de Reims à 22 ans. Sa vie nous est contée par différents textes dont le principal est la Vita Sancti Remigii, rédigée par Hincmar (archevêque de Reims de 845 à 882). Rémi est surtout connu pour avoir baptisé le roi des Francs, Clovis, en 496, après la bataille de Tolbiac. Clovis avait promis à sa femme Clothilde de se convertir au christianisme si Dieu lui apportait la victoire. On lui attribue plusieurs miracle dont celui d'avoir éteint d'un geste de la main l'incendie qui menaçait Reims. On dit aussi qu'au cours d'une visite chez une parente, il fit jaillir du vin en abondance d'un tonneau vide. II rendra aussi la vue à un aveugle. Mais le miracle le plus important est celui qui nous est rapporté par Hincmar. La colombe du Saint-Esprit apporte à Rémi une ampoule céleste contenant de l'huile sainte avec laquelle il baptise Clovis. Cette ampoule dont le contenu ne s'épuisait jamais était conservée à l'abbaye Saint-Rémi de Reims et détruite au cours de la Révolution Française. C'est ce rituel qui fera de Reims le lieu privilégié du sacre des rois de France.

Rémi est généralement représenté en évêque, avec un livre et la Sainte Ampoule.

Les miracles réalisés par Rémi sont calqués sur ceux de Jésus. La colombe apportant la Sainte Ampoule est manifestement inspirée de celle qui descend sur Jean le Baptiste lors du baptême de Jésus. Parmi les scènes de la vie de Rémi les plus souvent représentées, celle du baptême de Clovis occupe la place la plus importante (par exemple sur le portail sud du transept de la cathédrale de Chartres).


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Sainte Céline, mère de Saint Remi et de Saint Prince


SAINTE CELINE ou CELlNIE. MÈRE DE SAINT REMI. (v' siècle).

Sainte Céline, recommandable par sa piété et vertus, avait épousé dans sa jeunesse Emite, comte de Laon, seigneur d'une haute noblesse et qui mérita 1es louanges de saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont- Ferrand. Elle vécut avec son époux dans une grande union ; elle lui était chère à cause de son caractère aimable et aussi à cause de sa prudence, de sa réserve, de sa modestie et de la tendre et cbaste affection qu'elle lui portait. Le Selgneur bénit ce mariage dont un des premiers fruits fut la naissance d'un enfant appelé à une haute destinée: c'était saint Prince ou Principe, qui devint évêque de Soissons.
Au bout de quelque temps, par un secret dessein de la Providence, Céline cessa d'étre féconde, et pendant de longues années, elle gémissait souvent devant le Seigneur sur la privation d'une plus nombreuse progéniture. Ses prières ne furent pas vaines auprès du Dieu de bonté et de miséricorde. Un célèbre solitaire nommé Montan ( voir St Montain), qui habitait au milieu des bois de La Fère, passant sa vie en jeûnes, en veille, et en prières continuelles fut souvent favorisé de révélatioos toutes célestes. Comme l'Eglise était aussi accablée de divers maux dans la Gaule-Belgique, ce Saint demandait sans cesse à Dieu d'avoir compassion de cette contrée et de lui rendre la paix. Ayant, une fois, entre autres, passé en oraison pour ce sujet une nuit entière, il entendit une voix d'en haut qui disait , " Le Seigneur a daigné regarder le terre du baut du ciel, afin que toutes 1es nations du monde publient les merveilles de sa puissance et que les rois tiennent à honneur de la servir. Céline sera mère d'un fils qu'on nommera Remi (Remigius ou Remedius); je l'emploierai pour la délivrance de mon peuple ".
. Montan reçut par trois foia l'ordre d'aller avertir cette vertueuse dame des merveilles que Dieu opérerait par son moyen. Le saint ermite se rendit donc à Cerny, où était le château de Céline, et lui communiqua ce qu'il avait entendu dans sa vision. " Comment se pourra-t-il faire ", répondit Céline, " que mon mari et moi étant si agés, je me trouve encore mère dans ma viellesse ? "- " Non-seulement cela arrivera ", repartit le saint homme, mais lorsque vous viendrez à sevrer votre enfant, quelques gouttes de votre lait mises sur mes yeux me feront recouvrer la vue que "j'ai perdue depuis si longtemps ".
Céline et Emile ajoutèrent foi à ces paroles; et dans la dixième année qui suivit, cette dame mit au monde un fils qu'elle appela Remi; Laon se glorifie de l'avoir vu naître. Quant au pieux solitaire, il recouvra la vue en se frottant les yeux avec du lait , ainsi qu'il l'avait prédit. Céline et Emile eurent le plus grand soin de l'éducation de cet enfant de bénédiction. Ils le mirent à Laon pour être instruit dans les lettres et 1es sciences et en même temps formé à la piété parmi les clercs de l'Eglise de Sainte-Marie. Il devint archevêque de Reims, et baptisa Clovis, premier roi de France.
Céline mourut dans un age avancé, pleine de mérites devant Dieu et devant les hommes, Elle fut enterrée à Lavergny (Labriniacum, jadis parnisse, aujourd'bui ferme dépendant de Parfondru, environ à deux lieues de Laon).
0n représente sainte Céline en compagnie de son fils sainl Remi.





Saint Médard et Saint Gildard


                                                Statue picarde XVIe siècle                  

Saint Médard, l'un des plus célèbres pontifes de l'Église de France au VIer siècle, naquit vers l'an 457, à Salency, en Picardie, de parents profondément chrétiens. Dieu les bénit en leur donnant pour fils deux futurs saints évêques, Médard et Gildard.

La jeunesse de Médard fut remarquable par sa grande compassion pour les pauvres et les malheureux; il s'assujettissait à des jeûnes rigoureux, afin de leur distribuer sa nourriture. Un jour, il rencontra un mendiant aveugle qui était presque nu; il se dépouilla de son habit pour l'en revêtir; et comme on lui demandait ce qu'il en avait fait, il dut répondre qu'il l'avait donné à un pauvre aveugle dont la misère l'avait touché.

Un autre jour, son père, revenant de la campagne avec un grand nombre de chevaux, le chargea de les conduire dans un pré et de les y garder en attendant l'arrivée de ses domestiques. Tout à coup Médard aperçut un villageois chargé de harnais qu'il portait à grand-peine: "Eh! mon ami, lui dit l'enfant, pourquoi vous chargez-vous d'un si pesant fardeau? -- C'est, répondit le paysan, que mon cheval vient de périr par accident; j'emporte ses harnais, mais sans espoir de pouvoir acquérir un autre cheval." L'enfant, ému de compassion, prit un des chevaux confiés à sa garde et le força de l'emmener. Le Ciel témoigna par un prodige combien cet acte de charité Lui était agréable; car, après que Médard eu rendu compte à son père de son action, on trouva le nombre des chevaux complet.

De plus, tous les gens de la maison virent un aigle couvrir Médard de ses ailes pendant une grosse pluie qui était tout à coup survenue. La vie de l'étudiant et du prêtre répondit à de si admirables commencements; toutes les oeuvres de zèle auxquelles peut se livrer un ministre des âmes lui étaient connues et familières.

En 530, il fut élu évêque du Vermandois et sacré par saint Rémi. A la suite des destructions des Normands, il fera transférer le siège épiscopal à Noyon. A la mort de saint Eleuthère, les habitants de Tournai le réclamèrent comme évêque : telle aurait été l'origine de l'union des deux évêchés qui dura jusqu'en 1114. La dignité épiscopale ne lui fit rien retrancher de ses pénitences. On vit ce saint vieillard, à l'âge de soixante-douze ans, parcourir les villages, les bourgs et les hameaux, prêchant, consolant son peuple, administrant les sacrements avec un zèle infatigable. Il étendit le règne de la foi en quelques parties de son diocèse demeurées païennes; et, par ses travaux comme par ses miracles, il eut la douce joie de sauver un grand nombre d'âmes. C'est de sa main que la reine Radegonde reçut le voile de religieuse.

Enfin Médard, âgé de quatre-vingt-sept ans, plus chargé encore de vertus et de mérites que d'années, rendit son âme au Créateur, en l'an 545.

Ses reliques furent transportées à Soissons où fut érigée l'abbaye de Saint-Médard, en partie saccagée durant les Guerres de Religion. De Noyon et de Soissons, son culte rayonna à travers toute la France où plus de 70 communes portent le nom de Saint-Médard. Il est également vénéré en Belgique et en Allemagne. D'après une légende, un aigle aux ailes déployées au-dessus de sa tête, aurait protégé saint Médard de la pluie. D'où une croyance populaire très répandue, lorsqu'il pleut à la saint Médard, la pluie dure quarante jours. Le jour de la saint Médard, fêté le 8 juin, passait pour être l'anniversaire du Déluge : de là le dicton populaire : "Saint Médard, grand Pissard". C'est pourquoi il a été adopté comme patron par les fabricants et marchands de parapluie et il est également vénéré par les agriculteurs, pour invoquer la pluie. D'ailleurs lorsque la pluie miraculeuse n'était pas au rendez-vous, la population pouvait se venger sur la statue de saint Médard ; elle était aspergée d'eau et parfois même noyée.

Il a institué la " Fête de la Rosière " dans son village natale de Salency.

Les migraines, les névralgies, le traitement des maladies mentales, de la folie étaient également de son ressort.







SAINT-FURSY
LE CHRISTIANISATEUR ET PATRON DE PERONNE


                      Statue de Saint Fursy à Péronne
Saint-Fursy était un moine irlandais. Il devint l'ami d'Archambaud, maire du palais et seigneur de Péronne, par don de Clovis II, dont il baptisa son fils.
Fursy quitta la cité pour créer une abbaye à Lagny-en-Brie vers 648. Archambaud ne supportait pas l'éloignement de son ami et lui demanda de fonder un monastère à proximité de Péronne. C'est ainsi que Fursy fonda l'abbaye du Mont-Saint-Quentin, avec ses frères Foislain et Ultain. C'est Saint Eloi qui consacra ce monastère qui plus tard reçu Pierre l'Ermite avant la première croisade.

Dans l'église St-Jean-Baptiste, dans la chapelle de droite, vous verrez St-Fursy entouré de deux bœufs. En voici l'explication : à sa mort survenue le 16 janvier 650, les seigneurs de Péronne et Mézerolles se disputaient sa dépouille. Pour trancher, on la mit sur un chariot tiré par deux bœufs, puis par des enfants. Et là où le convoi s'arrêterait, on y enterrerait St-Fursy. Le convoi s'arrêta au Mont des cygnes (Tribunal actuel). En fait, d'après la légende, l'essieu de la charrette était faussé.

Après la mort de Saint Fursy, le monastère créé au Mont Saint Quentin prit le nom de "Monastère écossais". Nom découlant de la grande quantité d'Ecossais et d'Irlandais qui venaient se recueillir sur le tombeau du Saint. Tombeau, lieu de plusieurs miracles.






Saint Humbert de Mézières sur Oise 682


De M. Paul Guérin (1830-1908) Petits Bollandistes Vies des Saints -
SAINT HUMBERT DE MAROLLES OU MAROILLES(1),
PRÊTRE ET RELIGIEUX (682)
Fêté le 25 mars

en bref
Vers 630 : naissance à Mézières-sur-Oise
Vers 650 : Moine à Laon
Vers 670 : Donation de ses terres à l'abbaye de Maroilles
Vers 680: Décès à Maroilles

Humbert(2) naquit à Mézières, sur la rivière d'Oise dans la province qu'on depuis appelée Haute - Picardie, vers les confins du Vermandois et de la Thiérache, à deux lieues de Saint-Quentin. Il avait pour père et pour mère Évrard et Popite, l'un et l'autre de race fort distinguée dans la noblesse française : et la vertu d'Évrard fut d'un si grand exemple dans le monde, qu'il en reçut le titre de Bienheureux. Humbert parut dès son enfance prévenu d’une grâce singulière qui le porta au bien avant qu'il put avoir la connaissance de mal. Ses parents, voyant qu'il ne respirait que la piété et qu'il se dévouait à Dieu de lui-même, n'eurent pas de scrupule de le destiner au service des autels. Ce fut dans cette vue qu'ils le menèrent ensuite dans un monastère, à Laon, où il reçut la tonsure cléricale ; et ils le mirent dans un monastère de la ville, afin de le faire instruire dans la piété et dans les lettres. Il acheva le cours de ses études et fut élevé au sacerdoce dans la même maison. Il ne laissa pas de demeurer encore quelque temps dans le monastère de sort ordination, et il continua d'y donner aux religieux de grands exemples d'humilité, de mortification, de détachement, jusqu'à ce que la mort de ses parents l'obligeât d'aller disposer de la succession qu'ils lui avaient laissée. Il quitta la ville de Laon avec la bénédiction de l'évêque et la permission des supérieurs du monastère, et retourna à Mézières, où Il mena une vie fort retirée. Peu de temps après, il reçut chez lui saint Amand qui venait de se démettre de son évêché de Maëstricht et qui passait pour faire le voyage de Rome avec Nicaise, moine de son abbaye d'Elnon, qui porta depuis soit nom. Il les suivit en Italie ; et sa piété parut si satisfaite de ce premier pèlerinage qu'il fit aux tombeaux des Apôtres et des martyrs, qu'on prétend qu'il en entreprit encore un second depuis à Rome, où l’on ajoute qu'il offrit à l'Église romaine les terres qu'il possédait ; mais que le Pape lui ordonna de les employer plutôt à fonder quelque maison pieuse et charitable dans son pays.

Au retour de ce second voyage, il alla voir saint Amand dans son monastère d'Elnon, sur la Scarpe ; et, après avoir mûrement délibéré avec lui sur le lieu qu'il devait choisir pour Servir Dieu dans la retraite, il se retira dans le monastère de Marolles ou Maroilles, situé en Hainaut, au diocèse de Cambrai, sur la petite rivière de Helpres qui va se décharger de là dans la Sambre. C'était une maison bâtie depuis peu par le comte Rodobert ou Chonebert, dans le pays dont il était seigneur et qu'on appelait le canton de Famart ou Famars, à cause, peut-être, de quelque ancien temple dressé au dieu Mars dans ces lieux, Humbert s'étant proposé de finir ses jours dans ce monastère de Marolles, y donna à perpétuité la plus grande partie de la terre de Mézières-sur-Oise, par un titre de l'an 671, daté de la douzième année du roi Childéric Il. Une donation si considérable procura un tel accroissement au monastère, que plusieurs, oubliant sa première fondation faite seize ou dix-sept ans auparavant, se sont persuadés que saint Humbert en était le fondateur.

Ce fut là que notre Saint acheva de se sanctifier dans le silence, la retraite, la pénitence et l’oraison, sans sortir que pour se donner quelquefois la consolation d'aller voir sainte Aldegonde, abbesse de Maubeuge, avec laquelle il était dans une union très étroite de charité et de prières.

 On croit qu'il fut abbé on supérieur de Marolles : il eut au moins des disciples, entre les bras desquels il mourut, vers l'an 682, le 25 mars.

Ils embaumèrent son corps de riches parfums, et l'enterrèrent dans une chapelle qu'il avait bâtie. Le culte de saint Humbert était publiquement établi dès le temps de Louis le Débonnaire qui l'a qualifié Saint dans une patente. Les martyrologes des Pays-Bas, de France et d'Allemagne marquent sa fête principale au 25 mars, jour de sa mort, et celle de sa translation au 6 septembre.

M. Desmelles, curé de Maroilles, nous a transmis la note suivante sur les reliques de saint Humbert :

« L'église de Maroilles possède la tête de saint Humbert. Voulant la voir de près, j'ai ouvert le reliquaire en présente de deux témoins. J'ai trouvé, outre la tête parfaitement conservée, deux côtes et l'os d'un pouce dont l'authenticité est attestée par un acte en parchemin signé de toutes les reliques de l'abbaye, et muni du sceau des abbés de Maroilles du Cateau et de Liessies. Avec la permission de Monseigneur, J'ai disposé de l'os du pouce en faveur de l'église d'Estaires, et d'une côte en faveur de l'église de Romeries dont saint Humbert est le Patron.

« Le reliquaire, qui renferme la tête de saint Humbert, est le même que celui qui existait avant la Révolution. Il fut porté à Avesnes, avec les autres objets de l'Église, la plus précieuse dépouille de ses ornements en argent et en pierreries, puis jeté comme on fait un morceau de bois. Des boulots religieux qui Suivaient ces richesses pieuses pour les soustraire à la profanation, recueillirent le reliquaire, le tinrent caché pendant la tourmente et le rendirent à l'Église...

« L'autel de Saint-Humbert est souvent visité par les paroissiens et par les étrangers. Le 7 septembre, jour de la fête patronale, l'église est visitée toute la matinée dès trois heures du matin.

« Le bréviaire ne signale aucun miracle qu'aurait fait saint Humbert pendant sa vie ni après sa mort.

« On représente toujours saint Humbert(2) ayant un ours et un cerf à ses côtés. On dit que, dans un voyage qu'il fit à Rome, en ours dévora l'âne qui portait le bagage et que, en punition, l'ours fut condamné à porter les provisions. On justifie la présence du cerf en disant qu'un cerf poursuivi alla se coucher auprès de saint Humbert priant dans son oratoire et que par respect pour le saint homme, les chasseurs firent grâce au pauvre animal. »

D'après Baillot et des notes locales.

(1) On trouve une première mention de ce village en 749 lorsque celui-ci s'appelle "Marigilo", tirant son nom des mots celtiques "maros" et "ialo" qui signifient "grand" et "lieu".

(2) Le nom Humbert date des périodes celtiques et signifie initialement "petit ours", une traduction suisse donne également "ours lumineux"









SAINT-ELOY


                 
                         Saint Eloy

Saint très populaire, il est le patron des orfèvres, des forgerons et des travailleurs de la métallurgie.
Ayant appris l'orfèvrerie à Limoges, il monta à Paris et y gagna la confiance de Bobbon, le trésorier du roi Clotaire II. Le souverain lui commanda un trône en or. Eloi fit l'admiration de tous lorsqu'il réalisa un second trône avec le reste d'or que le roi lui avait donné. Appréciant son honnêté, le roi lui confia de nombreuses missions diplomatiques.
Il poursuivit son travail d'orfèvre à Marseille, en tant que responsable de l'atelier des monnaies et comme conseiller intime du roi Dagobert (Cf la chanson populaire...), fils et successeur de Clotaire II. Le grand Saint Eloi profita de son influence pour fonder des monastères dont celui de Solignac, dans le limousin. Appelé à l'épiscopat, Eloi succéda à Saint Médard sur le siège de Noyon-Tournai. Il choisit Anvers (Belgique) comme centre de son apostolat auprès des païens, Flamands, Frisons, Suèves et barbares qui demeuraient sur le littoral. Il multiplia les monastères : Noyon, Tournai, Saint-Quentin. il se donna à son ministère jusqu'à sa mort. ses reliques ont été transférées de Hollande à Noyon en 1952.








Autres Saintes et Saints du Vermandois
                 
Enluminure représentant Sainte Radegonde et Saint Médard              Sainte Radegonde d'Athies      

Fille de Berthaire qui fut assassiné par Clotaire Ier, elle devint la prisonnière de ce dernier et fut obligé de l'épouser. A la mort de son frère, assassiné lui aussi par Clotaire, elle se retira de la cour, avec l'appui de Saint Médard qui jugera qu'une séparation de corps pouvait être légitime en chrétienté. Celui-ci lui fit bâtir, à sa demande , un monastère à Poitiers où elle se retira. C'esr son statut royal, qui lui permettra de recueillir une épine de la couronne du Christ , offerta par l'Impératrice de Byzance. C'est cette relique, qui sera défendue par les chevaliers francs et Charles Martel et marquera la limite de l'incursion arabe en occident.

                 
Reconstitution anthropologique                  Saint Norbert de Prémontré

Né à Xanten (Rhénanie, Allemagne), il fut d'abord un jeune seigneur à la vie dissolue avant d'être foudroyé par un éclair lors d'un orage. Laissé pour mort, il se releva pourtant et vit un miracle dans ce signe. Devenu prêtre, il préchait dans les rues de sa ville natale, habillé de guenilles. Il exhortait le clergé à montrer l'exemple de la pénitence mais ceux-ci, obtus, le persécutèrent. Norbert s'en alla alors rejoindre le Pape Gélase II pour obtenir un pouvoir officiel afin de prêcher partout. Retournant vers sa province, il évangélisa le Nord de la France et fut bientôt assisté dans sa tâche par Hugues de Fosses dont il avait fait son disciple. Il s'installèrent près de Laon, à Prémontré et y fonda en 1120 une communauté de chanoines vivant selon une règle. Ils prirent bientôt le nom de "Prémontrés" et Hugues prit leur tête lorsque Norbert fut nommé archevêque de Magdebourg en 1126. Essayant de réformer son clergé peu assidu, il manqua 2 fois d'être assassiné par celui-ci. Finalement, c'est le travail qui eu raison de lui.


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Sainte Hunégonde d'Homblières      

Religieuse du monastère d'Homblières en Vermandois, dans le VII siècle, née à Lembaide en Vermandois, de parents d'une des plus nobles familles du pays, sous le règne de Clovis II, fils de Dagobert. Elle eut pour parrain Saint Eloi, évêque de Noyon, qui eut soin de son éducation. Elle fut accordée à un seigneur du pays, nommé Udalde ; mais ne voulant point le marier, elle lui proposa de faire un voyage à Rome avant son mariage. Quand elle fut arrivée avec Udalde, elle reçut le voile de religion des mains du pape Viralien. Udalde surprit de cette résolution, se retira de Rome. Hunégonde libre revint en son pays, et se retira dans le monastère d'Homblières, proche de Saint Quentin. Udalde fut si touché de cet exemple qu'il se dévoua lui-même au service de l'église d'Homblières et mourut avant elle. Hunégonde redoubla après cette mort sa ferveur et ses austérités et mourut en 690. Son corps fut levé de terre l'an 946 et fut mis dans une chasse l'an 1051, par les soins de Macaire, abbé d'Homblières, car ce monastère de filles avait été changé en monastère de moines de Saint Benoît, l'an 948.
D'après Moreri. 1732



Saint Bertrand de Saint Quentin       

Bertrand of Saint Quentin, OSB, Abbé
(aussi connu sous Bertram, Ebertram)
7ème siècle. Saint Bertrand, natif de Coutances en Normandie fut un disciple de Saint Bertin à Luxeuil et évangélisa le nord de la France et les Flandres avec Saint Omer. Il devint plus tard le Père abbé de l'abbaye de Saint Quentin..



Sainte Bathilde       


Bathilde, OSB, Reine, Veuve . Image de Bathilde et Clovis II
( aussi connue sous Bathildis, Baldechilde, Baldhild, Bauteur)

Bien que sans lien apparent avec le Vermandois, Bathilde était proche de Hunégonde et règna sur le Vermandois pendant huit années directement .


Après sa mort, le 30 Janvier 680, elle fut canonisée par le Pape Nicholas I. Sa fête est fixée au 26 Janvier d'après le Martyrologue romain.

Bathilde, comme Saint Patrick, était esclave d'origine . D'origine anglo-saxonne, elle fut capturée en 641 par des Danois et vendue à Erchinoald, maire de palais de Clovis II, roi des francs. Elle gagna vite en faveur pour son charme, sa beauté, sa grâce et son agréable nature. Elle gagna aussi l'affection des servantes car elle leur nettoyait leurs chaussures et reprisait leurs habits. Ces dispositions d'humilité la rendirent très aimée par tout le personnel de la cour.

Le Maire de Palais, impressionné par ses qualités, la souhaita en mariage mais Bathilde, par raison et du fait de ses modestes origines, s'habilla de guenilles et se cacha parmi les servantes les plus déconsidérées du palais. Ne la retrouvant pas et songeant qu'elle était partie, le grand officier trouva une autre épouse.

Le prétendant suivant ne fut autre que le roi lui-même . Quand elle se défit de ses habits miteux, le roi lui fit sa déclaration. Ainsi en 649, la jeune esclave devint reine de France sous les applaudissements de la cour et du royaume. Elle donna à Clovis 3 fils : Clotaire III, Childeric II, et Thierry III--qui devinrent tous rois. A la mort de Clovis (c. 655- 657), elle fut nommée régente pour le compte de son ainé qui n'avait que 5 ans et dirigea ainsi pendant 8 années la France avec comme conseiller Saint Léger (Eligius).

Ce fut une reine sage et avisée. Contrairement à ceux qui atteignent rapidement gloire et fortune, elle n'oublia jamais qu'elle avait été esclave et fit tout ce qui était en son pouvoir pour libérer les captifs.
Il est dit d'elle :
" La Reine Bathilde fut la plus sainte et la plus dévouée des femmes, sa piété ne connaissait pas de limite. Se souvenant de sa propre captivité, elle affecta des sommes considérables au rachat des esclaves ".
Bathilde contribua aussi par son appui aux évêques Saint Ouen et Saint Léger à la promotion de la chrétienté.

En ces temps où les plus pauvres étaient souvent contraints de vendre leurs enfants pour payer des tributs exorbitants, Bathilde réduisit les taxes et déclara que tout esclave qui posait le pied en France était dès cet instant libre. C'est pour cela que cette femme inspirée conquit le coeur de son peuple et fut la pionnière de l'abolition de l'esclavage.

Un écrivain anglais de cette époque : Eddius (biographe de Saint Wilfrid), soutient que la Reine Bathilde fut l'ordonnatrice de l'assassinat de l'évêque Saint Annemund (Dalfinus) de Lyon et de neuf autres évêques. Ce qui se passa est obscure mais il est peu probable que Bathilde puisse être responsable de ces meurtres.

Elle fonda plusieurs abbayes : Corbie, Saint-Denis, Chelles, apportant la civilisation dans des endroits reculés où proliféraient les loups et autres animaux sauvages. Sous sa gestion, de vastes étendues de terres et forêts devinrent des pâtures et de la terre à blé. Elle fit édifier des hôpitaux et vendit ses joyaux pour aider les pauvres. Quand Clotaire devint majeur, elle se retira dans l'abbaye de Chelles près de Paris où elle servit les autres nonnes avec humilité et obéissance à l'abbesse comme la plus modeste des soeurs.

Elle mourut à Chelles avant d'avoir atteint son 50ème anniversaire. Mort touchée par la grâce puisque il est dit qu'elle eut la vision d'une échelle montant juqu'au ciel et qu'elle fut invitée à monter en compagnie d'anges.

Sa vie fut écrite par des contemporains. Le couvent de Chelles avait de nombraux contacts avec l'Angleterre, ce qui contribua au développement de son culte là bas : ( abbayes de Attwater, Attwater2, Benedictines, Bentley, Butler, Coulson, Delaney, Farmer, Gill, Husenbeth, White).

Sainte Bathilde est généralement représentée comme une reine couronnée ou une moniale devant l'autel de la Vierge, avec 2 anges soutenant un enfant sur une échelle ( homonymie de Chelles mais aussi figuration de sa vision avant sa mort).
On trouve aussi des représentations de la sainte :
(1) tenant un balais;(2) distribuant du pain ou des aumones; (3) contemplant le Christ crucifié devant elle; ou (4) portant l'abbaye de Chelles qu'elle fonda.

Elle est la Sainte Patronne des enfants .




Saint Gilbert       


GILBERT de Meaux

Fête Memorial
13 Fevrier
Sa vie
Etudia à Saint Quentin , fut évêque de Meaux.
à Ham
Décès
1009 à Meaux, .




Saint Gerbert
      Sans lien direct avec le Vermandois si ce n'est que Professeur à Laon , proche de Aldabéron, Pape etc... son rôle dans notre histoire est considérable !.


Gerbert d'Aurillac
Une lumière de son temps

La vie et l’œuvre de Gerbert d’Aurillac, devenu pape sous le nom de Silvestre II, nous sont connues grâce aux 220 lettres qu’il a écrites avant son pontificat, aux diplômes promulgués à Rome, aux traités philosophiques et scientifiques et à quelques pages de l'" Histoire de France " écrites par son disciple Richer moine de S.Remi de Reims avant 998.

Né en Aquitaine vers 945/950, Gerbert fut envoyé par ses parents, qui n'étaient certainement pas des aristocrates, à l'abbaye de Saint-Géraud d'Aurillac. Il y passa son enfance, jusqu'au moment où Borrell, comte de Barcelone, l'emmena en Catalogne et le confia au maître de l'école de Vich. Cette école, ainsi que celle de Ripoll, était réputée pour son enseignement dans le quadrivium, à savoir, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie. Là, au contact avec la science arabe, Gerbert fut si bien formé qu'il devint un des plus grands savants de l'Occident. Après trois ans d'études, il accompagna le comte Borrell à Rome en 970, étonna le pape Jean XIII et l'empereur Otton 1er par sa science. Pour parfaire ses connaissances en logique, il décida d'aller à Reims en 972. L'archevêque Adalbéron lui confia alors la direction de l'école.

Grâce à ses connaissances et grâce à des innovations pédagogiques, Gerbert connut un grand succès et les étudiants affluèrent. Il leur expliquait les auteurs classiques de l'Antiquité, les initiait à la rhétorique et à la logique, mettait à leur disposition un abaque pour l'arithmétique, des sphères pour l'astronomie, un monocorde pour la musique. L'écolâtre de Magdebourg, Otric, l'ayant défié dans le domaine philosophique, Gerbert lui répondit à Ravenne devant l'empereur Otton II ( janvier 981 ) et triompha dans ce " défi ".

Pour le récompenser, l'empereur lui confia le gouvernement de l'abbaye de Bobbio, en Italie du Nord. Gerbert y trouva la plus riche bibliothèque de l'Occident et en fut très heureux, comme en témoignent les premières lettres de sa correspondance commencée en 983. Mais d'autres lettres montrent ses difficultés à gérer cette abbaye menacée par les aristocrates laïques. Ne pouvant pas lutter contre eux, Gerbert profite de la mort d'Otton II en décembre 983 pour quitter l'abbaye et retourner à Reims. Il garde le titre d'abbé et reste en relations avec les moines.

A Reims, il reprend son enseignement mais s'occupe également de politique. En effet, son archevêque Adalbéron soutient le duc Hugues Capet adversaire du roi carolingien Lothaire. Il soutient également le jeune roi Otton III, âgé de trois ans et menacé par son cousin le duc de Bavière. La correspondance de Gerbert nous permet de suivre les méandres de cette politique et le double jeu de l'archevêque et de son conseiller. Après la mort de Lothaire en 986, puis de son fils Louis V, l'année suivante, Adalbéron et Gerbert firent tout pour écarter le prétendant Charles de Lorraine et pour faire élire Hugues Capet comme roi de France ( juin 987 ).

Tout en restant au service d'Adalbéron, Gerbert écrit quelques lettres au nom du nouveau roi. Adalbéron étant mort en janvier 989, Gerbert espère recevoir du roi l'archevêché de Reims. Mais Hugues Capet, engagé dans une guerre contre le prétendant carolingien, tente de désarmer ses adversaires en nommant archevêque de Reims Arnoul, neveu de Charles de Lorraine. Ce fut d'ailleurs un mauvais calcul, car peu après, Arnoul fit entrer les troupes carolingiennes dans Reims.

Gerbert, après avoir hésité un moment, se rallia à Hugues Capet et redevint le secrétaire du roi. Ce dernier ayant triomphé des Carolingiens, décide de faire juger l'archevêque félon. Il en avise le pape qui ne répond pas et convoque alors un concile national à l'abbaye de Sainte-Basle de Verzy, près de Reims. Gerbert joua un grand rôle dans la préparation de ce concile en fournissant aux treize évêques qui représentaient les quatre provinces ecclésiastiques, des documents nécessaires à l'accusation. Il inspira certainement le discours de son ami Arnoul, évêque d'Orléans, qui non seulement accusa Arnoul de trahison, mais fit le procès de la papauté qui n'avait pas répondu au roi. Alors que Abbon, abbé de Fleury-sur-Loire, défendait l'accusé et estimait que pour juger un archevêque il fallait en appeler au pape, l'évêque d'Orléans et, derrière lui, Gerbert estimèrent que le pape était incompétent et que c'était une affaire intérieure à l'Eglise de France. Après la condamnation d'Arnoul de Reims, le roi décida de le remplacer par Gerbert. Le nouvel élu dut alors faire une profession de foi car, semble-t-il, certains se méfiaient de l'orthodoxie de ce " philosophe ".

Gerbert fut un archevêque actif comme en témoignent quelques lettres conservées. Il s'occupe de régler les conflits entre clercs et laïcs, de donner des consultations d'ordre canonique, il rappelle à l'ordre les évêques suffragants indociles. Mais la plus grande partie de son activité est absorbée dans son conflit avec la papauté. En effet le pape Jean XV le considère comme un " intrus " et envoie le légat Léon pour enquêter sur l'affaire. Le roi Hugues et son fils Robert soutiennent Gerbert ( synode de Chelles ). L'archevêque se défend au synode de Mouzon ( juin 995 ), puis à celui de Reims ( juillet 995 ). Entre-temps il publie les actes du concile de Sainte-Basle et défend ses thèses dans une lettre-traité envoyée à Wilderod, évêque de Strasbourg.

L'argumentation de Gerbert s'appuie sur celle de son prédécesseur Hincmar au IXe siècle. Tout en reconnaissant la primauté du pape, il dit que ce dernier n'a pas à intervenir directement dans les affaires de sa province, les conciles africains et le concile de Nicée ayant défini le rôle des conciles provinciaux. Le pape ne peut aller contre la tradition : " Les évêques de Gaule, écrit-il à Wilderod, ont eu le droit de suivre l'Évangile, les apôtres, les prophètes, les sacrés conciles, les décrets qui ne sont pas en désaccord avec les quatre conciles, qui ont été toujours reçus et le seront toujours ".

Pour en finir, Gerbert va à Rome, mais le nouveau pape Grégoire V maintient les positions de son prédécesseur. De plus Hugues Capet meurt en octobre 996 et son successeur Robert le Pieux abandonne Gerbert pour tenter d'obtenir la reconnaissance par Rome de son mariage avec sa cousine.

Les évêques ayant siégé au concile de Sainte-Basle étant menacés d'excommunication, Gerbert, ne voulant pas de schisme dans l'Église, préfère quitter Reims et se retire auprès du jeune empereur Otton III dont il avait fait connaissance à Rome et qui lui demande de devenir son précepteur ( automne 997 ). L'ancien archevêque Arnoul ayant été rétabli à Reims par le roi Robert, Otton III décide de donner à Gerbert l'archevêché de Ravenne ( avril 998 ). Gerbert réunit un synode qui condamne la simonie, veille au bon recrutement sacerdotal. Le 2 septembre 998, il anime un synode à Pavie présidé par Otton III dont le but principal est de faire restituer les biens pris aux églises.

>En mars 999 après la mort du pape Grégoire V, Gerbert est invité par l'empereur à ceindre la tiare. Il abandonne Ravenne et Bobbio et le 9 avril il est sacré sous le nom de Silvestre II.

Gerbert se souvient que Silvestre Ier fut le pape qui baptisa le premier empereur chrétien. Il va jouer un rôle important auprès d'Otton qui se voit un " nouveau Constantin " et qui veut " rénover " l'empire en dirigeant de Rome la chrétienté. L'empereur n'a pas l'intention d'abandonner ses pouvoirs à son vieux maître. Dans un célèbre diplôme, il dénonce la " fausse donation de Constantin " et rappelle que c'est lui qui a autorité sur l'Italie et l'Occident. Le pape règle d'abord les questions pendantes. Il se donne l'élégance de pardonner à Arnoul de Reims et de le rétablir officiellement. Grâce à la quarantaine de bulles conservées, nous voyons que le pape intervient partout en Occident, soit pour délivrer des diplômes d'exemption aux abbayes, soit pour défendre les évêques contre les laïcs, ou pour arbitrer des conflits entre moines et clercs. Une partie de ces actes sont destinés à ses amis catalans.

En collaboration avec l'empereur, Silvestre II crée deux nouvelles Églises : celle de Pologne et celle de Hongrie. En l'an 1000, lors d'un pèlerinage à Gniezno sur la tombe de saint Adalbert, Otton III décide d'établir une Église polonaise dont Gniezno est la métropole avec trois évêchés suffragants ( Cracovie, Wroclaw et Kolobrzeg ). En 1001, le prince Etienne de Hongrie reçoit la couronne royale envoyée par le pape, deux métropoles sont crées ( Estergon et Kaloca ) de même que plusieurs évêchés. Ainsi les frontières de l'Église romaine sont repoussées jusqu'à la Vistule et jusqu'au Danube moyen.

Les Romains s'étant soulevés contre l'empereur " saxon ", Silvestre Il et Otton III s'installent à Ravenne d'où ils pensent pouvoir reconquérir Rome. Mais Otton III meurt le 22 janvier 1002 à l'âge de 22 ans. Gerbert revient alors à Rome et continue à travailler, comme le prouvent les bulles sorties de la chancellerie. Le grand âge l'a atteint – il a plus de soixante ans –, il meurt en mai 1004. Il est enterré à Saint-Jean-de-Latran et le pape Serge IV rédigea en vers une épitaphe que l'on peut encore lire, gravée contre un pilier de la basilique, dans laquelle il rappelait la brillante carrière de l'humaniste et de l'archevêque de Reims et de Ravenne devenu pape.

Gerbert fut aussi un savant qui, sans être de naissance aristocratique, sut acquérir sa noblesse par son intelligence, son savoir et son talent de professeur. Comme Boèce, qu'il admirait, il aurait voulu appliquer les idées philosophiques à la politique. Il écrivit pour son disciple Otton un traité " sur le raisonnable et l'usage de la raison ". Il fit don de son importante bibliothèque à Otton III ; une partie fut transportée par Henri II à Bamberg où elle se trouve encore. Gerbert est d'autre part un homme d'Eglise qui toute sa vie a défendu les libertés de l'Église et des Églises. À Reims il présente l'Église comme une communion d'Eglises locales et s'oppose à la toute-puissance du pape. À Rome il favorise la naissance d'Églises nationales.

À la fin du XIè et au XIIè siècles, la légende s'empare de cet homme si savant que l'on présente comme un magicien. Puis Gerbert est oublié. Il est redécouvert au XVIè siècle par les protestants et les gallicans qui le saluèrent comme un de leurs précurseurs. Au XIXè siècle. on célébra davantage " le premier pape français " que l'archevêque de Reims dont on voulait oublier la politique antiromaine.

Ami des rois et des empereurs, fidèle à la famille ottonienne, Gerbert ne fut ni un héros ni un saint. Intelligent, ambitieux, actif, il sut exploiter ses dons et toutes les circonstances d'une riche carrière pour s'imposer aux hommes de son temps. Admiré par les uns, redouté et détesté par d'autres, il ne pouvait laisser personne indifférent. Mille ans après, il continue d'étonner ceux qui s'intéressent à lui.

Source : Texte de Pierre RICHÉ

Pierre Riché, art. " SILVESTRE II, pape " du Dictionnaire du Catholicisme, Paris, Letouzey et Ané, t. XIV, fasc. 64, col. 68-72.





Le bienheureux Garemberg      

Le Bienheureux Garembert
extrait du Dictionnaire historique de l'Aisne ; 1865.

Un certain Oylard, mayeur de St-Quentin au 12ème siècle, avait un serviteur nommé Garembert, qui forma le dessein de se retirer dans une solitides, afin de s'y livrer en paix aux exercices de la religion. Oylard seconda ses désirs en lui accordant, en 1110, un coin de forêt qu'il possédait dans le diocèse de Cambrai. ce territire etait celui de Bony, où l'on ne voyait alors aucune habitation. Garemberg s'y retira avec un disciple qui l'avait suivi, et y construisit une cabane de branchages recouverte d'écorces d'arbres ; de pommes sauvages et des racines étaient l'unique nourriture de ces pieux solitaires,dont la vie édifiante ne tarda pas à leur attirer des disciples. Garemberg se trouva donc bientôt à la tête d'une petite communauté à laquelle il imposa la règle de St Augustin. Mais il fallait songer aux moyens de la nourrir, car ce désert ne présentait aucune ressource. Garemberg fit appel à la générosité des seigneurs et des communautés religieuses des environs. Le chapitre deSt-Quentin lui accorda , en 1110, moyennat un simple cens annuel de 12 sous, la prprpiété du terroir où il s'était établi, et plusieurs seigneurq voisins lui abandonnèrent des dois et des terres, de sorte que dès 1130 la colmmunauté de Bony se faisait remarquer entre celles de la province, par létendue de ses dommaines. On s'aperçut alors que ce lieu était presqu'entièrement dépourvu des commodités de la vie; cette circonstance détermina Garemberg à ehercher un emplacement plus favorisé sous ce rapport. ll choisit à cet effet le voisinage des sources del'Escaut, et établit, en Il36, sa communauté dans la valléé, au pied d'une éminence nommée le mont St-Martin, qui donna son nom à la nouvelle maison. Garemberg introduisit ensuite dans eette maison la réforme des Prémontrés, en confia le gouvernement à un sage religieux et se retira dans la retraite de Bony où il avait laissé quelques frères et une petite communauté de saintes filles qui, elles aussi, étaient vennes se mettre sous son obéissauee. Après sa mort arrivée au mois de décembre 1141, ces religieuses furent transférées à Macquincourt, et il ne resta à Bony que quelques frères convers nécessaires à la culture des terres, Cet état de choses dura jusqu'à la fin du 16e siècle, époquc à laquelle ces religieux renonçant à cultiver eux-mêmes leurs domaines à cause de la fréquence des guerres, les louèrent à des séculiers. Le nomhre de ees derniers s'étant accru peu à peu, les habitations qu'ils eonstruisirent successivement. ont fini par former le village actuel. .