VENDHUILE


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PREFACE

Le recueil que vous attez parcourir est un livre d'histoire.
L' histoire de notre village . Une histoire de cent ans, celle du dernier siècle de ce millénaire . Un siècle de bonheur, mais également de grands malheurs, où se sont succédés deux grands conflits avant d'aborder 5O années de sérénité.

Grâce à votre soutien, grâce à vos documents, grâce à vos récits, mais surtout grâce à quelques passionnés, c'est un travail énorme qui voit avec cette monographie, son aboutissement.

Les "détectives du passé" ont reconstitué toute l'histoire récente de notre village et de ses habitants. A travers les archives communales, départementales, paroissiales et personnelles, c'est la vie de nos pères, grands-pères et arrière -grands pères qui est ici retracée.

C'est le quotidien d'hommes, de femmes et d'enfants dans le monde rural avec leurs difficultés, leurs joies, leurs héros.

Goncourt disait:" si un roman c'est de l'histoire qui aurait pu être, l'histoire est un roman qui a été. "

Ce roman est l'histoire de Vendhuile et des Vendholésiens... par des Vendholésiens.

Aussi, je tiens à remercier ici Mme Ginette Dekerck , Mrs Frédéric Corbeau, André Dumez et Régis Dumez, qui, de longues heures durant, ont oeuvré pour que cet ouvrage soit aussi le vôtre pour un siècle ... au moins!

Philippe Cornaille.




SUR L'ORIGINE DU NOM VENDHUILE

L'origine du mot Vendhuille n'est pas bien connue. Des historiens ont fait remonter la création de ce village au commencement du VI éme siécle, à l'époque où les Vandales ont envahi la contrée et l'occupèrent de ci de là sur les bords de l'Escaut. De sorte que le mot Vandale aurait par la suite donné le mot Vendhuile. Mais ce ne sont là, pourrait-on dire, que des suppositions. Dans une histoire du Cambrésis, contrée dont Vendhuille relevait en partie, Jean le Carpentier emploie le mot Vendeville pour désigner Vendhuille, mot qui descendrait du latin Vendillium employé vers l'an 1100. Des recherches effectuées aux archives de l'Aisne et du Nord ont fait découvrir qu'en 1148, on écrivait Vendulia, en 1228, Vendulium.. cent ans après, on écrivait déjà Venduille et un peu plus tard encore, on trouve Venduille-en l'Empire.
Vers le milieu du XVIII éme siécle, divers documents donnent Venduille-en-Cambrésis.
C'est vers 1780, que la lettre H fait son apparition dans le mot qui va s'écrire alors Vendhuile. Cette derniére forme pourrait faire croire que l'endroit était devenu le centre d'un commerce d'huiles: il n 'en fut rien. D'après des recherches récentes faites par un de nos concitoyens, le mot Vendhuille, pourrait bien provenir de la réunion de deux mots celtiques: WIND, qui veut dire Blanc et OIALOS qui signifie Clairière. Vendhuille aurait été alors une Blanche Clairière. Cette étymologie un peu savante pourrait faire supposer que notre village remonte à une très haute antiquité. Quoiqu'il en soit, les habitants de Vendhuille sont des Vendolésiens au regard de ceux qui tiennent pour l'étymologie Vendulia et des Vendevillois pour les partisans du mot Vendeville.


Extrait d'une des nombreuses correspondances envoyées par Monsieur Emile CORNAILLE à l'Abbé DERMIGNY.




SITUATION ET NOMS DE LIEUX-DITS

VENDHUILE se trouve dans la vallée de l 'ESCAUT, dont la source n'est qu'à quelques kilomètres à GOUY. à l'extrême nord ouest du département de l'AISNE avec les départements du NORD, de la SOMME à moins de trois kilomètres de ses limites territoriales. II est à mi-chemin de grandes villes comme SAINT-QUENTIN au sud, CAMBRAI au Nord et PERONNE à l'ouest. LE CATELET, chef-lieu de canton est lui à quatre kilomètres.
VENDHUlLE a un territoire de 1050 hectares environ dont la majeure partie est cultivable. Le village est encaissé, nous l'avons vu, dan s la vallée de 1 'ESCA UT. L'altitude est de 84 mètres près du pont du canal, d'environ 140 mètres à la sortie du village vers GOUY et de 125 mètres vers LEMPIRE.
Coupé en deux par le canal de SAINT-QUENTIN et l 'ESCAUT deux noms sont donnés aux parties de la commune .- L 'une est appelée le village(depuis les hauts du village jusqu'à l'Escaut J,l'autre «Par de là l'eau ». Ces noms relevés sur le cadastre Vendholésien ainsi que ceux des lieux-dits sont souvent caractéristiques de leur situation géographique, d'un fait qui se serait produit là ou parfois de légendes. On peut tirer leurs noms du nom de leur propriétaire .
La vallée Plateau, la vallée Marion, la vallée Beauregard, le pré Cordier, la pièce de Marquet ou le Royard grand-mère Annotte. De leur contenance (en Mencaudée)
    Les huit, les quinze. les vingt deux.
De leur contenance associée au nom du propriétaire .
    Les huit Colombier.
De la nature du sol .
    Les cailloux. les marlettes. le larri (ou lauri) à pierres.
De faits observés .
    Le buisson à couleuvres. la fosse aux hérons. le trou à renard
de leur situation:
De là l'eau (par de la l'eau), les bas prés, le bout des rues, les prés du cambrésis, la haie d'Hargival, Hargival, la Terrière, la vallée Gilmont, la voyette franqueville, la sente de Pienne.
D'ouvrages édifiés sur eux :
La pannerie, le calvaire, le moulin à vent, le jeu de l'arc, le feu de joie, la grange Dezeau, le petit Priel, la brandevinière, le vieux canal, la vieille embouchure....
De faits historiques ou de légendes:
Le riez du grand camp (son nom viendrait du fait que Villars de Honnecourt y aurait campé avant la bataille de Denain en 1712), la vallée aux chevaux, le hannoy, le haut du hannoy, le champ à luzeaux (cercueil en picard ce nom vient du fait qu'un cimetière franc mérovingien y a été découvert et dans lequel de nombreux objets ont été mis à jour en 1836, vestiges visibles au musée d'Amiens semble-t-il ?), le bosquet d'Arras, la justice (Vendhuile situé aux limites du royaume, les brigands y étaient supliciés et laissés à vue pour les éventuels fauteurs de troubles désirant s'aventurer plus avant), le tombois (lieu où étaient enterrés les brigands), le coupe gorges.
D'une origine indéterminée:
La queue Jean de Lille, les éclussons (écluchons), bidoret, la hayette, la biette, les warchets, la fosse aux chiens, la derrière ?
Les éclussons -la fontaine des Eclussons non loin du Petit Paris, à la limite du département du Nord, est alimentée sans jamais tarir, à l'inverse de l'Escaut qui lui s'est déjà trouvé à sec en 1977 (2 autres fois en 1858 et 1875).
Avant l'ouverture du canal, le hameau d'OSSU était relié au hameau de la TERRIERE par un chemin. Un pont existait sur le ruisseau de l'ECLUSSON à quelques centaines de mètres de la source. Près de ce pont, les eaux paraissaient former un gouffre sans fond.
Ce gouffre a une légende: « un prêtre y serait tombé, il y a très longtemps avec sa voiture et son cheval. On ne les aurait jamais revus. Ce gouffre est désigné dans le pays sous le nom de « Fosse au prêtre ».
De la scission du village, une rivalité aurait existé jusque la fin du dix-neuvième siècle mais ceci est une autre histoire, celle qui nous concerne est celle de VENDHUILE de 1900 à l'an 2000.



LA BELLE EPOQUE 1900-1914

La vie en ce début de 20 ème siècle est principalement rurale. Si l'on pouvait faire un compte exact des emplois, ceux-ci seraient pour la plupart liés à la terre. soit directement, comme les agriculteurs et ouvriers agricoles, les sucriers, les employés de l'entreprise de battage, ou alors indirectement comme le marchand d'engrais, le fabricant d'instruments aratoires et ses employés, maréchaux-ferrants, bourreliers, charrons... VENDHU1LE en 1900 est toujours un village prospère. (
Voir la sucrerie ) La population a été doublée entre 1800 et 1900 avec un maximum de près de 2000 habitants dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle.
Les activités sont en très développées on compte pas moins d'une centaine d'entreprises commerces et activités artisanales, parmi celles-ci on notera:     15 cultivateurs, Mrs Cornaille, Leclerre, Lefevre, Loiseau, Denis, Delfosse, Furgerot, Magniez, Graux, Robert, Audin, Quevreux, Bochard..
    2 fabricants d'instruments aratoires, Mr Lefevre     des maréchaux-ferrants, Mrs Cornaille, Prouveur
    2 brasseurs, Mrs Debecquevort, Dobresset
    des bouchers, Mrs Quevreux
    des charcutiers, Mrs Letemple, Cornaille
    des bourreliers, Mrs Cornaille, Gasset, Michaux
    des briquetiers, Mrs Delfosse
    un plafonneur: Mr Caron
    des menuisiers, Mrs Dumez, Cornaille Felicien et Anselme, Denis
     des charpentiers, Mrs Castille, Hodin Alexandre et Appolinaire, Henon,
    un entrepreneur de routes: Mr Graux
    un tailleur: Mr Vasseur
    un mercier, maison Lefevre-Leclerc
    un messager: Mr Pierras
    dix boulangers parmi lesquels: Mrs Flavigny, Lantiez, Baumgarten
    des cordonniers, Mrs Cauet, Gosset, Merlier, Cornaille
    des couvreurs, Mrs Quenolle, Decomble
    des peintres, Mrs Annotta, Leclerc
    des marchands de charbon, Mrs Millot, Fouquet
    un maître carrier: Mr Derez
    des ferblantiers, Mrs Puche, Bénicourt, Bricout
    une sage-femme: Mme Edmon
    un coiffeur perruquier: Mr Croquet
    4O cafés et 17 épiceries

une liste de métiers que nous ne pourront pas compléter bien sûr par manque d'informations précises.
Comme nous l'avons déjà évoqué et comme cette liste le laisse apparaître l'activité comme dans toute la région est principalement liée à la vie agricole. Mais les professions artisanales sont elles aussi fort bien représentées. Les métiers de construction, maçonnerie, menuiserie, couverture... pour l'habitat doivent certainement leurs activités au grand nombre d'habitants ainsi que les métiers de services car il faut loger, vétir et nourrir tout ce monde et les grandes surfaces n'existent pas encore.
On pourrait être surpris, en voyant cette liste, de voir un si grand nombre de cafés et d'épiceries mais il faut savoir qu'à cette époque bien des commerces avaient de multiples activités comme le montrent les cartes ci-contre.
L'enseignement quant à lui était dispensé pour les garçons dans deux salles de classe au rez-de-chaussée de la mairie. Un établissement congressiste, dirigé par les soeurs de SAINT-VINCENT DE PAUL dont la directrice était Mlle PROUX, dispensait quant à lui aux jeunes filles et aux orphelins. Cet établissement comprenait un ouvroir pour les filles, un pour les garçons, un orphelinat, une chapelle, une salle de patronage ainsi qu'une classe de maternelle. En 1908, l'école regroupait 209 enfants de 6 à 13 ans (après il fallait travailler) et prés de 60 enfants en classe de maternelle.
On le constate, cet établissement était de belle importance, on y assistait autrefois, le premier dimanche de juillet à la fête foraine qui était la fête principale du village durant laquelle on pouvait sans doute écouter la société de musique fort réputée dans le canton (et peut-être au-delà? ).
Les carrières de craies à cette époque étaient aussi très actives. Comme nous l'avons constaté sur les cartes précédentes de nombreuses habitations étaient bâties de ces pierres. De ces carrières on aurait également tiré une partie des pierres pour la construction de la collégiale de Saint-Quentin, l'architecte Villars de Honnecourt ayant certainement constaté que la tour de l'église construite avec ces pierres était à son avantage. C'est dans un climat serein que se déroule le début de ce siècle et que l'on pourrait appeler aujourd 'hui "La belle époque".



LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

L'épisode le plus marquant de l 'histoire de notre village est sans conteste comme pour toute la région la première guerre mondiale. Ainsi dans ce chapitre nous allons évoquer ces années noires et les conséquences qui en découleront.
     Si la guerre est déclarée par 1 'ALLEMAGNE le premier août 1914, il ne faudra à ses armées que trois semaines pour atteindre notre région et un mois de plus pour arriver jusqu'aux portes de PARIS avant la première bataille de la MARNE.
Dès le 9 août, de nombreux convois automobiles venant de BELGIQUE commencent à apparaître et également de plus en plus nombreux, des Français du Nord qui fuient devant l'avance des Allemands après la défaite de CHARLEROI.
Le 25 août. on voit passer une colonne de cavaliers Franco-Anglaise, chevaux et hommes harassés et plusieurs convois de civils fuyant la bataille. Vers 20 heures. c'est au tour d'une colonne d'infanterie de se retirer par VENDHUILE où elle laisse deux blessés dans la salle du patronage transformée en infirmerie.
Le 27 août les Britanniques forment un point d'appuis au lieu-dit « Le feu de joie» en creusant des tranchées et en installant des batteries d'artillerie qu'ils démonteront bien vite.
Vers 13 heures,. 5 cavaliers Uhlans traversent au galop le village et c'est à 17 heures que le gros des troupes ennemies arrive et s'installe chez 1 'habitant.
Ils ne perdent pas de temps, ils commencent le pillage, ils tuent vaches, cochons, volailles, vident les caves dans les maisons désertées de leurs occupants (en effet près de vingt ppour cent des vendholésiens ont préféré quitter le village). Seul les artilleurs campent à l'extérieur sur les emplacements occupés quelques heures avant par les Anglais. C'est alors que la première victime périt, Monsieur D rentrant chez lui et trouvant les Allemands occupés à fouiller son logis s'empare de son revolver et fait feu à quatre reprises blessant deux hommes avant d'être abattu. La nuit même les Allemands furieux arrosèrent sa maison de pétrole et y mirent le feu, dans le même temps le général commandant les troupes prévint le maire de l'époque, Monsieur LUQUET. et le curé, l'abbé DERMICNY, qu'il avait l'ordre de brûler tout village où un civil aurait tiré sur les troupes et qu'il allait s'y conformer.
Par chance, ce général était d'origine polonaise et fort croyant. Aussi le curé, aidé du maire s'enhardit à lui demander une entrevue au cours de laquelle ce général se laissa fléchir et lit grâce au village au grand dam de ses officiers déçus dans leur colère ?
Après cela, cette colonne reprit la route ne laissant derrière elle qu'une centaine d 'hommes dans nos murs.
    Le 29 août passe à VENDHUILE une colonne de Français faits prisonniers sur le front.
    Le 31 août de nouvelles troupes ennemies passent en direction de la SOMME.
    Le 2 septembre suivent leurs chariots d'intendance et ensuite ce fût le calme jusqu'au     15 septembre. En effet les Allemands viennent d'être arrêtés dans leur offensive, sur la MARNE.
Ce même jour les Allemands réquisitionnent le charbon transporté par la péniche « le TZAR »      Le 15 septembre arrivent par La TERRIERE, 150 cavaliers Uhlans qui sont rejoints par 150 fantassins venants de BAPAUME. Chez ceux-ci pas de violence envers les villageois, ils ne demandent que de la nourriture et se barricadent derrière les ponts du canal et de l'ESCAUT.
    Le 16 septembre vers 8 heures une fusillade nourrie éclate sur les hauteurs de GILMONT. En effet des dragons français se sont avancés là depuis EPEHY si bien que vers 10 heures 30, les fantassins arrivés la veille suivis par les cavaliers font demi-tour ( sans omettre de prendre quelques chevaux) vers CAMBRAI.
> Vers midi, quelques dragons français poussent l'ennemi vers LA TERRIERE.
    Le 17 septembre, nouvelle apparition de chasseurs français et nouvel échange de coups de feu par-dessus le canal avec les Allemands qui tiennent toujours les hauts d'HARGIVAL.
    Du 16 au 21 septembre s'installe dans la région ce qui s'appellerait aujourd'hui un « no-man's land ».
Toute la situation est confuse, on aperçoit tantôt les Allemands, tantôt les Français, ces derniers circulant de PERONNE à BOHAIN. Les Allemands quant à eux circulent de CAMBRAI à SAINT-QUENTIN.
La brèche ouverte par nos combattants d'est en ouest est somme toute assez étroite, n'allant au sud que jusqu'à SEQUEHART et au nord à AUBENCHEUL où la pression de la contre attaque ne fût que peu ressentie.
     Le 21 septembre une nouvelle poussée allemande prend forme depuis AUBENCHEUL sur la route de SAINT-QUENTiN.
    Le 22 septembre vers 8 heures une colonne forte de 300 hommes pénètre à VENDHUILE et place çà et là des postes de garde notamment près des ponts d'où ils refoulent des civils qui espéraient encore pouvoir gagner PERONNE.
L'après-midi même, des centaines d'allemands, musique en tête défilent dans les rues affirmant de cette façon leur grandeur retrouvée; néanmoins ils n'avaient pas oublié de prendre quelques édiles en otage pour éviter tout trouble de la part de la population.
    On peut dire que c'est à partir de ce moment que commence l'occupation du village, occupation liée en grande partie à la stabilisation du front.
     Toute la journée du 24 septembre le débordement des forces allemandes se fait ressentir par le passage d'hommes avec leurs matériels.
    Le 29 septembre l'ordre est donné de battre le blé. L'oppression et le dépouillement commencent alors de façon systématique.
    Dès le 2 octobre l'agriculture tombe sous le couperet de l'administration allemande.
    Le 5 octobre, les Allemands s'assurent de la navigabilité du canal souterrain pour le transport et visitent les péniches à quai. Ils interdisent aux bateliers de ravitailler en charbon les particuliers. Seuls les boulangers auront la possibilité d'obtenir cette denrée pour pouvoir allumer leurs fours à pains ainsi que les cultivateurs ayant une batteuse à vapeur.
Les réquisitions et restrictions ne font alors que commencer. Le territoire est à présent sous la tutelle militaire qui ne reconnaît que l'autorité du maire sur la population et le rendra comptable des agissements de chacun.
    Le 8 octobre l'occupant fait savoir au maire que la contribution de guerre s'élèvera à 33.000 Francs (soit la somme annuelle des contributions de la commune! ). Le maire fait savoir à l'orstkommandant que les réquisitions effectuées par les différentes troupes ont déjà coûté à la commune et ses habitants plus de 47.000 F..
    Le 16 octobre les autorités militaires font un inventaire de ce qui pourrait leur servir.

A ce jour sont notés:
        -trois batteuses à vapeur ( rendement 40 à 50 quintaux/Jour)
        -50 chevaux
        -180 vaches et boeufs
        -10 cochons...
        ensuite elles donnent l'ordre de livrer ce jour 120 couvertures pour les soldats; 90 leur seront livrées.
    Le 17: réquisition de grain soit près de 50 tonnes.
    Le 19 octobre: VENDHU1LE est classé dans la « zone d'étape» de LE CATELET.
    Le 20: une liste de tous les hommes doit être faite.
    Le 21: réquisition de tous les pics, pioches, pelles, et bêches. Un grand nombre d'entre eux choisis parmi les meilleurs seront rassemblés et envoyés sur le front pour le percement des tranchées. Tous les moyens de locomotion automobile et les vélos doivent être livrés avant le 25 octobre à la kommendantur de LE CATELET. 11 est fait état de 19 bicyclettes livrées le 26 mais pas d'automobile (nos aïeux ne devant pas en posséder).
    Le 26 un état des céréales stockées est établi: soit 26500 kg de blé 19000 kg d'avoine 10000 kg de foin etc.
Mais bientôt VENDHUILE, tout comme BONY, LEMPIRE et HARGICOURT, fût classé dans la zone des armées où la sujétion se fit encore plus ressentir, et où elle eût sa propre kommendantur (mi les ordres de l'oberkommandant OTTO puis du Leutnant KUBY) qui dépendait de la région militaire d'EPEHY.
    Le 2 novembre une nouvelle liste est faite des animaux de ferme soit 55 chevaux de culture, 12 poulinières, 10 boeufs, 150 vaches. Sont également recensés les jeunes hommes de 16 à 20 ans qui étaient, à cette date, au nombre de 26. Les privations se font de plus en plus nombreuses tant au point de vue du logement, de l'habillement que du chauffage et de l'éclairage et bien sûr cela ne s'arrête pas là : tout ce qui peut servir sur le front est emmené.
    A partir du 5 décembre il est interdit de circuler en groupe et de sortir après 7 heures le soir même dans sa cour.
    -24 nov. recensement du papier, du cuir, et des appareils de téléphone
    -25 nov. appel des hommes en âge de combattre (de 20 à 60 ans).
La liste de toutes les exigences des allemands pourrait ainsi continuer presque sans limite.
    Le 2 janvier 1915 , la sucrerie est démontée afin que puisse être récupéré le cuivre, le zinc et autres métaux précieux nécessaires à la fabrication d'armes et de munitions. Après elle, en juin, suivra le démantèlement de la brasserie .En mai, tout ce qui brille pourrait-on dire, est devenu la proie de l'occupant; batteries de cuisine, tringles d'escaliers, lustres, candélabres, jusqu'aux boutons de porte et aux clous de tapis.
    Le 8 janv. obligation de lister toute personne de 6 ans et plus,
    Le 15 Janv. recensement des noyers de la commune ( les Allemands y tailleront lescrosses de leurs fusils) .
    Le 5 février recensement cette fois de tous les arbres On a besoin de bois pour étayer les tranchées également.
    Le 22 février, arrivée d'une quarantaine de pionniers allemands qui commence l'abattage des arbres et tous les charrons et menuisiers sont enrôlés pour leur donner de l'aide.
    Le l7 mars tout civil valide est tenu de travailler à la scierie avec pour tout salaire, 2 francs par huit heures de travail. Une scierie importante est montée ( près du cimetière actuel) dans la cour d'un fabricant. Y seront débités les arbres que l'on amène des environs, Les travailleurs y gagnent leur pain, forcés par la faim et l'imminence de représailles si une quelconque objection venait à se faire entendre.
L'absence d'argent se fait aussi ressentir car tout est à payer « rubis sur l'ongle» et la monnaie n'est pas quelque chose que l'on trouve facilement chez l'occupant. C'est alors que seront créés les bons communaux que les créanciers pourront se faire rembourser auprès des banques « le moment venu» . Ces bons ont donc été émis les 23 mars et 12 août 1915 pour les premiers et permirent aux Vendholésiens d'acheter ce dont ils avaient besoin.
Bien sur les fermiers subirent privations et réquisitions. Tout au long de ces premiers mois de guerre , de jour en jour leurs cheptels sont ainsi dégarnis de leurs plus belles pièces, leurs poulaillers, leurs celliers dévastés, tout est régenté par les militaires. En premier lieu nous l'avons déjà évoqué les animaux, les victuailles et maintenant c'est toute la gestion de l'agriculture qui tombe sous le joug de l'envahisseur.
Après l'ordre de battage du blé vint l'ordre de l'arrachage des betteraves et de leur mise en silos puis nouveau recensement des céréales en stock dans la commune.
    Le 9 déc. un convoi piloté par des allemands emporte le fourrage et l'avoine.
    Le 20 janv. suivant les silos de betteraves sont emportés vers SAINT EMILIE où la sucrerie n'a pas été démontée.
     Le 8 février les derniers chevaux valides sont emportés vers PERONNE et le front. ce qui ne laisse plus aux cultivateurs de moyens pour leurs travaux quotidiens.
Mais l'occupant s'amuse-t-il à désorganiser l'agriculture car dès le l2 février il convoque tous les cultivateurs pour leur « offrir » ( moyennant six francs par jour bien sur) un cheval et pour leur imposer de la main-d'oeuvre bavaroise qu'il faut grassement payer, la kommendentur fixe elle-même les tarifs de ces différentes prestations.
    Le 20 avril 1915, l'organisation allemande achève de se dessiner. Les cultivateurs sont de nouveau convoqués et sont priés d'amener faucheuses, moissonneuses lieuses dans la cour de la sucrerie. Après un comptage minutieux, on les redistribue. Résignés les hommes vivent dans l'espoir que la prochaine récolte se fera dans un pays libéré.
    Dans le cadre de leurs besoins en main-d 'œuvre, les Allemands emmènent tous les jeunes gens de 18 à 20 ans, voire même pour certains 17 ans (y compris les jeunes des villages environnants ou ceux qui ont été déplacés et relogés à VENDHUILE), au CATELET pour être employés à la réfection des routes ou aux travaux des champs, ceux de VENDHUILE (19 personnes )sont traînés et dispersés sur les routes de la SOMME près du front tandis que d'autres venant de la région de CAUDRY sont employés chez nous. Un de ces jeunes, originaire de WALINCOURT, jette son outil de lassitude. La sentinelle chargée de la surveillance du chantier l'abat alors d'un coup de feu à bout portant.
La pression des allemands ne s'arrête pas là. Il s'agit purement et simplement de déprédation contre l'ensemble des habitants. Aux divers pillages des premiers mois par les troupes de passage fàit place la capture de tout le bétail et toutes les étables sont visitées à maintes reprises. Ces rafles se suivent de mois en mois tant et si bien que VENDHUlLE ne peut plus être taxé que de 100 litres de lait par jour.
La ponte aussi est surveillée. La kommendantur observe sur ce point les saisons.. tel mois ce sera 1 oeuf par jour pour 2 poules, tel autre 1 oeuf pour 3 poules etc. et de plus 1 oeuf par coq!! Sur le tard les clapiers seront aussi visités et recensés, les Allemands ne s'intéressant que peu à leurs habitants.
VENDHUlLE est devenue au cours de l'année 1915 une ville de garnison car un peu éloignée du front.. les divers régiments peuvent y faire relâche après les combats dans les tranchées. Un hôpital y aurait été créé.(FELD LAZARET n° 5)
Dans les environs, les hommes rentrant du front ont le moral au plus bas et depuis quelques mois le refus d'obéissance se fait sentir et plusieurs combattants se suicident.
    En juillet 1916 lors de l'offensive des britanniques sur la SOMME, l'espoir renaît. Mais cette offensive n'avait pour objet que de faire relâcher la pression sur le front de VERDUN et les alliés ne purent mettre à profit la brèche ouverte de ce côté des lignes.
Un homme a vu dans cette attaque les conséquences directes d'un front aussi étendu.
Cet homme c'est le maréchal HiNDENBURG. Il eut comme projet un repli de la poche de NOYON sur une ligne fortifiée à l'avance, fortifications dans lesquelles Vendhuile fût englobé.
Pour établir ces lignes de repli, ce sont en majorité des soldats russes qui sont employés au percement des tranchées et à l'édification de casemates. Un camp est aménagé à VENDHUILE pour loger ces prisonniers qui sont très maltraités. Plus tard de combats en combats viendront les rejoindre d'autres prisonniers, Anglais pour la plupart, pris sur les champs de batailles de la SOMME. Durant l'hiver 1916/1917 par un froid glacial, le canal étant lui-même pris par les glaces, beaucoup d'entre eux affamés et mal vêtus périrent en dépit des efforts que faisaient les gens du village pour leur venir en aide, les Allemands allant jusqu'à soustraire aux prisonniers leurs manteaux.
Les tranchées se ramifient alentours allant maintenant de VENDHU1LE à BONY cinq lignes de « Blockhaus» truffées de nids de mitrailleuses et autres armes passant d'est en ouest sont construites, la troisième d'entre elle s'adossant au tunnel du canal souterrain, celui-ci étant transformé pour l'occasion en une immense caserne. Long de plus de cinq kilomètres, les Allemands y font entrer des péniches qu'ils aménagent en dortoir de trois étages. Au vu de chaque péniche ils creusent des ouvertures remontant à la surface et les tranchées. Une de ces ouvertures allait à plus de 1500 mètres à la ferme de COLOGNE près d'HARGICOURT.
Avec ces nouvelles lignes arrivent de nouvelles troupes. En juillet de l'année 1916 les Allemands étaient 2500, en septembre ils seront plus de 5000 et c'est aussi en septembre que des hangars pour l'aviation sont construits.
    En octobre, les premiers habitants de VENDHUILE sont évacués. Parmi eux les soeurs et les orphelins de l'institution sont emmenés à ROMERIES dans le Nord.     Le 16 décembre 1916, les réfugiés des autres villages sont de nouveau déplacés.     Le 31 Janvier 1917, les autorités font savoir qu'un train se chargera d'emmener les ppersonnes désirant partir pour « la FRANCE» 30 personnes s'inscriront et auront comme destination finale la SUISSE.
Pendant ce temps, les Allemands continuent à faire comme s'ils étaient vraiment chez eux tel que l'on peut le voir sur ces photos.
    Le 8 février 1917, de nouvelles familles de VENDHUILE sont menées sur les routes de l'exode. 60 personnes sous bonne escorte sont poussées vers la gare de EPEHY après avoir reçu l'ordre de laisser la clef sur la porte.
    Le 9 février un autre signe d'évacuation imminente pour les habitants. Une compagnie de pionniers arrive et entame de suite des tranchées au chemin « des éclussons ». Le travail se fait par équipe de jour et de nuit parfois en dépit du bon sens, les autorités s'embrouillent.      Le 16 février ils démontent une ligne de chemin de fer allant du CATELET à VENDHUILE juste après l'avoir construite.
    Le 21 février tous les in struments agricoles sont rassemblés et sont conduits à l'arrière à VILLERS-OUTREAUX. La kommendantur invite les habitants à ensacher les pommes de terre et à les déclarer pour qu'elles leur soient envoyées par la suite !
    Enfin le 23 février la population est avertie qu'elle sera évacuée les 27 et 28 février.
    Le 25 février tandis que la canonnade gronde de nouveau vers PERONNE, une grosse explosion se fait entendre: c'est la ferme de GILLEMONT qui saute à peine évacuée.
Les tranchées s'étendent de plus en plus engloutissant fermes et maisons.
    Le 27 février, 850 personnes munies de 25 kilos de bagages sont conduites vers la gare de GOUIZEAUCOURT d'où elles rejoindront les environs de VALENCIENNES. Dans l'après- midi les maisons évacuées sont vidées de leur mobilier et leur démolition commence.
    Le lendemain 28 à 8 heures du matin un second convoi avec plus ou moins 150 personnes est conduit à EPEHY où, chargés dans des wagons à bestiaux, un train les emporte vers POIX DU NORD qu'il n'atteindra que le 29 vers 5 heures du matin. Seules sont restées à VENDHUILE quelques familles (9 plus quelques hommes) chargées du fonctionnement de la scierie et du suivi du bétail nécessaire à l'alimentation de la troupe.
POIX DU NORD est un village qui est déjà rempli de réfugiés de toutes provenances de jour en jour plus nombreux ce qui pose un nouveau problème de ravitaillement, de logement.
La pénurie se fait encore plus forte pour nos aînés. Tout est hors de prix pour des personnes qui ne possèdent déjà plus rien. C'est là aussi que beaucoup d'entre eux apprendront que leur village est devenu l'un des bastions de la ligne HINDENBURG et qu'il est sans cesse pilonné par l'artillerie britannique.
Après quelque mois, c'est de nouveau l'exode forcé. Des familles sont emmenées plus à l'Est près de SEDAN ou en BELG/QUE pour certaines. Plusieurs jeunes filles sont laissées à POIX DU NORD pour travailler dans une scierie près du QUESNOY, ce qui les oblige à 2 heures de marche matin et soir pour arriver au travail tout en sachant que leur journée débute très tôt le matin.
Les hommes sont à plus forte raison sans cesse réquisitionnés par les kommendantures où ils échouent. On souffre de la faim et dans ces conditions la mortalité est grande. Parmi tous les réfugiés nombreux et nombreuses ne reverront pas Vendhuile.
Nous avons donc laissé VENDHUILE pour suivre un peu ses habitants mais c'occp es photos d'époque les maisons sont dynamitées sauf celles qui peuvent encore servir de logement important.
Puis les différentes batailles amènent les alliés près de VENDHUILE. Un épisode de ces batailles, fût l'apparition de combats aériens. Le seul qui aurait pu être observé par les villageois eût lieu le 29 janvier 1917.. l'appareil du Leutnant Lautz s'écrasa sur notre territoire. Ce fût ensuite un appareil britannique (un FE2b) qui a été abattu lors d'un combat le 4 juin 1917. Le 13 janvier suivant, le captain MAC CUIDDEN obtient sa quarantième victoire aérienne au-dessus de VENDHUILE. Six jours plus tard, un nouveau combat qui se terminera vers RAMICOURT se déroule entre un Sopwith Camel et un pilote allemand de la Jasta 5 Jasta unité de combat de chasse). Deux autres duels aériens auront pour décor le ciel de VENDHUILE en mars 1918. Le 5, un S.E.5.A du 24ème squadron est abattu par un pilote de la Jasta 17. Le 17, c'est au tour d'un BF 2 b ( Bristol) du 62ème squadron de s'écraser au sud de LA TERRIERE.
D'autres combats, avec différentes fortunes pour les pilotes, ont eu lieu près de VENDHUlLE, 3 ou 4 à LE RONSSOY, autant à LEMPIRE et au moins dix ou douze vers HONNECOURT. (Renseignements sur les combats aériens notés avec l'aimable autorisation de Monsieur Patrick RICHARD ).
Les différents combats autour de VENDHUlLE furent coûteux en vies humaines le passage souterrain du canal étant pour les alliés un bon moyen de franchir cette fameuse ligne de défense sans avoir à franchir le fossé que constitue le canal proprement dit et qui était pour eux un obstacle très difficile à percer.
Les cimetières militaires que l'on voit sur le bord de nos chemins sont là pour le rappeler.
Les premiers combats contre ces réseaux de la ligne HINDENBURG datent de février 1917. Ceux-ci sont percés une première fois en novembre de la même année par l'apparition des premiers chars d'assaut anglais entre CAMBRAI et LE CATELET.
Les Britanniques reprennent VENDHUILE et HONNECOURT mais en furent repoussés peu après le 29 novembre ( le début de l'attaque ayant été déclenché vers le 20) perdant aussi tout le secteur qu'ils venaient de conquérir de haute lutte laissant sur le terrain 200.000 hommes tués ou blessés.
D'attaques en contre-attaques ce n'est qu'en septembre 1918 que tombèrent les retranchements ennemis. D'EPEHY, conquis le 18, à la ferme du PETIT-PRIEL, les Anglais mettront 3 jours repoussant une très forte contre-attaque partie depuis les hauteurs de GILMONT et ils dépassèrent alors LEMPlRE et la ferme du TOMBOIS.
Vint alors le 29 septembre l'attaque contre le noyau dur des défenses constitué en partie par le tunnel souterrain. Sur plus de vingt kilomètres de front de HOLNON au PETIT PRIEL se déploient Britanniques et Américains. Une trouée est établie vers BELLENGLISE et le pont de RIQUEVAL. Les divisions américaines atteignent le dessus du tunnel mais peinent devant les fortifications de GILMONT où tous leurs chars ont été détruits par les mines ou les obus. Mais les soldats s'accrochent au terrain et parviennent à progresser soutenus par la troisième armée britannique à qui VENDHUILE reste interdit. Ce ne sera que le 1er octobre que les alliés prendront VENDHUILE et pourront continuer leur lente progression afin de libérer tout le pays. Comme chacun sait, les hostilités prendront fin le Il novembre 1918.



LA RECONSTRUCTION

Les retrouvailles des premiers habitants avec leur village au printemps 1919 furent certainement très douloureuses. On peut aisément imaginer leur chagrin et leur colère en arrivant dans ce qui avait été leur coquet village et qui à leur retour, n'est plus, à perte de vue, que ruine et désolation. Quel courage leur a-t- il fallut pour commencer à entreprendre la résurrection de VENDHUILE ? .
Le déblaiement des rues a été la priorité afin de pouvoir se déplacer sans trop de difficultés ainsi que la construction d'un hangar dans lequel tous se réunissent pour y loger (ce hangar servira aussi d'église et verra trois mariages).
Donc pour débuter les immenses travaux de réfections les premières obligations vont vers les moyens de communications, les routes et bien sûr le canal encombré par les péniches coulées et vers l'agriculture, les besoins de nourriture étant aussi une priorité absolue. Le ravitaillement des premières personnes rentrées dans la région dévastée, se faisait à BOHAIN et ce sont les hommes les plus jeunes qui partaient à travers les champs de ruines chercher la nourriture nécessaire à tous.
Une anecdote: Félicien DUMEZ habillé en soldat anglais et armé d'un fusil par crainte des nombreux prisonniers chinois que les Anglais avaient fait venir, partait à BOHAIN chercher le pain pour les quelques personnes rentrées. Ce n'est que peu à peu que des commerces ouvrent de nouve
au dans des baraquements en tôles dit «métro» ou dans des abris de bois.
    La commune charge un architecte, Monsieur JACQUES DROZ, d'établir les plans de tous les bâtiments communaux (école, mairie, église, ainsi qu'un bureau de poste) Si quelques maisons se construisent assez vite, le centre du village est quant à lui en attente car une décision est prise par les autorités: la rectification des courbes du canal entre VENDHUILE et la première écluse située au « BOSQUET »(afin que le toueur ait moins de mal à tirer les péniches) ainsi que la création sur le « cd28 » d'une traversée plus aisée du village (la route le traversant avant guerre était elle aussi très sinueuse). Cette rue, est alors nommée: rue neuve. C'est une des raisons qui font que les maisons ne seront terminées que vers 1925/1926 tout comme les écoles et la mairie.
C'est en 1928 le 30 septembre, qu'est inauguré le monument aux morts sur la nouvelle place de la mairie. Pour l'érection de celui-ci, une souscription est lancée. Chaque habitant y apporte sa contribution même très modeste en ces temps de disette.
Cinquante-sept noms d'enfants du pays y sont gravés. Tous étaient militaires et moururent sur les champs de bataille pendant ces quatre années de guerre mais comme nous l'avons évoqué, il ne faut pas oublier les victimes civiles enterrées sur le chemin de leur exil.
Vers le milieu des années vingt le village prend donc les formes que nous lui connaissons maintenant.
Sur cette carte de la rue de l'église on remarquera l'absence des cadrans de l'horloge, ceuxci seront installés au mois de novembre 1929 (du 20 au 23), et on replace les verrières du choeur de l'église le 23 décembre. Ces vitraux ont été réalisés par Mlle Valentine REYRE et ont été exposés au musée GALLIERA de PARIS.
Cette fois sur cette carte de la rue Delattre on remarque, sur la gauche, des baraquements qui servaient de bal. C'est aussi dans cette rue que l'on trouvait une salle de cinéma au croisement que fait celle-ci avec la rue de la brasserie.
C'est pour la reconstruction que l'on a édifié la briqueterie qui se trouvait rue de Lempire pour la livraison des briques. Les employés utilisaient des camions que les Américains avaient laissés sur place avant de rejoindre leur continent. Ces engins seront également utilisés pour le transport des obus non éclatés que les labours font remonter à la surface.. il faut s'imaginer qu'en certains endroits il est tombé près de 120 obus par hectare c'est pourquoi on voit encore aujourd'hui sur le bord de nos routes des engins explosifs fraîchement sortis de terre et qui n'ont pas perdu leur caractère destructeur. Les briques et les tuiles étaient aussi fabriquées à Pienne ou parfois « à la meule» par les particuliers. Et c'est donc petit à petit que VENDHUILE se reconstruit. Les dernières ruines de cette guerre ne disparaitront que très tard (on déblait encore en 1947) et VENDHUILE ne retrouvera jamais plus une population aussi importante qu'avant 1914, beaucoup ayant préféré ne pas rentrer au pays, on ne reconstruira pas leurs habitations. Il en est ainsi de l'Institution Saint-Vincent, de la sucrerie, et de bien d'autres.
C'est en 1932 qu'est construit le premier silo à grains. Celui-ci à capacité de 1500 tonnes, et c'est celui sur lequel sont inscrites les lettres S.C.A.. Un second vint s'y greffer en 1952: c'est le plus grand et il a une capacité de 2340 tonnes. Le troisième édifié lui en 1958 se trouve au fond de la cour a une capacité de 3000 tonnes. Le quatrième, bâti le long du port en 1962, contient 6300 tonnes. Quant au dernier, de 1984, situé entre le port et l'ESCAUT peut contenir 9000 tonnes. Ce qui fait un total de plus de 22000 tonnes pouvant être stockées dans ces silos.
VENDHUILE se reconstruisant, les associations se reveillent comme vous pourrez le lire par la suite.



- LE CANAL DE SAINT-QUENTIN

SON HISTOIRE:
     Le canal de Saint Quentin a eu comme but d'établir une liaison par eau entre l'Oise, la Somme et l'Escaut.
     Après plusieurs projets qui furent abandonnés, dont celui de l'ingénieur Louis Joseph LAURENT qui prévoyait un souterrain de 13,700 km se dirigeant en ligne droite sur VENDHUILE, avec comme tête de départ côté Somme, entre Le Tronquoy et Lesdins.
Les plans définitifs du tracé du Canal de Saint Quentin furent dressés par l'Ingénieur Antoine GAYANT qui dirigea également les travaux. Dès 1802, les travaux furent repris, aussitôt soldats, ouvriers du pays, prisonniers de guerre, se mirent à l'oeuvre et malgré de nombreuses difficultés ( éboulements, infiltrations) et avec un outillage rudimentaire les souterrains entre le Tronquoy et Lehaucourt ( 1098 mètres) et, entre Riqueval et Macquincourt ( 5670 mètres) furent terminés en 1809, quelques mois avant l'achèvement du canal.
    L'Empereur NAPOLEON 1er inaugura solennellement le canal le 28 avril 1810, au cours du voyage de noces avec sa seconde épouse, l'Impératrice Marie-Louise. Les bateliers hésitent pourtant à pénétrer dans l'ombre. Aussi décrète-t-on que la première péniche qui passerait le souterrain serait exonérée de tout droit de navigation tant qu'elle existerait. Monsieur CHOTEAU du bateau« LE GRAND SOUTERRAIN» franchit le premier le tunnel.
     Le trafic fut en voie de progression constante depuis que le canal a été racheté par l'état (1850), que son mouillage a été augmenté et que les droits de navigation ont été abaissés, puis supprimés. Mais, malgré un programme de travaux devant améliorer la capacité de fréquentation du bief de partage (plateau de 20 kilomètres de long entre le Bosquet et Lesdins, échancré de deux tunnels Souterrain du Tronquoy et de Riqueval ), il s'avéra que la section trop faible du grand souterrain était incompatible avec une augmentation de la vitesse des rames, et que les garages de Macquincourt, Riqueval et Lesdins ne permettaient que le croisement de rames supérieures à 30 Bateaux. Dans ces conditions, avec des rames alternatives de 25 à 30 Bateaux se suivant normalement de 12 heures en 12 heures, la capacité de fréquentation maximum du bief de partage était de 110 bateaux par 24 heures, c'était aussi celle du Canal de Saint Quentin malgré ses écluses doubles pouvant débiter 200 bateaux par jour.
C'est sans doute cette constatation qui décida l'administration à doubler le Canal de Saint Quentin par le Canal du Nord et qui fut déclaré d'utilité publique par la loi du 23 décembre 1903.
De 1903 à 1914. aucune modification n'a été apportée au mode de traction, si ce n'est l'électrification du toueur en 1906 entraînant la suppression du toueur à vapeur en 1910, qui lui même avait remplacé la traction par les hommes et les chevaux, à la suite d'un incident dont les conséquences auraient pu être grave (commencement d'asphyxie de mariniers, provoqués par les fumées abondantes du toueur à vapeur ).
Pendant la guerre, le Canal en pleine ligne Hindenburg a été fortement endommagé dans le bief de partage, mais les Allemands craignant une attaque appuyée par des tanks, remplirent de 47 péniches le grand souterrain qui devint ainsi un abri des plus sûrs, pouvant contenir plus d'une division et communiquant avec les diverses organisations qui en couronnaient le sommet par les puits d'aération et de nombreuses galeries.
Mais, le 29 Septembre 1918 à 5h30, le 2éme américain s'élança si fougueusement à l'assaut des positions allemandes que celles-ci furent enlevées en quelques heures, de sorte que l'ennemi n'eut pas le temps d'abîmer le souterrain à l'exception toutefois de quelques cheminées d'aération et de quelques mètres de revêtement maçonné de la voûte aux abords de la tête de Macquincourt.
Au lendemain de la guerre, il y avait une urgence particulière à remettre dès que possible la voie navigable en service pour le ravitaillement de la région parisienne et, surtout pour l'approvisionnement des matériaux de construction nécessaires à relever les ruines laissées par les allemands.
Les travaux de reconstruction commencèrent en Mars 1919 et s'achevèrent dans une première phase, de façon à permettre la remise en eau de la voie navigable avec une telle célérité que la navigation fut rétablie le 1er Août 1919.

Travaux effectués depuis 1920
La capacité de fréquentation du bief de partage était passée, à la suite des travaux exécutés en vertu de la loi du 29 Novembre 1898 de 96 à 110 bateaux seulement par 24 heures, alors que le reste de la voie navigable pouvait en débiter au moins 200 grâce aux écluses doubles.
Or, de 1903 à 1914, le problème de l'augmentation de débit du bief de partage avait quelque peu été perdu de vue et même délaissé à partir de 1908, parce que l'on escomptait dans un avenir prochain la mise en service du Canal du Nord.
Mais en 1920, la situation était tout autre, la remise en état de la navigabilité du bief de partage complètement détérioré pendant la guerre s'imposait, et il aurait été impardonnable de ne pas profiter de cette circonstance unique pour chercher à lui apporter, sans grosses dépenses supplémentaires, toutes les améliorations possibles en vue de porter, une fois pour toutes, sa capacité de fréquentation au maximum souhaité.
Que fallait-il faire pour accroître le débit du bief de partage? Pour cela, il fallait évidemment agir, soit sur la composition des rames, soit sur la vitesse des convois, soit sur ces deux facteurs à la fois.
     Tout ceci montre la complexité du problème à résoudre et ce n'est qu'après des recherches, qu'il fut reconnu que, pour accroître la capacité du trafic du bief de partage, il fallait augmenter le plus possible les rames au lieu de les réduire, étant entendu que la vitesse maximum de ces rames serait celle compatible avec l'état de la voie navigable.
     Il fallait donc, pour débiter 200 bateaux, que chacune des 4 rames traversant quotidiennement le bief de partage se compose d'au moins 50 bateaux.
Ce principe bien établi, il s'agissait de l'appliquer au plus vite.
Dès 1920, le garage de Riqueval était allongé sur 2 kms de longueur, devenant ainsi capable de recevoir des rames de 50 bateaux.
Puis, par décision du 20 Juin 1921, Monsieur le Ministre des Travaux Publics prenait en considération un avant-projet ayant pour objet la rectification des courbes du canal au droit de notre village, non seulement ces dernières s'opposaient à l'allongement du garage de Macquincourt, mais elles interdisaient la circulation de convois d'une longueur supérieure à 1,500 km (soit 30 bateaux) en raison dufrottement très élevé contre les glissoires des rives convexes des courbes en sens inverse, frottement qui occasionnait une augmentation des efforts de traction du toueur.
Ce n'est que grâce à la destruction malheureusement à peu près complète de notre village, que ce passage difficile put être rectifié. Le début des travaux prenait du retard et gênait de ce fait la reconstruction du centre du village.
Le conseil municipal de l'époque écrivit au Préfet pour lui faire part de cet état de chose.
Extrait du registre des délibérations du conseil municipal, en date du 12 Mars 1922 Les travaux commencèrent en 1923 et le 12 Novembre 1925 la rectificationfut mise en service.. de ce fait, la capacité du garage de Macquincourt devenait illimitée et, autre avantage non moins appréciable, l'origine de l'exploitation du touage était transportée à Macquincourt. C'est à partir de cette date, que l'on peut dire que le bief de partage du Canal de Saint Quentin peut débiter quotidiennement 2 rames de 50 bateaux dans chaque sens, soit 200 bateaux dans les deux sens, c'est à dire le chiffre fixé par la loi du 29 Novembre 1895.
Toutefois, la traversée du grand souterrain par une rame composée de 50 bateaux, formant ainsi un véritable piston de 2.200 mètres de longueur, provoquait une dénivellation du plan d'eau entre les deux extrémités du convoi de 4.40 mètres, dénivellation qui avait pour conséquence un accroissement continu de l'effort de traction et, par répercussion, un ralentissement progressif de la marche du convoi.
Lors de la rectification des courbes de Vendhuile, l'ancien canal avait bien été conservé pour servir de bassin d'épargne contenant une réserve d'eau destinée à contre-balancer cet effet de piston; mais cette disposition était insuffisante et il fut décidé d'augmenter la section mouillée du grand souterrain, cette augmentation fut obtenue, par la suppression de la deuxième banquette rive gauche remplacée par une passerelle en ciment armé et par l'encorbellement et l'approfondissement du radier d'un mètre.

        Autres dates à retenir..
    1935.. Aménagement de l'ancien souterrain LAURENT à Vendhuile et construction d'une station de pompage pour l'alimentation du bief de partage.
    1941.. Réfection du revêtement des voûtes dans le grand souterrain.
    1950.. Réfection du revêtement maçonné des talus dans la grande tranchée de Vendhuile.
    1955.. Mise en place de l'éclairage automatique dans le bief de partage.
    1969.. Cessation d'activité de la Compagnie Générale de Traction sur les Voies Navigables ( Fin du Halage)
    1975.. Dragage du grand souterrain entre les PK 31.200 et 33.100.
    1982.. Mise en conformité des installation électriques de deux toueurs.
    1985.. Réfection totale de l'éclairage du bief de partage et pose de nouvelles lanternes dans les souterrains (une lanterne tous les 35 mètres au lieu de 70 mètres).
TRAFIC DU CANAL DE SAINT- QUENTIN (EN TONNES)
1900 :       4606000 tonnes
1909 :       5745000 tonnes
1913 :       6422000 tonnes
1938 :       8238000 tonnes
1961 :       8125000 tonnes
1965 : ouverture de la navigation du canal du Nord       4200000 tonnes
1969 :       3397000 tonnes
1979 :       3000000 tonnes
1984 :       3461000 tonnes
1988 :       2512000 tonnes
1990 :       3118000 tonnes
1994 :       1446000 tonnes
1999 :       1750000 tonnes
FREQUENTATION DU SOUTERRAIN
Bateaux chargés bateaux vides TOTAL
1972       13761        3089        16850
1973       13115        2705       15820
1974       10406        2353        12759
1975       7147        1869        9016
1976       7221        1837        9058
1977       6676        1593        8269
1978       8244        2104        10348
1979       8614        2234        10848
1980       8253        2140        10393
1981       5505        1661        7166
1982       5045        1474        6519
1983       3750        1022        4772
1984       3192        906        4091
1985       4057        1112        5169
1986       3411        735        4146
1987       3291        751        4042
1988       2328        844        3172
1989       1621        682        2303
1990       2347        893        3240
1991       1275        673        1948
1992       1994        960        2954
1993       1415        849        2264
1994       1039        605        1644
1995       1564        866        2430
1996       1000        644        1644
1997        801        568        1369
1998       1273        883        2156
1999        858        622        1480

BATEAUX DE PLAISANCE
1975 :       77
1976 :       94
1977 :      76
1978 :       126
1979 :       183
1980 :       169
1981 :       145
1982 :       168
1983 :       180
1984 :       187
1985 :       238
1986 :       236
1987 :       230
1988 :       259
1989 :       299
1990 :       334
1991 :       384
1992 :       370
1993 :       353
1994 :       315
1995 :       449
1996 :       303
1997 :       367
1998 :       411
1999 :       480






- LE DISPENSAIRE

UN DISPENSAIRE MEDICAL GRATUIT A VENDHUILE:

      On ne demande pas à un malheureux: De quel pays où de quelle religion es-tu? On lui dit: Tu souffres, cela suffit. Tu m'appartiens et je te soulagerai. Cette proclamation, qui figure en bonne place dans la coquette salle d'attente du dispensaire de Vendhuile, résume sobrement tout le programme de la belle œuvre qui vient de se créer pour secourir une corporation particulièrement digne d'intérêt: la population de la batellerie.
Voici plus d'un an, un fonctionnaire des services de la navigation, Monsieur Jean HUBERT, qui demeure à Macquincourt à la sortie du souterrain de Riqueval (encore un beau coin que les touristes ne connaissent pas assez) eut l'idée de fonder un dispensaire à l'usage de la population errante des bateliers.
       En effet, ces derniers ont rarement l'occasion de séjourner longtemps au même endroit et leur nombreuse famille (on est prolifique à bord des péniches) peut difficilement recevoir les soins nécessaires en cas de maladie.
L'idée était neuve, mais particulièrement utile: il n'existe aucun dispensaire d'hygiène gratuit au long des milliers de kilomètres des canaux de France. Mieux qu'un service à rendre, c'était un exemple à créer. Etait-ce réalisable?
      L'idée germa, prit corps: un comité fut constitué, qui comprend aujourd 'hui, avec le haut appui de son Excellence le Comte de Kerchove de Danferghem, Ambassadeur de Belgique à Paris, la présidence d 'honneur de Monsieur Beau. ingénieur en chef de la navigation entre Paris et la Belgique, la présidence effective de Monsieur Mory, ingénieur des TP de l'Etat.
Madame Magniez, correspondante de la Croix Rouge Française et, Maître Grodreuil, avocat à la cour d'appel de Paris, sont les vice-présidents du comité, qui compte parmi ses membres, Monsieur Loiseau, Maire de Vendhuile. Monsieur l'abbé Dermigny, Curé de Vendhuile, Maitre Labouret, avoué, Maître Gromez, Notaire, Mesdemoiselles Boulanger et Gelenne, l'aumônier général Bellanger, etc, Le Médecin traitant bénévole, le Docteur Mennecier, ffait naturellement partie de ce comité qui est constitué depuis le mois d'octobre.

LE LOCAL

If fallait un local: Il fut trouvé à Vendhuile. le long du canal. près du pont. C'était un petit pavillon isolé, qui a été remis à neuf et transformé pour les besoins de la circonstance.
Le rez-de-chaussée comprend une salle d'attente, bureau des entrées, une salle de consultations et une salle de pansements. Des cabines ont été aménagées pour le déshabillage des consultants, Le premier étage servira plus tard d'appartement à 1'infirmière diplômée qui sera engagée par les soins du Comité.
Pour le moment, on va débuter très modestement. L'ouverture du dispensaire est prévue vers le 1er février. Le médecin traitant y donnera des visites médicales gratuites, étant assisté dans sa tâche par Madame Bourlet, infirmière bénévole.
Dès que possible, un service de nourrissons sera inauguré, qui est appelé à rendre beaucoup de services, les bateliers ayant souvent de nombreuses familles.

DE GRANDES AMBITIONS

Là ne s'arrêtent pas les ambitions du Comité , après l 'inauguration offlcielle du dispensaire, qui aura lieu l'été prochain et sera le prétexte d'une grande fête. on créera, dès que les moyens le permettront, un service de radioscopie.
      D'autre part, une infirmière diplômée sera installée à demeure dans le dispensaire, qui pourra ainsi fonctionner toute la journée.
Comme on le voit. cette œuvre est appelée à rendre les plus grands services: elle est éminemment charitable, bien au dessus de toutes questions politiques ou religieuses. Elle est donc parfaitement digne d'intérêt et mérite d'être encouragée.
      On donnera également à la population de Vendhuile, l'occasion de recevoir des soins gratuits, car le dispensaire sera ouvert à tous.
      Pour les bateliers, ce lieu sera bientôt l'oasis rêvée de leur éternel voyage.. ce sera le havre de grâce où leurs tout-petits seront soignés et, qui sait, arrachés à la mort, peut être ...
      Aussi sommes-nous persuadés que répondant à l'appel que le Comité va prochainement lancer à toutes les bonnes volontés, les dons afflueront pour que prospère cette œuvre si belle.
      L'éclatante réussite du dispensaire de Vendhuile sera la meilleure récompense des gens charitables qui se sont dévoués pour le mettre sur pied.
            L'affaire va démarrer.. aidez-la !
(CHARLAS)            
Source: Le Guetteur du 22 Janvier 1938      



VENDHUILE ET LA SECONDE GUERRE MONDIALE 1939-1945

Après 20 années de paix qui permirent au village de relever ses ruines, à nouveau de sombres nuages obscursissent le ciel. En effet, nos voisins allemands revanchards, menés par un dictateur implaccable et expansionniste commencent à s'approprier l'EUROPE.
La France, l'Angleterre laissent faire.
Quand le 1er Septembre 1939, HITLER attaque la POLOGNE, la FRANCE, en vertu d'un accord politique (d'ailleurs impossible à tenir) déclare la guerre à l'ALLEMAGNE.
L 'URSS alliée à l'époque à l'ALLEMAGNE envahit également le sol polonais.
De nouveau, c'est la mobilisation. Le village voit partir 22 hommes qui rejoindront les bureaux de mobilisation.
      Et pendant 8 mois ce sera « la drôle de guerre », personne n'attaque, ni les français, ni les allemands.
      Notre village voit arriver à l'ancienne papéterie, le 6ème régiment de génie qui s 'entraine à faire des pontons sur le port et sur le bras mort. Début décembre 1939, Vendhuile voit arriver un escadron du 29èmee Dragon de Provin.s équipé de chars Renault R35. Ceux-ci font un tel vacarme qu'ils font sortir les gens et trembler les maisons.
Dans le ciel, on voit très peu d'avions.
Puis le 10 mai 1940, c'est l'offensive allemande. HITLER envahit la BELGIQUE avec un matériel moderne important, une armée nombreuse et aguerrie, épaulée par une nuée d'avions, chasseur 109 et 110, bombardiers et les stukas, terribles bombardiers en piqué qui plongent avec un sinistre bruit de sirène qui sème la panique chez le fantassin et le démoralise.
Bientôt apparaissent, traversant VENDHUILE, les premiers réfugiés belges fuyant les combats.
Les jours suivants, ce sera un défilé ininterrompu de réfugiés, de chevaux, vélos, chariots, autos, ou à pied se sauvant vers l'ouest.
De retour à VENDHUILE, les chars du 29ème dragon, montés en BELGIQUE, reviennent panser leurs plaies. Il manque beaucoup de chars, les hommes entr' eux parlent de leurs camarades tués ou blessés.
      Cette fois c'est vraiment la guerre.
Les allemands, traversant les ARDENNES, se dirigent vers la mer pour enfermer les troupes franco-anglaises dans lla région de DUNKERQUE.
Un blindé fuyant l' aviation allemande s'échappe du CATELET et suivant le cours de l'ESCAUT parvient à HARGIVAL où il s'embourbe dans un fossé et y sera abandonné par son équipage. C'est un char moderne BIbis, 34 tonnes, I canon 37 en tourelle et un obusier de 75. Dans le village, c'est toujours le triste ,spectacle des évacués du Nord qui fuient devant l'ennemi. L'angoisse commence chez les habitants dont beaucoup sont partis vers l'ouest. Le dernier à partir : Auguste BERNARD, marchand de fruits et légumes, possède une camionnette, il emmène sa famille, sa belle mère, son beau père qui est aveugle et une dame agée qui vient de CAUDRY. Ayant versé dans le talus à la sortie de Vendhuile, il revient donc et sur le port, il se heurte aux premiers éléments allemands.
La famille se réfugie dans la cave de Monsieur GUIDEZ.
      Les soldats se ruent sur la voiture où est restée la vieille dame, celle-ci lève aussitôt les bras mais Monsieur GELFF, non voyant, n'obtempère pas aussitôt et il est foudroyé par une rafale de mitraillette. Il est ramené chez Monsieur BERNARD où il mourra le lendemain. Sa tombe est toujours visible dans le cimetière communal.
Les derniers réfugiés à franchir le pont, sont 2 vieilles personnes sur une charrette à cheval. Elles y seront tuées toutes deux ainsi que le cheval par une mitrailleuse en batterie sur le talus du canal.
Les Allemands arrivent le 18 Mai au CATELET. Le soir même, ils envahissent VENDHUILE où auront lieu quelques combats retardateurs. Ceux-ci feront une douzaine de victimes parmi les soldats français. On verra brûler une grange et une maison d'habitation.
      Désormais, le village est allemand et après l'armistice, on apprend que 11 soldats du village sont prisonniers dans les stalags, tandis que quelques uns plus chanceux reviennent démobilisés. D'autres ayant travaillé en 1917-1918 pour l'ALLEMAGNE comme prisonniers civils seront libérés plus rapidement en 1941.
Pendant toute la durée de la guerre, un détachement de la Werhmacht résidera dans les écoles.
Ce détachement a en charge la garde du pont et l'entrée du souterrain. Les Allemands de ce groupe ne sont guère agressifs, les derniers étaient des sous-mariniers de la Kriegsmarine dont le bateau avait coulé.
Ils étaient aidés pour cette garde par un détachement de miliciens qui logeaient dans une maison près du canal.
A une certaine période, les allemands installent une mitrailleuse contre avion au sommet du silo à grains, puis ils l'installent sur la hauteur de la tranchée du canal. A la fin de la guerre, un avion anglais vient mitrailler une péniche arrimée à l'écart (probablement chargée de matériels de guerre pour l'occupant) alors que les servants sont tranquillement en train de se baigner dans le port. Le temps qu'ils sortent de l'eau et remontent, l'avion est loin. Cependant le marinier est blessé gravement à une jambe et est emmené à l'hopital.
Cette mitrailleuse finira sur un camion réquisitionné chez le marchand de charbon et fera le coup de feu sur un avion américain le dernier jour de l'occupation.
Dès 19412, les jeunes en âge d'effectuer leur service militaire sont astreints au STO (service du travail obligatoire) en ALLEMAGNE, certains s'y résignent, d'autres y échappent en se cachant à droite ou à gauche.
Après les hécatombes du front de l'Est, l'ALLEMAGNE a besoin de soldats et fait appel aux français; 2 jeunes hommes de VENDHUlLE s'engagent dont dans la LVF (Légion des volontaires français}, un seul en reviendra.
      Il est paradoxal de voir que ce soit ces français de la LVF qui gardèrent le bunker d'Hitler les derniers jours du conflit.
Dans la cour du marchand de charbon, Paul GEORGE, est installé un garage de réparation de l'armée. A la libération, l'ennemi se sauvera, laissant quelques camions bariolés par le camouflage et longtemps après on les verra encore dans un coin de la cour. Ils laisseront aussi un important matériel de garage et outillages divers qui seront bientôt volatilisés.
Il semble que l'occupation ait été moins dure qu'à la première guerre mondiale. Certes, il y a eu les réquisitions de métaux, de chevaux, il y a eu les tikets d'alimentation, les bon- matière pour l'industrie.
      Chaque parcelle de jardin est exploitée, tout le monde élève poules, lapins, moutons ou cochons.
Une industrie s'est développée comme partout en France, c'est le marché noir « donne moi ce que tu as, tu auras ce quej 'ai ». Cela donne lieu à un traffic auprès des mariniers surtout pour avoir du charbon, de l'essence ou toute chose que l'on peut échanger par la suite. Les gens offrent un lapin, une poule, leur décade de tabac et de cigarettes, des légumes. Il fallait voir ces gens repartir chez eux avec leurs vélos surchargés de charbon Certains abus furent punis par la gendarmerie souvent sur dénonciation.
A noter que les vélos devaient être obligatoirement immatriculés comme les automobiles depuis le 1er Janvier 1941.
Chaque nuit, un bruit devenu familier, remonte un peu le moral des francais, celui des centaines d'avions anglais partant bombarder les centres industriels allemands, les ponts, viaducs, gares et tous objectifs militaires. Au petit matin, ils reviennent, parfois en très mauvais état, car l'ALLEMAGNE défend bien son territoire.
      Les jours suivants, on trouve dans les champs des bandelettes en papier noir dont une face est métallisée. Cela intriguait la population. Plus tard on a su que ces « windows » servaient à brouiller les radars allemands en les induisant en erreur sur l'itinéraire des avions.
      Après l'entrée en guerre des ETAT S UNIS (19412), ils seront aidés par les gros quadrimoterus, les fameuses forteresses volantes B17 emportant plus de 6 tonnes de bombes.
Cependant, tout le monde ne dormait pas la nuit. Des hommes courageux ont rejoint la résistance, ils participent aux parachutages d'armes, munitions, agents anglais ou français et font sauter à l'occasion quelques objectifs militaires.
      Nous avons retrouvé une photo de ces hommes : FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) le jour de la libération.
      Au cours de l'hiver 1942-1943, une colonne de fàntassins allemands arrive un soir à VENDHU1LE. II fait froid. il tomble une neige abondante. Après une journée de marche, les hommes s'installent dans un café du village où ils se déchaussent, leurs pieds sont en sang, la patronne du café dans un geste humanitaire, leur chauffe de l'eau pour qu'ils puissent se laver les pieds.
Le lendemain très tôt, au réveil, c'est la toilette, cette fois--ci dehors et torse nu à la pompe, malgré le froid intense. Certains soldats pleurent, ils sont très jeunes, 17 ou 18 ans. Ensuite, ils reprennent la route vers les côtes.
Le 6 Juin 1944, les alliés débarquent en NORMANDIE, après 3 mois d'impitoyables combats, les allemands refluent, et l'on voit pa'ser cette fois vers l'est l'arrogante armée allemande en retraite. La résistance est active dans toute la FRANCE. Elle coupe les voies ferrées, les ponts pour bloquer l'armée allemande et la harcelle de tous côtés. Le 1er septembre, enfin d'après midi, arrive sur la place un énorme camion tirant une pièce d'artillerie, celle-ci est aussitôt installée sous les marroniers, camouflée avec des filets.
Arrive également un gros char tigre qui stationne devant la mairie. Les soldats s'installent aux écoles après avoir mis en batterie une mitrailleuse derrière le mur de clôture. Ce même après midi, un groupe d'allemands parcoure la rame des bateaux vides. Dans chaque péniche, ils tirent quelques coups de fusils dans le fond et obligent ensuite le marinier à agrandir le trou à l'aide d'une hache. Le spectacle sera pénible le lendemain de voir toutes ces péniches coulées.
Dans la nuit du 2, une grande déflagration réveille le village et pulvérise tous les carreaux de la mairie et du logement de l'instituteur : le canon vient de sauter. Par contre, le pont est intact, l'ennemi avait fàit percer durant la guerre 3 chambres dans la maçonnerie du pont en vue de les bourrer d'explosif, mais la résistance veil/ait et avait saboté les serrures, de sorte que les explosifs finirent dans le canal avec d'autres munitions, grenades etc... qui furent remontées plus tard par un scaphandrier.
Dans la nuit des artilleurs allemands installent un canon sur la route du PETIT PRIEL et tirent quelques obus en direction du village. Un obus percute le mur du silos à grain ne faisant pas de dégat mais un autre fera une brèche importante sur un angle du clocher de l'église ce qui nécessitera une grosse réparation après la guerre.

Le village s'interroge. Le matin, plus un uniforme sur le pont, ni aux écoles, on n'ose y croire. Plus tard, les plus hardis iront constater le départ des troupes qui ont abandonné des effets militaires, calots, casques, baÎonnettes même des boîtes de marmelade ouvertes que les gamins après quelques hésitations goûteront. Le char, le camion sont disparus, VENDHUILE semble libre.

      Le soir, vers 16h, un bruit de chenilles vient de la route du CATELET : c'est une colonne de chars américains qui vient se rendre compte s'il n y' a plus d'Allemands.
      La foule se masse au carrefour pour voir arriver les libérateur ;, c'est un moment de grande joie.
Hélas, cette journée de joie est endeuillée par un accident, un char ayant viré trop court, monte sur le trottoir et coince un jeune homme du village, Emile FEDCZYSZYN contre un pylone électrique. Blessé gravement, Emile sera emmené dans une jeep qui, après avoir essuyé des tirs allemands , parviendra enfin à l'hopital. Malheureusement, Le jeune Emile y décédera le lendemain.
      Dans l'après midi, un soldat allemand arrive de LEMPIRE sur un vélo de femme, il se réfugie dans le haut du village. Après quelques coups de feu de part et d'autre, il est capturé par les FFI et sera enfermé dans la prison sur la place.
Bientôt les FFI ( Voir nos FFI)apprennent qu'une colonne de SS s'est baricadée dans une grange à TEMPLEUX LE GUERARD. Ils partent aussiôt avec le camion de la Brasserie pour aider les résistants locaux .
La colonne américaine étant repartie, après un TE DEUM à l'église par l'abbé DERMIGNY, les habitants du village se dirigent vers le monument aux morts et après avoir chanté la Marseillaise, les résistants tireront des salves d'honneur.
VENDHUILE est vraiment libre.

      Pendant quelques temps encore, les résistants garderont le pont car des allemands isolés arrivent encore de la cote et cherchent à regagner leur pays. Quelques uns seront pris, ils n'ont plus d'armes, ils sont maigres. dans leurs poches, quelques pommes chapardées dans les vergers.

      Il faudra encore attendre 10 longs mois pour voir revenir les 12 premiers prisonniers de guerre, un 13ème libéré par les russes, ne reviendra qu'en 1946.
      La vie allait reprendre tant bien que mal pour chacun. Pendant longtemps, ce sera encore la pénurie pour l'alimentation et les fournitures industrielles etc..
      Mais cette fois pour notre commune, contrairement à 1918, il 'y a pas de village à rebâtir. Depuis le 8 Mai 1945, l'orgueilleuse armée allemande est vaincue.



- - LES GUERRES COLONIALES

A peine les bruits de canon estompés, on va voir fleurir dans les mairies des affiches vantant les charmes de l'armée coloniale.

INDOCHINE

L'INDOCHINE, envahie par le JAPON (lui aussi vaincu depuis Aout I945) a besoin de jeunes soldats, un seul du village partira en EXTREME ORIENT, participer à cette guerre erre lointaine et impopulaire qui se terminera par la négociation en 1954 après le désastre de DIEN BIEN PHU.
De nombreux tirailleurs algériens sont faits prisonniers et emmenés dans des camps à la frontière chinoise. Là ils subissent un lavage de cerveau, les chinois mettent en eux le germe de la liberté et les incitent à secouer le joug colonialiste français.
Revenus chez eux, ils fourmiront l'encadrement de l'armée de libération de l'ALGERIE. (ALN)
ALGERIE

LA GUERRE D 'ALGERIE fut appelée pudiquement pendant longtemps les EVENEMIENTS D'ALGERIE.
Novembre 1954. Un couple d'instituteurs, les MONNEROT. jeunes mariés, tombe sous les balles d'un groupe de rebelles dans les AURES. Ils viennent d'arriver pour faire la classe aux petits algériens. Leur carrière s'achève avant d'avoir commencée.
Parallélement, dans toute l'AIGERIE, une série d'attentats bien synchronisés sème la panique parmi la population.
La guerre d'ALGERIE vient de commencer.
Dès 1955 des troupes seront rappelées sous les drapeaux, la 532 ; début 1956, seconde mobilisation, l'armée a la tâche de calmer la population qui est travaillée par les rebelles. Il lui faut « pacifier », tels sont les ordres.
Les troupes s'installent en quadrillage sur tout le territoire souvent sans le moindre confort et patrouillent dans les oueds et les douars à la recherche des fellagas.
Beaucoup d'appelés de VENDHUlLE, après quelques mois de classes en France ou en ALLEMAGNE, partent pour de longs mois au soleil finir leur temps de service militaire qui variera de 24 mois à 28 mois, parfois plus.
Cette génération restera marquée par l'étrangeté de cette guerre et les ambiguités de ceux qui la géraient, politiques ou militaires.
L'armée, la politique, l'OAS, les rebelles etc... on ne comprenait pas toujours ce qui se passait.
Ce conflit s'achève le 19 mars 1962 par les accords d'EV1AN, après 8 ans d'une guerre qui fit 28. 000 tués dans l'armée française.
VENDHUlLE a la chance de ne perdre aucun de ses enfants pendant cette période, malgré les coups durs, les blessures, les accidents d'armes ou de véhicules.
Une page est tournée. une fois encore la FRANCE connaît la paix.


Parallélement dans les années 1956, le MAROC et la TUNISIE accèdent à l'indépendance après quelques émeutes mais sans guerre déclarée..Quelques jeunes de VENDHUILE se souviennent de leur service militaire dans ces colonies.



- - LA VIE MUNICIPALE

VENDHUILE , tout au long de ce siècle aura été un village conservateur pour ses minicipalités avec parfois de farouches oppositions ( voir l'ancienne Mairie). En effet comme vous pourrez le constater avec la liste ci-après seulement six maires ont officié à la destinée de notre village depuis 1900. Ils ont été aidés dans leurs tâches par seize conseillers au début du siècle et ils sont dix aujourd'hui autour du maire.
Ainsi ont successivement été élus après Monsieur MAGNIEZ Georges maire jusqu'en 1908, et Monsieur LUQUET maire pendant la première guerre mondiale.
Monsieur LOISEAUX Alfred élu le 6 décembre 1919 et réélu les 17 mai 1925, 16 mai 1929, 18 mai 1935, 18 mai 1945, son dernier mandat qui s 'achèvera le 8 mai 1953 date à laquelle fût élu Monsieur QUEVREUX Louis.
Monsieur CORNAILLE Fernand lui succédera en 1977 et occupera ses fonctionsjusqu'en 1995 date à laquelle Monsieur CORNAILLE Philippe maire actuel prend les charges de premier élu de la commune.
Monsieur LOISEAUX a donc été maire pendant un peu plus de trente-deux ans avant de s'effacer et de céder sa place àlMonsieur QUEVREUX quifaisait partie de son équipe municipale, lui même passant le témoin après vingt-quatre années à l'un de ses conseillers Monsieur CORNAILLE Fernand qui tiendra le rôle de premier élu pendant dix-huit ans avant, à son tour, de laisser sa place a l'un de ses fidèles conseillers qui n'est autre que son fils Monsieur CORNAILLE Philippe.
Ces édiles ont donc apporté à la commune leur temps et leurs compétences pour que VENDHUILE soit toujours un village où ilfait bon vivre et où chacun peut trouver la place qu'il désire.



- - LA VIE PAROISSIALE

VENDHUILE ET SA PAROISSE


Catholique par tradition, la population du village a toujours vécu autour de son église. Chaque événement important de la vie est une occasion de se retrouver à l'église pour le célébrer et cela que ce soit pour le Baptème, la Profession de foi, le mariage ou l'enterrement.
Nous avons retrouvé la liste des prêtres qui ont eu en charge notre paroisse.
      1896-1911- GUSTAVE AMBOISE
      1911-1945 - EUGENE DERM1GNY
      1944-1945 - PIERRE MILAN
      1945-1951 - ROBERT CORD1ER
      1951-1961 - LAMBERT KENGEN
      1961-1967 - ANDRE VINCENT
      1967-1983 - ROBERT BLONDIAUX
      1983-1986 . HENRI LAMBERT
      1986 à nos jours - PIERRE PERROTEL
Au début du siècle, l'église (à l'emplacement actuel) domine le village. C'est une superbe construction en pierre du XIIIème siècle, dans laquelle des générations de vendholésiens ont reçu leur éducation religieuse.
Mais comme toutes les maisons du village, elle fût dynamitée par les Allemands en 1917. Dès le retour des habitants, le culte a lieu dans une baraque réservée à cet effet, longtemps après on entend encore parler (de la baraque chapelle).
En 1926, l'église actuelle dédiée à SAINT MARTIN sort de terre, elle préfigure l'arrivée du béton armé dans les constructions modernes, en effet l'architecte, JACQUES DROZ avec des vues d'avant garde fait se croiser 2 arches en béton partant des angles de l'église et se croisant au sommet, dégageant ainsi une surface sans pillier permettant une luminosité maximum.
Le clocher est lui aussi en béton armé perçé à la base des 4 faces où les horloges donnent l'heure aux villageois.
En 1929, VALENTINE REYRE commence à peindre la fresque du chœur, celle- ci représente l'apparition du CHRIST en rêve à MARTIN, soldat romain après qu'il ait donné la moitié de son manteau à un pauvre, et dans l'apparition le CHRIST porte cette moitié de manteau sur son épaule. Quant à MARTIN s'il est représenté dormant dehors, c'est par punition pour avoir endommagé une tenue militaire. Si l'on s'étonne de voir un rosier fleuri aux pieds de MARTIN, c'est une allusion à l'été de la SAINT MARTIN. Sous la fresque une inscription DIEU EST CHARITE, QUI DEMEURE DANS LA CHARITE DEMEURE EN DIEU ET DIEU EN LUI.
Sous cette fresque, on peut voir une autre peinture représentant la mort du CHRIST sur la croix, les saintes femmes au sépulcre avec l'ange.
A la même époque, le chemin de croix que l'on peut toujours admiré fut réalisé par la même artiste. Ces peintures s'achèvent en 1932.
A cette époque la foi est vive dans les campagnes, l'assistance est nombreuse aux offices, vêpres ou messes, le village est décoré lors des processions, des reposoirs sont installés dans les entrées de cour abondamment fleuries et le curé de la paroisse sous un dai porté pa r4 hommes traverse les rues tenant le saint sacrement, les communiantes et les jeunes filles de la paroisse jettent des pétales de fleurs sur le parcours.
En 1947, la statue de NOTRE DAME DE BOULOGNE traverse le village, elle représente la VIERGE MARIE tenant JESUS enfant sur son bras gauche, tous deux sont couronnés. Ils sont assis dans une barque, le tout posé sur un plateau léger, des hommes tirent cet ensemble de village en village. Sur la photo retrouvée, on reconnaît GEORGES DUMEZ, JEAN TESTELIN, RAYMOND LEFEBVRE, BRUNO MIELKAREK, GUY PION, plus loin en surpli l'Abbé CORDIER partant vers l'église de la TERRIERE, Ils sont précédés par le conseil de fabrique, pieds nus, JULES LAVALLEE, GEORGES MAGNIER, PAUL TESTELIN portant la croix.
En 1959, à l'initiative de l'Abbé KENGEN, est érigé au carrefour de la route de GILMONT un Oratoire dédié à MARIE, VIERGE DES PAUVRES ( NOTRE DAME DE BANNEUX). Fleuri régulièrement, il accueille la population de temps à autre pour une messe et le 15 août pour le chapelet.
Sur la photo, on reconnaît LOUIS QUEVREUX, Maire, accueillant MONSEIGNEUR DOUILLARD, Evêque de SOISSONS, le 7 Mai 1959, lors de l'Inauguration et la Bénédiction de l'oratoire. Autour de Monseigneur l'Evêque, on peut reconnaître quelques prêtres des environs, l'Abbé DEMONCHAUX de BELLICOURT. l'Abbé HUBERT de HONNECOURT. l'abbé GRIFFEUILLE d'HARGICOURT. l'abbé CARTON d'EPEHY. Derrière Monsieur QUEVREUX, l'Abbé KENGEN et le Chanoine LANTIN, vicaire général.


LES COMMUNAUTES RELIGIEUSES


    En 1900, un ouvroir comportant une chapelle, accueillait à VENDHUILE, en plus des enfants du village, un nombre important d'orphelins dans de vastes locaux. Il était tenu par les sœurs de SAINT VINCENT DE PAUL ( Voir la congrégation ). Elles enseignaient en plus des matières scolaires, la cuisine, la broderie, la tenue de la maison etc..
    Malheureusement en 1919, ces bâtiments n'ont pas été rebâtis et les terrains furent vendus.
Actuellement VENDHUILE accueille en ces murs une communauté de religieuses, de l'ordre des SŒURS DU CHRIST ROI, dont le siège est à PARIS. Ces soeurs sont arrivées au village en 1953 dans le dispensaire sur la berge du canal pour aider les mariniers, nombreux à l'époque, en apportant tous les soins nécessaires aux petits et grands, leur fournissant les journaux de la battelerie. Elles organisaient aussi des colonies de vacances.
Par la suite, la communauté s'installe au centre du village dans la maison de Madame BEHURELLE, propriété de l'association diocésaine. Celle-ci est plus grande et se prète mieux aux activités des Sœurs.
Celles-ci gèrent le centre de soins, se déplacent aussi à domicile pour prodiguer les soins aux malades, aux personnes agées et par la même occasion évangéliser. Elles sont très connues et appréciées dans tout le canton.
     Les sœurs organisent aussi toutes les activités de l'église, les cérémonies, baptèmes, communions, enterrements...     A l'origine, le dispensaire a été crée en 1935 par l'ingénieur des voies naviguables, Monsieur HUBERT, pour apporter les soins aux mariniers, soins dispensés par Mademoiselle COHARDY devenue plus tard Madame PROUVEUR. Celle-ci pansait plaies et bosses, accouchait les jeunes mamans, donnait les soins aux bébés. Le Docteur MENNECIER de GOUY venait donner des consultations gratuitement une fois par semaine.
Les jeunes filles de l'après 1945, s'étaient regroupées sous la bannière J.A.C (Jeunesse Agricole Catholique), comme cela se faisait un peu partout. Elles apprenaient des pièces de théatre qu'elles jouaient le dimanche à la salle paroissiale. Des bonnes volontés fabriquaient les robes et les costumes de scène et les anciens du pays se souviennent des bons moments passés à applaudir leurs jeunes talents.


L' HISTOIRE DES CLOCHES DE VENDHUILE


    L' horloge de notre clocher égrène les secondes des paroissiens. En fait, c'est Blanche Gabrielle-Zoé, qui a ainsi le privilège de rappeler l'heure aux habitants de Vendhuile. Mais qui est Blanche-Gabrielle-Zoé ?
Il y a cinquante ans, en 1929, la municipalité commandait deux cloches à la fonderie de Monsieur Armand Blanchet de Paris. Elles devaient remplacer celles volées par les allemands pendant la première guerre mondiale.
Leur inauguration eut lieu, le 03 Août de l'année suivante. A cette cérémonie assistaient Monseigneur Mennechet, évêque à l'époque, Monsieur Alfred Loiseaux, Maire, Monsieur l'Abbé Dermigny, Curé, et de nombreux Prêtres.
    -Gabrielle-Zoé est la plus petite. Elle pèse 200 kgs et porte l'inscription suivante:
Paroisse Saint Martin de Vendhuile. J'appelle les vivants. Je sonne la Paix et l'Union. Mon parrain fut Pierre Trocmet et ma marraine Blanche Trocmet. Je me nomme Blanche Gabrielle-Zoé. J'ai été bénite en août 1930. Monseigneur Mennechet étant évêque de Soissons, Monsieur Alfred Loiseaux étant Maire et Monsieur l'Abbé Dermigny étant curé de la paroisse.
    Motifs et décorations de cette cloche en médaillon relief:
Saint Joseph portant l'Enfant Jésus; Saint Michel terrassant le dragon; un crucifix; Sainte Catherine.
    L'autre, la plus grosse avec ses 500 kgs se nomme Marie-Thérèse-Jeanne-Eugénie, elle porte cette inscription:
Paroisse de Vendhuile, en souvenir des enfants de Vendhuile morts pour la France. Je me nomme Marie-Thérèse-Jeanne-Eugénie. Mon parrain fut Monsieur Xavier Leclerc et ma marraine Madame Marthe Béhurelle Luquet. J'ai été bénite en août 1930. Monseigneur Mennechet étant évêque de Soissons, Monsieur Alfred Loiseaux étant Maire et Monsieur l'Abbé Dermigny étant curé de Vendhuile.
Ecussons qui décorent cette cloche:
    Les armes de Monseigneur; le médaillon de Notre Dame du Perpétuel Secours: un crucifix; Saint Martin Evêque.
    Ces deux cloches allaient rejoindre à 20 mètres de hauteur dans le clocher la plus ancienne Espérance-Jeanne-Georgette. Celle-ci avait été offerte à la paroisse en 1919 par le Colonel Médical Corps Lucius Salisbury en souvenir des officiers et des soldats du 106 ème d'Infanterie Corps Expéditionnaire Américain 1918 qui ont combattu à Bony. Au départ, elle servit dans l'église provisoire avant de rejoindre l'actuelle qui fut inaugurée le 12 août 1928.
C'est elle, que l'on entend matin et soir, sonner l'Angélus.
        Puissent elles encore sonner longtemps.
Extraits des notes personnelles de Monsieur Jacques CORBEAU.


LES VITRAUX


Les figures représentées sur la partie nord qui ne reçoit jamais de soleil doivent se trouvées au moins à 6 mètres du sol et sont plus grandes que nature.
Par contre les panneaux inférieurs représentant les personnages des cinq mystères joyeux sont d'une plus petite taille.
Le coté sud est consacré à SAINT-MARTIN.
La composition, belle et ordonnée, le souci marqué d'instruire les fidèles, donnent un très grand intérêt à cette œuvre.
Les six verrières de chœur, quifurent posées le 23 Décembre 1929 tinrent la vedette pendant plus d'un mois lors de l'exposition d'art religieux au musée Gallièra de PARIS.






- - LE MONDE AGRICOLE


    Au début du siècle, c'est l'époque des chevaux et bœufs attelés. On compte environ un cheval pour cinq ou six hectares. Les ouvriers sont nombreux dans les fermes.
Comme dans toute la région, à VENDHUILE, il est récolté du blé, de la betterave, de l'avoine, de la luzerne pour les bêtes. Dans les étables, on trouve des vaches, des cochons, des moutons et de la volaille.
    La plupart des travaux se font à la main, les blés sont coupés à la faux ou au piquet. Ils sont rentrés en chariots et battus au fléau dans l'aire de grange. Lorsque les ouvriers rentraient la dernière voiture, ils y mettaient tout en haut un bouquet de fleurs champêtres comme le voulait la tradition et ce soir là, la patronne les régalait de tartes et de boissons. C'était le « bouquet d'août ».
    Les rendements à cette époque étaient d'environ vingt quintaux à 1'hectare avec l'apport de fumier et d'un peu d'azote.
Les premiers tracteurs font leur apparition vers 1936/1937. Ce sont des tracteurs à roues en fer ou à chenilles: les « Caterpillar », ensuite viendront les « Renault» à pneus ou les « Société Française» monocylindre.
    Les blés se coupent maintenant à la moissonneuse-lieuse. Ces blés sont mis en tas par les hommes, les femmes et les enfants dès la sortie de l'école.
A VENDHUILE, monsieur CORBEAU, entrepreneur de battage, va de ferme en ferme battre les gerbes de blé ou d'avoine et presser la paille sous forme de ballots. 1l est équipé d'une batteuse, d'une presse, actionnées par un tracteur « Société Française» de VIERZON.
    Durant la guerre de 1939/1945, le tracteur est remplacé par une locomobile à vapeur alimentée au charbon.
Après la guerre, la vie reprend dans les firmes où la pénurie et les réquisitions des occupants ont freiné le progrès. De ce fait, ce sont toujours les chevaux qui sont employés aux travaux agricoles.
Vers 1950, on commence à voir évoluer les tracteurs importés des USA, Field- Marshall, Massey-Harris, John Deere etc... Plus tard vers 1960, apparaissent les tracteurs à relevage hydraulique dont l'invention est due à l'anglais FERGUSON, mais les cylindrées restent faibles 18 à 20 cv en général.
    Dans le même temps, un gros progrés a été réalisé dans les engrais composés, qui font monter les rendements à 4O quintaux à l'hectare.
Les premières moissonneuses batteuses apparaissent vers 1950, elles sont encore tirées par tracteur, bientôt suivies de machines plus modernes, automotrices à 2,50 m de coupe. Le rendement actuel est de 90 quintaux.
    Aujourd'hui, c'est le règne du tracteur à 4 roues motrices de 100 cv et plus, tirant des charrues multi-socs.
    La betterave occupe une bonne partie de la surface cultivée. Jusqu'en 1970 environ, elle nécessitait un gros travail manuel, démariage, repassage, arrachage, chargement à la fourche.
Aujourd'hui grâce à la graine monogerme sélectionnée, la betterave pousse «placée». Elle ne nécessite ni démariage, ni sarclage.. le desherbage se fait par pulvérisation. L'arrachage- chargement se fait par une seule machine et les betteraves stockées en bordure de route sont transportées en camion. Le rendement moyen est d'environ 90 tonnes à l'hectare contre 4O tonnes avant guerre.
Le maïs fait son apparition vers 1960, il est stocké pour l'alimentation des bêtes, le surplus étant livré à la coopérative.
En 1946, un cultivateur du village, Monsieur QUEVREUX revenant de captivité, introduit une nouvelle culture: l'endive ; e'est un précurseur en ce domaine.
Dès la première année, il exploite 6 hectares d'endive,s que 6 Belges qu'il a fait venir, aidés d'une vingtaine de femmes, feront pousser dans des couches chauffées à la vapeur. Cette culture va prendre un essor considérable pendant quelques décennies pour diminuer ensuite.
En 1958, Monsieur BOUTON investit près du canal. Il installe des serres dans lesquelles. il fait pousser salades, concombres, tomates,.. Cette industrie a aujourd'hui disparue.
Actuellement, une entreprise locale exploite la culture des endives industriellement dans les locaux de l'ancienne papeterie.
On compte aussi une porcherie industrielle prés du canal. Des 15 fermes du début du siècle, il ne reste aujourd'hui que 7 exploitants pour 1018 hectares.
Suite à deux remembrements, le dernier en 1984 lors du passage de l'autoroute A26, les petits champs ont été rassemblés en de grandes pièces facilitant ainsi le travail de la terre avec les moyens modernes, mais hélas, faisant disparaître en même temps bon nombre de talus et fossés où se réfugiait le gibier et qui régulaient les arrivées massives d'eau dans le cas de gros orages.



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- - - LES ASSOCIATIONS.


LA GAULE DE VENDHUILE


     Association agrée de pêche et de protection du milieu aquatique, rattachée à la fédération de pêche du département de l'AISNE, cette association est sans conteste l'une des plus anciennes du village et la seule qui soit restée en activité sans interruption, même pendant la seconde guerre mondiale.
Déclarée en sous-préfecture de SAINT QUENTIN. le 27.07.1927, elle autorise le droit de pêcher à tout titulaire d'une carte de pêche, sans limite d'âge.
En fonction de l'âge des pêcheurs, plusieurs tarifs sont pratiqués :
     par exemple pour l'année 2000.
     1) jusque 16 ans, une cotisation de 10 F donne le droit à une seule ligne
     2) une carte « jeune» au prix de 135 F donne droit à plusieurs lignes
     3) un tarif préférentiel a pour but d'attirer les jeunes à la pêche
     4) puis une carte normale à 2 tarifs suivant le type de pêche.

L'association détient et gère les droits de pêche, participe à la protection des milieux aquatiques, gère les réserves de pêche, entretient les abords des lieux de pêche, assure la surveillance du braconnage et le contrôle des cartes par 2 gardes assermentés.
Elle assure en temps voulu, le réempoissonnement et cela de manière régulière. Dans le but de faciliter le stationnement des voitures au plu sprès, l'association a acquis récemment un terrain, route d' Ossu et y a aménagé un parking. De là, les pêcheurs rejoignent le bras mort en longeant le canal LAURENT.
En ce qui concerne le budget et bien que bénéficiant d'une subvention municipale bienvenue et appréciée, le trésorier doit jouer serré. Car il faut savoir par exemple que sur une carte à 230 F, seulement 70 F reviennent à la caisse, le reste se perd en taxes diverses.
Une fois l'an, la pêche est gratuite pendant un week end, en général au mois de mai.
     Ces dernières années, un important travail de déboisement et d'aménagement a été réalisé au « bras-mort » par les chantiers école des « berges du canal ». Le résultat en est spectaculaire et très apprécié par tous, le « bras-mort» étant aussi un endroit de promenade et de détente.
De temps à autre, des promeneurs ne connaissant pas les lieux, demandent: Où est le bras mort ?. Pourquoi le bras-mort ?
A la suite à la grande guerre, la configuration du village a beaucoup changé: création de la rue neuve, modifications diverses apportées. Le tracé du canal a lui aussi été modifié, redressé tel qu'on peut le voir aujourd'hui avec pour témoin les grands murs arcades qui soutiennent la terre de la butte.
Le coude que faisait le canal au centre du village a été gardé pour y aménager un port, toujours en service aujourd'hui.
Le deuxième coude au nord ouest du village, qui contournait la butte, fût laissé en eau et baptisé le bras mort, appelé aussi « le vieux canal» par les anciens du village, une partie appelée l'étang servant de réserve.
Lorsque le niveau d'eau baisse, on peut encore voir émerger de la vase de nombreux poteaux en chène qui soutenaient les glissières et divers équipements de l'époque.
Bien que la pêche à la ligne soit une activité de détente, l'association n'en est pas moins active et permet aux adhérents de se retrouver dans un esprit de camaraderie dans la joie et la bonne humeur, tout en pratiquant leur loisir préféré.
Quelques grosses prises furent remontées du canal, par exemple des brochets de 13 livres, des sandres de10 livres, des carpes de 9 livres, des tanches de 6 livres, des records ont peut être été battus mais ceux-ci n'ont pas été divulgués, afin de préserver les emplacements prolifiques.

ASSOCIATION DES ANCIENS COMBATTANTS.


A l'issue du premier conflit mondial de 1914-1918, les rescapés de ce terrible enfer, eurent envie de rester dams cette atmosphère de camaraderie et de fraternité à laquelle les avait habitués la vie au front. Les dangers quotidiens, la perte de leurs camarades blessés ou tués, les avaient beaucoup rapprochés, toutes classes confondues.
Dans ce but, partout en France, sous l'égide du Père BROTTIER. et de Georges CLEMENCEAU , se créérent des amicales d'anciens combattants. Elles s'efforçaient d'aider à la réinsertion des innombrables blessés, gazés, handicapés, mutilés de toutes sortes, d'assister les veuves de guerre et les orphelins de cet abominable conflit qu'ils n'avaient pas voulu. Leur devise était « Unis comme au front ».
     Une phrase revenait aussi, souvent, à l'époque, « non, plus jamais cela ». Hélas, ils furent rattrapés par l'histoire, 20 ans plus tard.
     A VENDHUILE, donc se créa la première amicale d'anciens combattants qui s'efforça de transmettre aux jeunes générations ce devoir de mémoire et d'histoire. Dans ce but, à chaque fête patriotique, ces anciens sortaient, drapeau en tête, tenu par Monsieur Jean CAYET, rescapé lui aussi de cet affrontement, peut être glorieux mais combien douloureux. JEAN CAYET avait perdu une jambe, l'usage d'un bras et avait encore dans le dos une balle allemande trop délicate à extraire.
     Les anciens allaient donc honorer leurs 57 camarades disparus au cours de ces 4 années de guerre et dont les noms sont gravés sur le monument aux morts.
L'association tombée un peu en sommeil entre les 2 guerres, reprit vigueur après le retour desprisonniers de guerre en 1945. Il est à signaler que le dernier porte drapeau de la grande guerre, Monsieur Anselme LEOPOLD porta l'emblème jusqu'à un âge avancé puisqu' il nous quitta à l'âge de 99 ans passé. Il est d'ailleurs enterré avec son drapeau.
Aujourd'hui, il ne reste que 3 anciens de la guerre 1939-1945. Les anciens combattants d'AFRIQUE DU NORD ont pris le relais sous le sigle UNC (UNION NATIONALE des COMBATTANT) qui englobe également « SOLDATS de FRANCE» pour les nouvelles générations.
Ainsi se perpetue ce devoir de mémoire: faire savoir que si nous sommes libres, des hommes ont souffert et sont tombés pour cela.
L'association a aussi pour but, de faire valoir les droits des anciens combattants. Aussi peut-on voir à l'occasion des fêtes du 8 Mai ou du 11 Novembre, des remises de récompenses, de titres de reconnaissance de la nation, cartes du combattant et les décorations qui en découlent.
     Le drapeau est tenu par un ancien d'INDOCHINE qui participe à toutes les sorties officielles ou enterrements de camarades.
     Une amicale ambiance règne au sein de cette association gérée par une équipe dévouée et généreuse .

L'AGE HEUREUX


L 'AGE HEUREUX de VENDHUILE voit le jour en I989 après la dissolution d'Amitiés et Loisirs, association crée sous la houlette de la municipalité, destinée à organiser les animations villageoises.
     Sous la présidence de Madame Irène DENIZON, l'AGE HEUREUX débute une période d'activités centrées sur les désirs des aînés de notre village.
     Anniversaires, expositions ventes et thés dansants rythment alors la vie de l'association pendant ses dix années d'existence.
     Ces manifestations se multiplient grâce à la disponibilité, la gentillesse et au savoir ffaire de toutes les bonnes volontés, ces sympathisants, adhérents, commerçants, particuliers, qui acceptent chaque fois de consacrer de leur temps et de leur argent, au service des repas, à la confection des objets mis en vente et à l'organisation des sorties.
     Les bénéfices de ces actions financent intégralement ces sorties et l'organisation des agapes de l'AGE HEUREUX.
Ainsi, depuis sa création, tous les mercredi après-midi, une trentaine d'adhérents (sur soixante-seize) se retrouvent régulièrement à la salle des réunions, dans l'enceinte de l'école, pour jouer aux cartes, au scrabble, fêter l'anniversaire d'un adhérent ou célébrer les fêtes du calendrier (Epiphanie, Mardi-gras, .).
De même, les Hortillonnages d'AMIENS, le Fleury, Tahiti Soleil de PARIS, la Ferme du Buisson, le Verger Pilote, Le Père Mathieu, les blockhaus d'EPERLECQUES n'ont désormais plus de secret pour les participants des voyages organisés par l'AGE HEUREUX Chacun espère que l'an 2000 verra cette association prospère, accueillir de plus jeunes adhérents pour assurer la relève et la pérenniser.

ASSOCIATION DES POMPIERS VOLONTAIRES DE VENDHUILE


     Par le passé, VENDHU1LE avait comme tous les villages une équipe de pompiers volontaires pour lutter contre les incendies éventuels de granges, de maisons ou de moissons.
Autour de leur chef, le lieutenant GASTON ROBERT, ils avaient la lourde tâche d'éteindre les feux et protéger les maisons avoisinnantes. Leur matériel, à l'époque, se résumait à une pompe à bras actionnée par 2 ou 4 hommes, aux abords du canal ou du port, ils branchaient les tuyaux directement dans l'eau. Quand l'intervention se faisait plus loin, ils branchaient dans les citernes alentour ou les abreuvoirs pendant que l'on déroulait les tuyaux.
Une de leur dernière intervention fût d'éteindre un incendie dans la ferme de Monsieur TROCMET dans les années 1950, lefeu ayant pris dans la grange où était entreposée la récolte.
Cette pompe était remisée dans un local derrière la Mairie et les tuyaux suspendus sous le préau de l'école. Vers les années 50, la lutte contre les incendies et sinistres divers fût confiée aux pompiers de BEAUREVO1R. Cette unité disposant de camions avec réserve d'eau et de matériels modernes et efficaces. Ils interviennent aussi lors d'accidents divers, dans les champs, les ateliers, sur les routes. Ils neutralisent nids de guèpes, nids d'abeilles. Depuis 1960, VENDHUILE dispose d'un réseau d'eau et de bornes d'incendie plus faciles à mettre en œuvre en cas de besoin.

ASSOCIATION « PATRONAGE SAINT VINCENT DE PAUL» SECTION MUSICALE


     On sait peu de choses sur cette harmonie ( Voir la photo de 1903)qui a existé dans notre village jusqu 'aux années 1939 -1940. Les plus anciens se souviennent des concerts donnés sur la place le jour de la Fête du village et qui attiraient du monde.
Dirigée par Monsieur CHARLES P1ERRAS, les musiciens répétaient dans une baraque qui leur était attribuée, rue de Gilmont. Par la suite, la baguette passa dans les mains de Monsieur HECTOR DECARNELLE.
     La guerre arrêta cette activité et malheureusement elle ne fût pas relancée après 1945, peut être par manque d'effectif s ou d'une formation d'élèves insuffisante.
Les sorties ne manquaient pas de chaleur, les jours de fête l'harmonie après le concert donnait une aubade devant chaque bistrot avant de se désaltérer, bien sûr. Il est vrai qu'aujourd'hui les bistrots ont également disparu.
     Qui pourrait reconnaître lm membre de sa famille sur cette photo de 1903 ?




- - Remerciements


           Nous remercions vivement tous ceux sans lesquels cet ouvrage n'aurait jamais existé:
           _ Toutes les personnes qui ont mis à notre disposition photos, cartes postales, objets divers ;
          _ Toutes celles qui nous ont apporté leurs précieux témoignages
          _ Messieurs Jacques Corbeau, avec l'aimable autorisation de sa maman, Edmond Petit, André et Régis Dumez pour leur documentation personnelle.
          _ Tous ceux sans lesquels notre accès n'aurait pas été possible aux archives municipales, départementales, paroissiales et diocésaines.
          _ La Société académique de Saint-Quentin pour son aide précieuse.
          _ L'Aisne Nouvelle, Le Guetteur de l'Aisne, les bulletins paroissiaux d'où sont tirés certains documents.
          _ Enfin tous ceux et toutes celles qui nous ont soutenu dans notre action.
La Rédaction