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L'histoire des Normands (Gesta Normannorum)
par Dudon de Saint Quentin



Considering tales from the Norman History by Dudo of St. Quentin
Tout dépend de ce qui est enseigné !
Les écrits qui suivent proviennent de l' histoire des Normands (Gesta Normannorum) de Dudon de Saint Quentin, un des premiers historiens de notre pays . L'histoire des Normands a été rédigé vers 1015, et retrace l'histoire d'un bandit et de la dynastie qu'il fonda en Normandie au 10ème siècle . La famille royale britannique descend de lui aussi par Guillaume le conquérant .
      Les récits qui suivent sont tirés de l'oeuvre de Dudon, rédigés en Latin vers 1015. Ils ne constituent que de minces extraits de cet ouvrage devenu un classique .
Selon l'auteur anglais : Tormod Kinnes

Table des matières

Première partie : L'époque et les sources historiques
  1. L'oeuvre de Dudon et son objet .
  2. Les Vikings connaissaient la légende d'Icare
  3. Une page sinistre dans l'histoire de l'Europe
Seconde partie: Le récit de Dudon
  1. Rollon largue les voiles
  2. La vision de Rollon sur la montagne .
  3. Toutes voiles dehors vers les côtes de France, au début du printemps .
  4. Rollon et ses hommes pénètrent en Hollande et dans d'autres contrées retirées.
  5. L'arrivée en Normandie
  6. Le mode de vie des Vikings
  7. Cartes et liens
  8. Références et notes
Frieze
Take care:

L'ouvrage de Dudon et son sujet .

Hagar the Horrible
Hagar (du Nord) . Bienvenue au monde de la brutalité viking.
Ces récits font partie de la mémoire des principales dynasties régnantes de l'histoire du monde . Elles remontent à l'époque des Viking ( 893-1066), quand ceux-ci pillèrent et prirent possession de plusieurs régions d'Europe où ils implantèrent des coutumes qui ouvrirent la voie à la féodalité.
       La majeure partie de cette mémoire repose sur les "faits rapportés par le chroniqueur Dudon de Saint Quentin" et fut composée dans la province de Normandie occupée par des tribus scandinaves vers l'an 1000, à la demande de ducs descendant du grand viking Rollon . Dudon n'est pas considéré comme un historien précis et fiable mais il est quasiment le seul à avoir rapporté ces faits et légendes .
       La dynastie de Normandie ne fut certainement pas aussi cruelle que celle qu'il a décrite . Les faits restent à prouver. Les " prouesses " des envahisseurs accréditèrent cependant dans de nombreuses contrées l'image de pilleurs, voleurs et de bandits errants au cours d'une période de grandes difficultés. Puis les Normands partirent plus loin . La section suivante est extraite d'un livre sur les Normands fait par un historien moderne .

Les Normands

Parmi les siècles d'histoire de l'Occident, c'est surement le onzième qui est le plus intéressant et le plus passionnant. Une des raisons les plus sérieuses vient de la mobilité stupéfiante des conquérants vikings. Ne donnent-ils pas l'impression d'arriver de partout à la fois ?
      Les dernières années du 10ème et le 11ème siècle virent l'arrivée d'un Nouveau Monde de braves au Nord de la France qui donnera naissance à la civilisation médiévale et au monachisme dit "Hildebrandin" dans l'empire chrétien d'Occident. La Chrétienté ne fut pas oubliée pourtant mais cantonnée au royaume des théories plutôt aux dures réalités politiques . Les Hongrois étaient hors les murs ; une main de fer et un seigneur protecteur régnait par la volonté divine .. sur la Normandie.
      Les normands, descendants de Gange-Rolv et de ses compagnons, par la suite assimilés avec des peuples formaient un peuple plus ou moins détesté et, par là, condamné à être de bons administrateurs, à construire des places fortes, à bien gouverner et à se battre .
Ils implanteront pourtant les écoles monastiques dans le nord de la France, introduiront l'enseignement du Grec et les arts et feront évoluer l'architecture des cathédrales romanes vers vers plus de simplicité au travers de l'art romaniesque .
     Plusieurs des grandes églises des envahisseurs vikings sont toujours là pour nous émerveiller, alors même qu'aucune église n'était encore bâtie en Norvège . -
      Parmi les évolutions qu'on peut leur attribuer, il faut citer : prospérité économique, essor ecclésial, l'arrivée d'une nouvelle aristocratie, un fort degré d'indépendance .
      Un chroniqueur de l'époque a écrit " Le monde...s'habillait dans une robe blanche d'églises.. "
      Les jeunes étaient éduqués et entraînés pour la guerre et la conquête terrestre.
Ils se lèvent de tous les confins de l'Europe pour reprendre Jerusalem... dans l'orgie d'un bain de sang.
      Ils furent tout à la fois d'excellents adopteurs et adoptés. Les Normands devinrent des marins aux longs cours , prospérérent dans la mesure même de ce grand siècle d'émigration que fut le onzièeme. Leurs caractéristiques : dynamisme et capacité d'sssimilation s'orientèrent vers la fin vers l'intellectualisme .
      Ils eurent la part du lion dans toutes les réalisations et développements du 11ème siècle et particulièrement dans leurs propres conquêtes, qui constituent une partie essentielle de l'expansion géographique de l'Europe de l'Ouest en cette période .
      Ils firent de la Normandie l'un des plus puissants Etats de la Chrétienté romaine et l'une des principautés féodales les plus puissantes de France, alors que cette région n'était que ruines à leur arrivée. L'influence Viking et les coutumes s'implantèrent durablement . Rollon et ses successeurs, comme occupants de la Normandie, reçurent le titre de Comte, les droits et d'immenses domaines .
      Ils conquirent l'Angleterre en 1066.
      Pénétrèrent à cheval dans les pays de Galles , Ecosse et Irlande .
      Ils firent la conquête du sud de l'Italie et de la Sicile , soit une suite d'exploits plus longue que ce que les Anglais réalisèrent . Toute l'Italie du Sud passa même sous domination normande.
      Ils réalisèrent la plus prodigieuse entreprise à caractère privée rapportée dans tout le Moyen-Age et le monde civilisé.
          Par le mélange de la violence et de la piété, ils devinrent des chevaliers croisés.
      Par des prouesses militaires sans pareils, ils s'accaparèrent le sud de l'Europe. Un prince lombard déclara :
" Avant eux, l'ennemi n'était qu'une pâture pour lion " .
      Par des succès quasi impensables, ils règnèrent comme des souverains orientaux sur les pays les plus riches, les plus puissants et les plus développés en culture et technique de tout le monde chrétien.
      Ils devinrent des assoiffés de guerre, aristocrates alliant l'esprit chevaleresque avec le culte de la violence, des conquérants individualistes sans scrupules .
      Bagarreurs et riches méditerranéens,ils déboulèrent vers l'Italie du sud sans précipitation " à travers champs et jardins... heureux et joyeux sur leurs montures .. pour chercher fortune ".
      Quelques uns eurent de brillants succès et même des bénédictions et récompenses du pape. Quand un " sunnmørsarvtaker " Viking mourrait, son épitaphe le célébrait généralement comme " la terreur du monde". Un autre reçut l'onction royale à Palerme, comme monarque de Sicile, Apulie et Calabre , comme , après lui, ses descendants.
      Ils furent dans l'avant garde de la Première croisade, avec un important contingent de Normandie et d'autres normands, encore plus puissants de l'Italie et de la Sicile.
      Une principauté normande fut établie à Antioche qui devint le plus puissant et le meilleur des royaumes chrétiens d'orient .
      Le 11ème siècle fut pour une grande part le siècle des Normands. Vers sa fin, une chaîne d'Etats normands allait de l'Atlantique jusqu'aux côtes orientales de la Méditerannée , tous forts , tous efficaces et tous combinant les règles nouvelles de chevalerie avec une grande détermination .

Ces Sinistres Vikings dans leurs coquilles de noix.

Ce que dit Dudon de ces paiens forcenés, ravageurs avant l'arrivée de Rollon.-
fig
"Grossier et féroce !
             - moi ?        Bah !"
Cruels et têtus, d'une extrême férocité et dureté,
pillards, grossiers, insolents, impies, inconstants, braillards ,
sans fois ni lois ,
jouant avec la mort,
rudes, toujours aggressifs,
rebelles; traitres et suppôts du diable,
ces hypocrites à double face, sans dieu, sont aussi arrogants, séducteurs et tricheurs invétérés,

de la racaille, lubrique, débridée et incorrigible
osant présenter aux hauteurs du ciel des monceaux de ruines et des abîmes de perfidies !

Ce sont les pires de toutes les créatures !.
[Du Ch. 2)

Une de ces crapules s'appelait Anstign. Il fit un traité avec le roi des francs vers 875. Mais auparavant on raconte :
       qu'un jour Anstign décida :
       " Les vents que nous avons espérés, arrivent et nous ouvrent la voie. Allons à Rome et soumettons la comme nous avons soumis la France ".
       Il arriva devant une cité et pensa que c'était Rome . Il dit :
       "A la nuit tombée, faites savoir au prélat et au comte que je suis mort et qu'il est formulé la requête très sincèrement et avec des flots de larmes que je sois enterré, comme un néophyte, en leur ville. "
       Anstign dit aussi à ses compagnons:
       "Faites un cerceuil et placez moi dessus comme si j'étais mort. Mettez mes armes à l'intérieur puis mettez moi à l'intérieur et lamentez vous tous autour . "
       Les habitants de la ville pensèrent qu'il était mort et donnèrent leur accord pour l'inhumer dans le cimetière de l'église de la ville. C'étaient de braves gens qui espéraient une cérémonie et des récompenses et n'imaginaient pas le piège mortel qui se trâmait. Ils voulurent participer aux chants. A ce moment, Anstign jaillit de la bière et dégaina son épée. Il attaqua le prélat qui tenait un livre en main. Il le tua de sang froid devant tout le clergé sans défense.
       Les paiens bloquèrent les portes et personne ne put sortir . En un instant, les paiens les massacrèrent , comme des loups au milieu de brebis. Les femmes versèrent des larmes en vain. Les jeunes hommes et les jeunes servantes furent attachés avec des lanières . Ce fut leur dernier jour à tous. Tous exterminés de la plus cruelle manière.
       Quand Anstign apprit que ce n'était pas Rome, il dit en colère :
       " que l'on pille toute la province et brûle la ville " [Extrait du Ch. 2)
point
       D'un tel citoyen, on disait en Norvège : " il n'est pas gentil " . C'était bien le fond de l'affaire !.

La suite de l'histoire.

Si nous nous fions au clerc Dudon de Saint Quentin, ce fut sur demande du Duc Richard 1er de Normandie qu'il fut commissionné à rédiger l'histoire des Normands. Cette tâche fut entamée vers 996 ou 1002, deux années avant la mort de Richard. Richard est enterré dans le monastère de Fécamp . Après la disparition de Richard, Dudon continua d'être appuyé par d'autres membres de la famille ducale afin de parachever son oeuvre .
       Dudon nous est connu car il fut non seulement l'historien des Normands mais aussi le Père-abbé de Saint Quentin où il est né en 965 . Il fut envoyé auprès de Richard 1er vers 986 par Albert le Pieux, Comte du Vermandois mais aussi clerc de son état et fondateur de l'Abbaye de Homblières. Au cours de son premier séjour, Dudon fit bonne impression et c'est pourquoi il retourna en Normandie pour écrire l'Histoire des Normands . La rédaction dura vraisemblablement de 1015 à 1030. Son Historia Normannorum, ou Libri III de moribus et actis primorum Normanniae ducum, fut dédiée à Adalberon, évêque de Laon et personnage ecclésiastique très éminent dans notre histoire car très proche des carolingiens et des capétiens. Il ne semble pas que Dudon ait pu consulter aucune source écrite et son information fut certainement entièrement orale , dont une grande partie fut rapportée par Raoul, Comte d'Ivry, demi-frère de Richard Ier. De ce fait, nombreux sont les critiques qui considèrent les faits rapportés comme romancés. Quoi qu'il en soit, c'est de cette branche familiale que descendra Guillaume, le vainqueur d'Hastings et conquérant de l'Angleterre.
       On sait aussi de la vie de Dudon qu'après avoir fini son récit ( vers 1015), il fut promu "decanus" de Saint Quentin , puis Aldaberon le promu "canonicus" (canon) toujours à Saint Quentin. Le terme de "capellanus" (chaplain) fut aussi utilisé pour lui par Richard 11 à la cour des Ducs de Normandie.
.
       Le texte de l'histoire des Vikings de Normandie se retrouve dans plusieurs manuscrits qui diffèrent tous d'une manière ou d'une autre. La plupart d'entre-eux fut écrit aux 11ème et 12ème quand la Gesta Normannorum fut largement diffusée par les Normands de manière forte, dans plusieurs contrées occupées et ce avant que ceux-ci ne fussent dispersés. (
       La traduction dont nous tirons des extraits est une copie de la seconde moitié du 11ème écrite au Mont Saint Michel, à la limite entre la Normandie et la Bretagne . C'est une traduction certainement faite directement à partir du texte de Dudon. La Gesta Normannorum, et cette version arrivent à concilier plusieurs aspects contradictoires. La restitution des ouvrages du Moyen-Age n'est toutefois pas chose aisée en raison des imprécisions et erreurs d'interprétations faites à 1000 années de distance .
From the Gesta 
Normannorum, the norman history  

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Les Vikings connaissait la légende d'Icare.

Flower Icare est la figure emblématique de la transcendance artistique et de l'intellectuel supérieur . Dudon en parle au chapitre 4 .

L'Ile de Crète , appelé jadis " l'ile aux mille villes " du fait de sa densité de population sur un sol fertile. De cette vieille terre, un père et son fils tentèrent de s'échapper à l'aide d'ailes de plumes et de cire. Le premier se nommait Dédale et le second Icare. .
       Dédale parvint à s'envoler mais son fils voulut voler plus haut si bien que la cire se mit à fondre, à faire tomber les plumes et à entraîner la noyade de l'intrépide. [Cf. Gk]
       Le poème suivant contient l'essentiel du Chapitre 4 de Dudon.


Poème

En scène , voilà les hauts faits à relater
de Rollon , pour toi qui atteint la maturité .

Apprends, toi aussi, à lancer tes ailes dans le ciel
vers l'infini.
D' Icare ne fait pas copie
si tu veux réaliser les voeux de ton coeur .

Saisi les propriétés et l'harmonie de la diversité
qui maintient l'espace en trois états.
Apprends à jouer parmi les cygnes .
réussis par des chants d'oiseaux légers ,
Maîtrise les mélodies les plus douces et aimables .

Prends conseils, jeune homme.
Par eux, tu pourras te défendre ,
et te sauver de nombreux pièges .

Tourne maintenant les intentions de ton coeur vers le dieu des tonnerres ,
Que Dieu, pas à pas, te mène,
te retienne au dessus des abimes
et te guide vers les seules terres d'abondance.

Le sujet nouveau nous déchire -
et assurément peut désoler
donner forme à toute chose ,
et élever l'entendement

Quoi de plus formidable que cette force intérieure qui peut produire ,
en quantité et plénitude.


Des mètres et de la haute prose .

Restituer des textes poètiques ressemble à de nouveaux germes et de nouvelles tiges sur des vieilles racines et de vieux troncs. L'original qui est repris reste souvent impénétrable et il en résulte que la tentative de tranmission ne peut pas être exacte, qu'à tout le moins l'esprit en soit intelligible aujourd'hui !
       Une grande partie de ce que Dudon a écrit se compose d'alternances de prose rythmée avec des vers métrés . Par là, Dudon cherhait une forme d'expression originale qui n'est pas sans créer des ambiguités à plusieurs endroits du texte. Sur ce point, un élève en doctorat : Felice Lifshitz a osé avancer:
" Tout au long des diffusions et même dans les premières copies, les parties en vers de la narration qui sont fort obscures, ont été retirées pour ne garder que les parties en prose . C'est pourquoi, j'ai tenté de restituer le texte en vers sans métrique, ni rythme ni prosodie. " [de Lifshitz Gesta Normannorum, ]


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Une sinistre époque de l'histoire européenne .

Cette présentation trouve ses sources dans le chapitre 5 de la Gesta Normannorum. Les envahisseurs scandinaves qui ont asservi les îles britanniques et le nord de la France auraient été des amoureux de la littérature classique et de fidéles et bons batisseurs.. On demande qu'à le croire, mais sans doute pas tous....


Les ducs Hardy conquèrent la Sicile.... Un bienfait

Consacré par l'onction royale après sa conversion et son baptême pour une vie religieuse beaucoup plus contemplative que celle des chrétiens d'aujourd'hui, aidé pour celà par les interminables prières du peuple chrétien qu'il asservit, Rollon et sa dynastie de soldats fut légitimé socialement et certains se considèrent même comme élevés au rang des divins.
       La Normandie fut rebâtie avec des soins de nordiques . Beaucoup de bâtisses furent crènelés ou fortifiés dans le but de fixer les maraudeurs, faire des places fortes, des forteresses et des défenses.
       Grâce à cette vision administrative, bien plus efficace que d'autres il est vraisemblable que ce fut toute la France qui fut sauvée car les temps étaient sans pitié.
       L' Historien R. Brown dit que la Normandie fut reconstruite à nouveau ; la province prit ainsi de l'importance , sous la gouverne de normands. Ils adoptèrent des coutumes franques, mirent de somptueuses toilettes, finirent par être avec le temps parfaitement intégrés et quelques un d'entre eux aiièrent piller le sud de l'Italie et la Sicile, avec la bénédiction naturelle du pape .
       Les normands chevauchèrent à travers l'Italie et soumirent une bonne moitié de la botte et installèrent une nouvelle dynastie normande avec Palerme comme capitale . Cela convenait tout à fait à un peuple issu de marins .
       Ils se saisirent de la littérature que les arabes avaient su préserver qui rassemblaient les classiques grecs dont les livres oubliés d'Aristote. Les Normands ramenèrent chez eux ces trésors ainsi que l'architecture romane . Beaucoup de ces manuscrits en bon état furent ramenés dans les églises des abbayes et autant y furent restaurés, ce qui ouvrit la voie, bien après, à la Renaissance .
       Avant d'en arriver là, il furent des dirigeants habiles et des administrateurs avisés pour l'époque qui solidifièrent leurs fiefs et firent mieux que de seulement copier l'art roman . Ils créèrent un style plus robuste, plus adapté qui résista bien au temps. Plusieurs de ces monuments en France et Angleterre, dans le sud de l'Italie sont caractérisés par le label d'architecture "normande" qui se pose comme une variante du romanesque. Ce genre de bâtiment devint privilégié. La Tour de Londres en est un exemple comme la Cathédrale Lincoln. Ces puissantes bâtisses traduisent bien le souci principal du temps de pouvoir résister à des attaques ennemis. Ce que les normands entreprirent devaient resister mieux et même les fondations devaient avoir le même destin que les habitants de Normandie avant eux : résister à la mort des fils et des neveux .
       Ces administrateurs firent mieux que d'abolir les coutumes de Normandie. Ils les régulèrent et les confirmèrent, pénétrèrent les usages et apprirent à s'en servir pour les modeler. Ils réalisèrent un parfait mixage et furent exemplaires dans cette oeuvre .


Plusieurs générations bénéficièrent de l'apport des Normands.

Comme les assauts en ce temps étaient d'une extrême violence et les dégats terribles, il était nécessaire de préparer les moyens de défenses pendant les périodes de paix, construire des fortifications capables de tenir face à plus d'une ou deux attaques. En mettant en oeuvre ces mesures , les normands avec l'instauration d'une paix durable gagnèrent leurs galons pour leur droit à la souveraineté. N'avaient-ils pas combattu pour la paix dans les périodes de calme comme avec les armes ? Pour ce faire, les normands connaissaient divers moyens alors que les autres peuples n'avaient atteint en ce domaine que l'age de la puberté et ne savaient guère se défendre que par des moyens de guerilla . Par manque de défenses robustes, les âmes insoumises se ravisèrent ; ne valait-il pas mieux devant un futur incertain admettre que sous la poigne des Normands tout irait mieux ? Tel était le dilemme de l'époque . Certains rêvaient d'espoirs inaccesibles, d'autres géraient un quotidien, le mieux qu'ils pouvaient, plein de doutes, le plus grand nombre était taillé en pièces par les barbares .
       Les lois imposées par les normands étaient presque bienvenues, bien qu'elles ne furent que peu édulcorées même si elles adoptèrent la langue franque et une grande quantité de coutumes . Elles gardèrent l'esprit viking . Cela produira la chevalerie et un certain romantisme qu'il nous plait de reconnaître à ces membres.
       Mais commençons par le début. En premier arriva Rollon le marin des mers du nord. Il fonda la dynastie régnante que Charles le simple , le roi franc, lui accorda. C'était pour lui un choix stratégique puisque par là, Rollon et ses hommes, maintenant convertis, auraient à défendre l'embouchure de la Seine et donc Paris, ce qu'ils réalisèrent assez bien, étant maîtres en la matière.
       Ainsi peu de générations après Rollon, le clerc Dudon écrivit l'histoire des Normands en un latin ampoulé comme elle lui fit rapportée. Les indications de lieux qu'il n'avait pas visités ou qui étaient pas localisables voire disparus du fait même des imprécisions sont pour la pluspart peu fiables pour les historiens . Il y a cependant aussi des points véridiques et significatifs dans le texte auxquels il faut accorder toute notre attention car, si Dudon a rédigé sa chronique un siècle après les faits de Rollon, l'autre source principale de connaisance de la Saga des Rois Norvégiens faite par l'Islandais Snorre Sturlason remonte au 13ème siècle soit deux siècles après . En outre, Dudon est crédible lorsqu'il parle des évènements de années proches de l'an 1000 puisqu'il en était témoin. Sa langue latine versifiée restitue aussi les senteurs de cette époque . Elle donne à l'oeuvre un caractère d'authenticité très plaisant en regard des textes de facture aristocratique et de pensée primaire qui forment les sagas nordiques.


Les homélies de Dudon.

Dans le pays des Daces, vivait, en ce temps là, un vieil homme qui n'avait jamais baissé la tête devant aucun roi. Il règnait sur presque tout le pays de Dacie.
       Il revendiquait aussi les pays voisins de la Dacie et de l'Alanie. et arriva à soumettre à son pouvoir les peuples de ces pays après plusieurs batailles. Il était le plus puissant et sa rapacité était plus grande que celle de tous ses rivaux et il devint le plus remarquable du fait du surcroît de talent qui s'ajoutait à toutes ses vertus.
       Quand il mourrut , ses fils continuèrent. Ils étaient animés de la même vigueur. C'était une qualité athlétique normande, a écrit l'historien Woodward, qui les rendait très aptes à la guerre, ce qui est aussi une caractéristique des Normands reconnue par cet historien et ses nombreux confrères.
       Ils étaient beaux à voir et ils émerveillèrent les populations du sud de l'Italie avec leurs yeux bleus et leurs chevelures d'or.
       Rollon et se frères furent aussi reconnus comme des esprits intrépides. Cette disposition était certainement nécessaire sur les côtes de Norvège. Rollon était l'ainé.
       Si l'on se réfère aux sagas, l'histoire diffère mais reste très proche cependant. I
       Il est parlé là d'un bannissement . Dudon évoque aussi l'exil de ces jeunes de la Dacie sur ordre royal et on sent bien que l'attention à la défense et au service permanent résultèrent de pillages et de l'impérative nécessité de préserver les biens et les situations.
       Les choses étant ce qu'elles étaient, nombreux se contentaient de propos rapportés à condition qu'ils n'atteignent pas leurs oreilles. Il n'y avait pas de journaux ni de code de déontologie pour les reporters de l'époque.
       D'une manière générale, c'étaient les maraudeurs les plus violents qui s'accaparaient le pouvoir et les écrivains leur lêchaient les bottes . Il se peut donc que la vraie histoire des Morings était plus flatteuse que celle rapportée par les Islandais , puisque celle-ci loue la lignée royale qui chassa Rolf .
       Dudon rapporte - deux siècles avant Snorre qui résidait en Islande- que Rollon le banni exigeait le silence si sa main droite se levait pour les salutations et que ses paroles seraient de miel, ce qui sous-entendait qu'il était d'une belle éloquence . Il avait atteint un haut degrè de charisme, était fort et mettait l'accent sur ces qualités. :
       Il valait mieux que les jeunes " imitent " bien leur père, grand-père et arrière grand-père avec intelligence de manière à acquérir une force au moins équivalente.
       Dudon poursuit par la description de la fuite de la cité et de la protection du lieu de séjour. Il avance que la guerre se poursuivit entre Rollon et le roi . Celui-ci, selon la saga islandaise aurait été Harald Harfagre dit Harald le " beau-chevelu ".
       Ce roi recourrut a une ruse et cacha ses intentions sous des propos pacifiques :
       " Qu'il n'y ait rien entre nous qu'une estime réciproque . Garde ce qui t'appartient de droit et ce qui te vient de ton père. "
       La ruse était une arme viking et un moyen de subjugation courant comme l'était aussi la haine. Les trahisons, et assassinats de nuit étaient aussi pratiqués autant que les embuscades dans les chemins creux.
       On savait mettre toute une ville en cendres, ce que Snorre rapporte aussi. Les traquenards constituaient la méthode de base . En cette époque, une tactique fréquente était de prétendre fuir , amener ainsi les ennemis à sortir de leurs tranchées, à les prendre pour les lacher mutilés. Snorre détaille ces pratiques . Ce ne sont que des incidentes à la suite de l'épopée relatée par Dudon.
       Dudon dit que Rollon et quelques sujets durent s'éloigner et qu'il ne fut pas dans le pouvoir de Rollon de rester, en raison de la tyrannie exercée par le roi . De ce fait, rester sur place s'avérait sans espoir .
       Il partit, et son pays natal fut privé " d'un duc magnanime, d'un grand patricien et de son plus vaillantcompagnon ".
      


L'Apostrophe de Dudon

(Norvège - )ton futur est accroché aux étoiles .
Ce n'est point malchance ni une pique du destin.
La fortune, elle va l'enrichir et le récompenser,
et s'épendre
produire des rois et des pontifs, des ducs, comtes et prélats
à partir de ce rameau béni .

De la semence de ces nobles témoins du Christ ,
le monde sera propère , exultera en Christ, son prince.
et grâce à eux, partout l'Eglise portera fruit
et de siècles en siècles les églises seront en liesse . En verité.

Des trônes gigantesques seront élevés pour eux et sauvés du châtiment .

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Rollon s'engage après avoir pris conseil d'un chrétien .

FlowerRollon se morfondait d'ennui en Scandinavie quand une voix s'adressa à lui:
       " pars en coup de vent . Cingle au travers les mers profondes de l'océan, vers la terre des Angles ."
       Rollon raconta son rêve à un sage chrétien qui l'interpréta ainsi :
       " Au fil du temps, tu seras purifié par ton baptême et tu deviendras un bon chrétien. Dans un futur proche, tu connaîtras le découragement d'un monde abandonné tout au long de ton voyage vers le pays des Angles , ce seront tes anges et avec eux tu auras la gloire d'une paix éternelle ". .
       Immédiatement Rollon partit vers l'Angleterre et desira rester un temps en paix et au calme . Mais, quand les habitants de ces régions apprirent que Rollon était là, ils soulevèrent une formidable armée pour le repousser. Rollon entreprit de se battre comme il savait le faire, sans hésitation. Il attaqua les uns, prit à revers les autres et les transperça quand ils eurent le dos tourné.
       Les paysans rassemblèrent encore plus de troupes et les plus hardis combattants. Ce ne fut pas plus concluant .
       Rollon portait un casque rehaussé d'or et une cote de maille contre les coalisés contre lui.
       Il en descendit des milliers de ses mains de conquérant sauvage, pris en chasse rapidement les fuyards, et captura de nombreux chefs. Il revint après sur les lieux de la bataille pour ensevelir les corps et embarquer sur ses bateaux des prisonniers aux effets maculés de sang .
       Rollon pestait et s'inquiétait. Et quoi maintenant ? Devait-il aller en Dacie ou en France, ou prendre l'Angleterre pour lui-seul ?


L'homme . (poème)

Rollon, que crains-tu et qu'est ce qui te ronge ?
avec les affres des songes et des piètres pensées ?
es tu bridé , père, avec le regard fixe ?
à resasser en ton esprit des doutes et des idées sombres ?

Quoi qu'il en soit, après tant de combats périlleux, tu tiendras le pouvoir par le droit, ,
Tu seras un chef couronné de mérites ,
un chrétien pour l'éternité,
et recevras les plus hautes bénédictions .

[extrait du chaptitre 6]

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La vision sur la montagne .

Ils vont en long et large .

Tandis que Rollon hésitait sur ce qu'il fallait faire après, les gens des régions qu'il avait conquises prêtèrent allégeance et fidélité.
       Une nuit alors qu'il dormait, Rollon se trouva sur une montagne . C'était une vision. La montagne était plus haute que toutes celles qu'il avait vues dans les pays francs. Il traversa une fontaine d'eau claire et odorante qui se situait à son sommet. Il était couvert de pustules de la lèpre et après le bain, sa peau était redevenue nette. Toujours sur le sommet, il vit des milliers d'oiseaux de toutes formes et couleurs mais tous portaient une aile gauche rouge. Les oiseaux encerclaient le pied de la montagne .
       Pas mêms avec un regard perçant, il n'était possible de distinguer le bord externe de cette nuée qui s'étendait en toutes directions. Puis ils s'envolèrent tous ensemble vers la fontaine où il était assis. Ils se baignèrent et s'ébrouèrent comme font les oiseaux par temps de pluie.
       Aussitôt baptisés par cette onde merveilleuse, ils partirent pour picorer par vagues, paisiblement dans une pâture commune. Ils formaient une troupe harmonieuse, libérée de toute controverse. Les oiseaux partirent chercher des branches pour édifier des nids.
       A la fin, les oiseaux se prosternèrent devant lui comme devant un empereur. .
       Rollon s'éveilla peu après le rève et s'en souvint . Sans hésitation, il alla en discuter avec le plus grand des chefs parmi ses hommes ainsi qu'avec les plus grands des chefs faits prisonniers, leur demandant de dire ce qu'ils pensaient du sens caché de ce rêve ?.
       C'est alors, quand toute l'assistance faisait silence, qu'un des captifs, chrétien inspiré par le cilel, donna une interprétation claire, aussi limpide qu'il le put. .


La France allait renaître sous le patronage de Rollon.

Voila ce qu'il dit :
       "La montagne de France sur laquelle vous vous teniez, ce sont les églises de France.
       La fontaine sur son sommet, c'est la fontaine baptismale de la renaissance. Il te faut comprendre combien excécrables et horribles ont été vraiment tes actes, car tu étais corrompu ( pourri dans le texte) par eux.
       Maintenant, tu es lavé et purgé par cette eau , tu renais par le baptème chrétien et te voilà pardonné de tous tes péchés.
       La nuée des oiseaux aux ailes gauches rouge sont les peuples des diverses provinces. Ils portent des boucliers d'armes . Le vaste trône sur lequel tu seras un jour assis, ce sont tes sujets fidèles .
       Les oiseaux qui ont été trempés dans l'eau de la fontaine puis ont mangé comme des chrétiens sont les élus, sans doute les premiers de peuples damnés par l'ancienne faute. Le baptème les délivrera. Ces hommes seront nourris et rassasiés par les saints corps et sang du Christ. Les nids qu'ils construisent autour de la montagne figurent les villes ravagées à reconstruire.
       Les oiseaux de toutes sortes t'obéiront comme les hommes des diverses origines . "
       L'explication du serf de sa vision plût tant à Rollon qu'il le délivra de ses chaînes. Il relâcha aussi les autres captifs de la guerre et les renvoya dans leurs foyers . Il en fut heureux et reçurent même des cadeaux et présents.


Le récit de faits d'une noblesse peu commune .

Alstem était, en ce temps, le roi chrétien des angles et était un brave homme. Rollon lui dépêcha ses envoyés qui vinrent présenter leurs hommages . Avec des mots très respectueux et des visages graves, ils lui dirent :
       "Notre patrice Rollon, le très distingué duc de Dacie, vous adresse des serviteurs fidèles et des présents en gage de son amitié déclarée pour tous vos sujets. Par suite d'un grand revers du destin en Dacie, il a été injustement banni et les vents nous ont poussés vers ces lieux.
Cherchant à rentrer pour nous venger de nos ennemis ,
les frimats de l'hiver se sont coalisés et opposés à notre marche
terres, herbages et frondaisons, tout était dur comme glace,
les rivières n'étaient que banquises épaisses .
De plus, une ligne de front guerrier est maintenant à transpercer .
Avant de partir, nous avons fait de nombreux prisonniers ,
qui sont désarmés maintenant. [Rares ont été les redditions.]
Sire, nous ne voulons pas piller votre royaume, ni en aucune manière saborder vos navires. Nous sommes là pour négocier la paix et pouvoir faire du commerce pendant un temps. Quand le printemps sera de retour, nous partirons vers la France . "
       Entendant cela, le roi prit la parole et dit d'un air réjoui et en s'inclinant légèrement :
       " Aucune région n'expédie des hommes aussi extraordinaires, experts dans l'art des armes que la Dacie. Oui, en vérité aucune.
       Nombreux ont été ceux qui m'ont parlé de la noblesse de votre presque roi. Nous avons aussi été informés de la traîtrise du roi envers votre chef. Personne n'est plus fondé que lui et personne ne le surpasse dans l'art du combat .
       A compter de cet instant, cessez de vous tracasser et soyez à l'abri de tous maux. Sur toutes mes terres, vous pourrez acheter et vendre. Faites aussi, je vous en prie, venir à moi votre seigneur car je veux le saluer et soulager son sort. "
       Les messagers rapportèrent tout cela à Rollon qui partit crânement et sans hésitation voir le roi dès que le temps le permit . Celui-ci vint à sa rencontre. Ils se congratulèrent et se donnèrent l'accolade, puis s'asseyèrent à distance de leurs troupes et ordonnèrent leurs dispersions .


Vers

Le Roi Alstem fut le premier à parler : :
" faisons bonne alliance -
sois pour toujours une partie de moi-même et mon compagnon .
Car tu es fort et de noble engeance ,
rayonnant de grands titres ,
au dessus de tous les autres par ta trempe et tes mérites .
Apporte l'assistance dont tu es capable .

Reste donc sur mes terres .
Prends tout ce que tu désires de ce qui m'appartient . .
et si tu souhaites partir pour d'autres cieux ,
dans toutes les mesures de mes moyens je t'assisterai. "

[chapitre 7]

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Levant les voiles vers le sol de France par un début d'été

Flower L'amer Rollon fut rassérené par les propos du roi :
       " Merci, grand roi, pour vos bontés. Je ne veux pas rester longtemps dans votre royaume, mais aussi rapidement que j'en suis capable, je partirai pour la France. Je resterai pour toujours votre ami, lié par une alliance indéfectible et une affection indissoluble. "
       Inextricablement unis pas ses déclaractions, chacun retourna chez lui. Tout au long de l'hiver, Rollon veilla à la préparation des bâteaux et des vivres pour le voyage. Il rassembla les combattants dans la fleur de l'age, dont des anglais qui étaient devenus ses sujets et voulaient le suivre.
       A la venue de l'été, quand les fleurs montrèrent aux chemins leurs sourires pourpres et que les odorants lilas au teint laiteux brillaient en blanc et violet, Rollon et sa flotille dressa les voiles . Les vents étaient cléments et la mer calme et douce, quand , soudainement, l'orage lança un coup de vent destructeur. Des flots énormes se dressèrent sur les abysses et le ciel noir fut transpercé d'éclairs.
       Les rames furent brisées, les voiles ne purent résister au tourbillon des vents et abandonnèrent leurs lambeaux, épuisées. Les navires furent balottés de ci de là . Rollon et ses hommes se trouvaient sous le coup d'une mort soudaine. Alors Rollon s'alongea sur le pont et levant les mains au ciel : -


La prière de Rollon.

Toi qui , par le don d'une vision, a désiré
que je devienne chrétien,
retient les tourments de cette violente tornade.
et retient et calme les eaux profondes [si tu le peux].

[sur base du chapitre 8 de Dudon]

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Rollon et ses hommes prennent de vastes territoires de la Hollande ainsi que d'autres terres.

Flower La tornade et les vagues alors cessèrent . En un instant, les hommes repositionnèrent les bâteaux et ceux drossés par l'orage et une brise douce vint à la rencontre de leurs espérances . Ils barrèrent vers les plages du Walgri. Ils y furent assaillis par une populace importante de manière inattendue alors qu'ils venaient juste de sortir de la bataille contre les vents et de tirer les bâteaux sur la grève.
       Balottés comme seuls ils y étaient habitués, Rollon et ses hommes montèrent au combat et gagnèrent . Le plus grand nombre fut exteminé, les autres furent fait prisonniers ou mit en fuite.
       Ils s'employèrent à piller la région du Waal et à la ruiner pour de longues années .
Le roi Alstem aussitôt se rappela son engagement et envoya 12 barges chargées de grains, vin et lard et autant de gens d'armes. Rollon se déclara très honoré par tous ces présents mais retourna l'escorte avec l'expression de sa profonde reconnaissance . Ces cadeaux furent rapportés au roi avec un mot de Rollon disant qu'il viendrait saluer le roi en personne pour le remercier .
       Les Walgri étaient arrivés à la conclusion que Rollon allait s'attarder dans la région du Waal, peut -être même pour toujours, en raison de l'abondance de blé que lui et ses hommes étaient venus chercher . La tribu des Walgri appela à la rescousse Ragnar-long-cou, duc du Hesbaye et Hainault, et Radbod, prince de la Frise. A l'aide des deux armées, les Walgri attaquèrent Rollon.
       Comme il l'avait déjà fait à maintes reprises, il partit immédiatement au combat et mit à mort plusieurs milliers d'ennemis et repoussa Ragnar-long-cou et Radbod le frison vers leurs refuges. Il ravagea alors tout le pays des Walgri et le laissa en cendre. .
       Après ces événements, sans scrupule, il se mit vite en recherche des Frisons et fit de même avec ce pays. Les habitants des ce pays et du Zuidersee se coalisèrent avec d'autres tribus pour combattre Rollon. Parmi ceux-ci, beaucoup de peuples voisins , tous voulaient tenter l'attaque. Ce fut un débarqué-assaut.
      Voila comment Rollon et ses hommes s'y prirent . Ils mirent un genou au sol de telle manière qu'ils étaient entièrement protégés par leurs boucliers oblongs contre les armes des assaillants. Rollon et ses hommes formèrent un dispositif serré de combat. Leurs sabres acérés brillaient- imaptients du combat.
       Comme les Vikings étaient ramassés sur une faible surface, les Frisons pensèrent qu'ils n'étaient pas nombreux. et commencèrent un assaut qui leur fut fatal. Les daciens s'éclatèrent en tous sens et tuèrent . Ils capturèrent de nombreux chefs et menèrent un grand troupeau de prisonniers vers leurs vaisseaux. Le reste des Frisons lachèrent prise et, de ce jour, furent condamnés à payer tribut et à obéir en toute chose aux ordres de Rollon.
       Une fois le tribut des Frisons rassemblé et remis, Rollon largua les voiles et tourna ses serres vers les pays de Ragnar-grande-gueule. Il lui tardait de prendre sa revenge sur celui qui s'était battu contre lui.
       Rollon pénétra dans le lit de l'Escaut et pilla le pays dans un sens comme dans l'autre, et finalement se trouva nez à nez avec Ragnar-long-cou près d'une abbaye du nom de Condé (Condé sur Escaut) . Ragnar avait fait plusieurs batailles contre Rollon mais ce dernier fut toujours victorieux.
       Le pays fut ruiné ; il eut à subir les atrocités des deux armées. Arriva aussi une très grave famine, du fait que la terre n'avait pu être labourée. Les peuples résidant sur le passage furent affaiblis par les carences, épuisés par faim et guerre. Tous eurent à craindre pour leurs vies. Innombrables furent ceux à qui on déroba les vivres de survie. .
       Un jour que Ragnar tendait une embuscade, attendant de sauter sur les Daciens au moment même où ceux-ci se portaient sur eux, ceux-ci l'entourèrent de toutes parts et le saisirent, malgré l'excellence de son combat solitaire. L'homme vaincu fut amené devant Rollon.
       Ce même jour, les hommes de Ragnar, restés à couvert pour capturer quelques daciens, attaquèrent douze des chefs des soldats de Rollon et se saisirent d'eux avec bravoure.
       C'est alors que la femme de Ragnar, en pleurs et gémissements, appela ses propres chefs et les envoya à Rollon pour demander le retour de son mari contre la restitution des douze captifs. Rollon reçut les envoyés et les renvoya avec ce mot :
       " Bien que vous me rendiez mes compagnons, Ragnar ne vous sera pas rendu, mais va perdre sa tête,. En plus, donnez tout l'or et l'argent qui se trouvent dans votre duché comme tribut de la région."
       Ausitôt l'épouse de Ragnar, effrayé par le message de terreur, renvoya les chefs captifs à Rollon avec tout l'or et l'argent qu'elle put trouver. Avec des mots de supplique et de compassion, elle envoya même les sommes promises à l'Eglise et les revenus du duché. Elle jura ne plus rien avoir ni en disponible ni par confiscation et implora à nouveau de récupérer son mari.
       Rollon fut ému, étant de nature sensible, par la compassion et par les cris des suppliciés et le libéra . Il fit venir à lui Ragnar-long-cou et lui parla en termes apaisant;
       "Duc Ragnar, quel mal ais-je fait pour que vous veniez m'agresser avec les Walgri et les Frisons ?
       Si vous voulez à nouveau exhaler votre rage ; les arcs, flèches et armes n'attendent que ça . Si vous souhaitez vous volatiliser, vous ne pourrez vous échapper.
       Comme je l'ai fait avec les Frisons, j'ai puni pour tout le mal commis contre moi sans raison.
       En échange de votre liberté, votre femme et vos chefs m'ont remis tout l'or et l'argent qu'il était possible de trouver . Je vous restitue la moitié de ce tribut et vous rend à votre épouse. Qu'après cela, ne reste que douce reconnaissance. Qu'il n'y ai plus de discorde entre nous et que s'installe une amitié paisible et indestructible. "
       Ragnar fut alors libéré des chaînes qui tenaient ses tibias. Rollon le gratifia d'immenses présents, lui rendit la moitié de son tribut et le renvoya sans délai à son épouse.
       Rollon instaura de cette manière une longue paix avec intelligence et concordance avec sa vision .


"Le vainqueur prend tout " - d'après l'apostrophe de Dudon

Rollon, l'impétrant ( dans les Bas Pays et la Belgique ),
Tu pris plus que de la revanche sur tous évènements .
Au moment propice, tu affrontes la souffrance des combats
et tu as été poursuivi par les assauts des Aquitains *
puis, après le baptême, les récompenses arrivent .
et parmi elles, la vie éternelle.

[Du chapitre 9]

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Rollon et ses homes pénètrent en Normandie .

Flower Dudon écrit qu'en 876 AD, le noble Rollon reçut comme conseil de ses proches de quitter les berges de l'Escaut . Il largua les voiles et se rendit à Jumièges sur la Seine.
       La Seine était en ces temps un fleuve aux eaux cristallines, bordé de pâtures grasses en haut de rives à hauts flancs. La rivière descendait vers la mer mais les marées remontaient aussi . A ce propos Dudon écrit :
"Il se décharge lui-même et est souvent repoussé ,
en raison du cycle de la Lune
par une vague douce venue de la mer elle-même. "
[Ses dires font référence au phénomène de mascaret )
       A Jumièges, Rollon remarqua le monastère dédié à Saint Pierre et bien que la place soit consacrée et puisse héberger des moines et le clergé, il ne resta pas sur ce site. Il barra ses bâteaux de l'autre côté de la rivière vers la chapelle de Saint Vedast . Là il placa le corps d'une jeune vierge, Hameltrude, sur l'autel de Saint Vedast. Il avait transporté son corps par ses moyens et décida alors de la faire sanctifier. C'est pourquoi le lieu est appellé depuis pat les habitants Sainte Hameltrude. .
       Les habitants dans ce voisinage de la ville de Rouen étaient de pauvres bougres, souvents ruinés. La nouvelle qu'une troupe de Normands était arrivée, ils décidérent alors d'aller demander conseil à l'évêque de Rouen sur ce qu'il fallait faire. L'évêque Franco de Rouen envoya aussitôt un émissaire à Rollon lui demandant de garantir sa sécurité et celle de tout ceux qui vivaient sur le district.
       Rollon s'assura d'abord qu'il n'y avait que des gens désarmés en ville et sur le territoire puis donna sa garantie . Puis il se rendit à Rouen et amarra son bâteau à la porte reliée à l'église Saint Martin, les bâteaux chargés d'engins de guerre.
       Rollon débarqua de son drakkar et visita la ville d'un pas lent . Il vit les monuments en ruine, les larges pierres arrachées des sanctuaires, les églises éboulées et les murs abattus des deux côtés. et une troupe faible et sans moyen .
       Il fut pris d'une grande perplexité.


Apostrophe

Rollon, duc puissant, meneur d'hommes incomparable ,
Par le don du Christ, cette ville va prospérer sous ton commandement,
Que soit édifié ce royaume fondé sur la paix ,
gravis la montagne de l'Eglise de ta vision et exulte de joie !
La fontaine où tu fus guéri de la lèpre sera creusée par tes suivants, eux aussi renouvelés par cette eau. .
Aux peuples de cette ville, tu vas donner des lois, des allainces et des droits.

Dans les temps de ta descendance,
les ages de férocité seront domptés,
les guerres seront bannies à jamais
et l'impiété défaite.
Le loup féroce paîtra sur le champ de l'agneau. .

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Un long chapitre sur l'art de la guerre chez les Vikings.

Les normands arrivaient promptement, les autres restaient et mourraient .

ROLLON retourna à ses bâteaux et planifia avec sagacité ce qu'il fallait faire après avoir appellé ensemble les chefs de ses hommes. Tout ceux que le suivaient, minces ou gros, disaient à haute voix comme si ils tenaient l'avenir dans leurs mains et étaient inspirés par Dieu :
       "Ce pays regorge de richesses. Il y a abondance de toute sortes de fruits. Les arbres donnent de l'ombre, les rivières abondent de poissons, les forêts abritent des multitudes de gibier sauvage. Mais il est vide d' hommes en armes et de combattants. Conquerrons le et soumettons le ! Nous le réclamerons en partage . Par le combat, nous prendrons villages et forteresses, grandes et petites villes des peuples voisins, si bien que le royaume que nous avons laissé derrière nous au loin pourra demeurer. .
       Peut-être que l'explication de ta vision était liée à ce pays ! "
       Rollon fut réjoui par l'explication de ses compagnons. Il remonta la Seine sans lier ses bâteaux de Rouen jusqu'au Pont de l'Arche, jusqu'à un emplacement appelé les marais [ lieu de confluence entre la Seine et l'Eure].
       Après cela, la nouvelle se répandit que les Normands s'étaient rassemblés en une vaste troupe dans le lit de la Seine et au croisement des routes vers la France. Les Francs furent aussi stupéfiés de cette arrivée que s'il s'était agi d'un coup de tonnerre mais rassemblèrent rapidement l'ost aux sources de l'Eure. L'effroyable Anstign, qui avait déjà envahi la France, eut droit à des injonctions comme les autres et avec lui, l'armée levée fut importante. C'est alors que Ragnold, prince de toute la France; dit au vil Anstign :
       "Toi, qui es de cette nation , donnes nous des conseils en la matière."
       Anstign leur répondit:
       "Si vous aviez cherché conseil trois jours plus tôt, j'aurais pu aviser et faire part de mes réflexions, ce que j'aurais préféré. Maintenant, il ne reste qu'à envoyer des émissaires pour savoir ce qu'ils disent, eux ! ."
       Ragnold:
       "Qu'il te plaise d'aller vite quérir leurs desseins."
       Anstign répondit :
       "Mais pas seul."
       Ceci dit, ils partirent avec deux combattants qui s'exprimaient bien en langue dacienne . Quand Anstign et ses deux soldats furent sur la rive, ils s'arrêtèrent et dirent :
       "Au nom du roi, déclinez qui vous êtes, d'où vous venez et ce que vous avez l'intention de faire. "
       Les Normands répondirent :
       "Nous sommes des Danois . Nous venons de Dacie pour prendre d'assaut la France. "
       Les émissaires:
       "De quelle autorité votre seigneur dispose-t-il ?"
       Ils répondirent :
       "D'aucune , autant que vous !".
       Anstign souhaita savoir ce qu'ils pouvaient dire sur lui et dit :
       " Quelle renommée vous fait vous ruer ici ? N'avez vous jamais entendu parler d'Anstign, né dans votre pays qui a débarqué avec de fortes troupes ?"
       Ils répliquèrent:
       "Si fait. Nous avons entendu parler de lui. Il était prédit qu'il serait un brave homme et commença bien sa carrière mais il a choisi de servir le diable. "
       Anstign reprit :
       " Acceptez vous de vous agenouiller devant Charles de France et de le servir et de recevoir de nombreuses faveurs ?"
       Ils répondirent :
       "Nous ne nous sommes soumis jamais à personne ni mis au service de quiconque, ni n'avons mendié de faveur . La seule faveur qui nous convienne est celle que nous réclamons par la force des armes et l'issue de la bataille . "
       Les Francs:
       "Qu'allez vous faire ?"
       Les Daciens:
       "Partez aussi vite que possible, ne restez pas là une seconde de plus. Nous n'avons cure du double langage et n'allons pas vous montrer de quoi nous sommes capables. "
       Les trois hommes tournèrent la bride et rapportèrent ce qu'ils avaient entendu :
       " Vous apparaît-il à vous tous qu'une guerre va être déclanchée ? Vous savez comment les danois se battent. Que devons nous faire ? "
       Anstign , avec son esprit rusé de renard dit à son armée:
       " Cette nation est si forte par sa jeunesse, si versée dans l'usage des armes et a tant d'expérience des batailles que si nous l'attaquons, nous risquons grand péril. "
       Rotland dit alors lui qui était le porte étendard de l'hôte franc :
       " Pourquoi n'allons nous pas voir cette homme ? Les loups ne se capturent pas entre eux, ni les renards ."
       Aiguisé pas ces mots, Anstign dit:
       " De cet instant, qu'il ne soit plus parlé de guerre ."


L'Histoire de Rotland

Entre-temps Rollon et ceux qui l'accompagnaient firent une fortification comme les forteresses en ont pour faire obstacle. Ils se préparèrent à se défendre derrière une butée de terre rapportée, tout en laissant un large espace pour l'accès.
       Les Francs arrivèrent à l'aube à l'église de Saint Germain. Ils écoutèrent la messe et communièrent aux corps et sang du Christ. Puis ils chevauchèrent jusqu'à apercevoir les bâteaux sur la rive et les Daciens derrière leurs fortifications et se ruèrent sur l'espace plane de l'accès. Les daciens étaient à l'intérieur, dispersés dans tout l'espace intérieur et étaient tous à l'abri sous leurs boucliers.
       Rotland, le porte drapeau de Ragnold se rua violemment à l'intérieur par l'entrée particulièrement large. Il avanca avec la ligne de front de toute l'armée. Rapidement les Daciens de dressèrent et éliminèrent Rotland et ses compagnons.
       Voyant tous les corps sans vie, Ragnold et Anstign et les autres comtes fuyèrent comme des lièvres.


L'étendard Viking : " Ils ont essayé de nous abattre ! Je suis profondément offensé !"

Rollon rappela les fuyards et leur dit :
       "Que diable avons nous fait aux Francs ? Pourquoi ont-ils fondu sur nous ? Souhaitent-t-ils nous abattre ? Ils ont pactisé avec le diable. La faute est à l'attaquant, non à l'attaqué . L'audace appartient à celui qui veut attaquer, non à celui qui cherche à se défendre. Dès à présent, quel que soit le mal que nous pourrons commettre, celui-ci sera commis par leur faute et leur offense .
       Allons! Partons occuper leurs forteresses et leurs villes. En retour pour leur offense,ils auront coup pour coup, maintenant que tant de maux ont été accumulés. "
       Ils laissèrent derrière eux les fortifiactions de terre. Avec les encouragements de Rollon, ils filèrent avec leurs bâteaux vers Meulan et attaquèrent les habitants et tuèrent les chefs. Les nordiques ruinèrent ensuite la ville et dévastèrent toute la province.
       Meis le Comte Ragnold tenta à nouveau de les attaquer, avec une force armée encore plus puissante. Les Normands s'arrêtèrent, se serrèrent les uns contre les autres de manière à ce que l'on croit qu'ils étaient peu nombreux. Ragnold entama la bataille qui lui fut funeste . Les Daciens pénétrèrent indemnes au coeur des troupes ennemies et exterminèrent les adversaires par des coups brutaux.
       Ragnold comprit qu'il n'avait pas assez d'hommes pour l'entreprise et entama une fuite rapide, lorsqu'un pêcheur de la Seine l'arrêta et le tua avec sa lance. Le pêcheur était du côté de Rollon et Ragnold fut transpercé.
       Voyant leur seigneur mort, les hommes de Ragnold remontèrent sur leurs montures et prirent la fuite. Rollon engagea la poursuite, tua un grand nombre d'entre eux et mena beaucoup de prisonniers jusqu'à ses navires. Il dit alors à ses fidèles assemblés:
       " Remontons la Seine jusqu'à Paris pour chercher les citoyens qui ont fui la bataille . "


Rollon et les Vikings assiègent Paris . La capture de Botho.

Les Normands détachèrent leurs navires de la rive de Meulan et assiégèrent Paris. Ils prirent position et dépendaient du butin fait en province pour tenir le siège . Mais alors que Rollon poursuivait l'encerclement, le butin qui venait de régions éloignées commença à manquer. Les Normands aussitôt se dirigèrent vers la Basse Normandie, prirent tous ce qu'ils pouvaient.
       Les citoyens résistaient comme à un ennemi et capturèrent mëme Botho, un comte normand exceptionnel. De ce fait, les nordiques ne voulaient pas rester là . Pour réclamer Botho, ils envoyèrent un messager à Bayeux pour signifier :
       "Si vous nous rendez Botho immédiatement, nous vous garantissons la paix pendant un an ."
       Les gens de Bayeux se rassemblèrent et délibérèrent les uns après les autres pour dire :
       " Il vaut mieux pour nous avoir une année de paix que de devoir se battre éternellement pour la peau d'un simple comte.."
       Ainsi, une fois la garantie de sécurité obtenue, ils rendirent le féroce soldat du nom de Botho .
       Rollon tint après celà le siège de Paris tout une année. Il se rendit alors à Bayeux et prit la ville par la force . Il détruisit toute la ville, réclama et spolia la région entière à son profit.


La servante Popa tombe enceinte et des francs paient tribut.

ROLLON ramena chez lui la fille du prince Berenger qui devint la servante Popa. Elle était belle à voir. Elle était du sang arrogant d'un trèe puissant homme et avait bien grandi. Rollon la séduisit et ils eurent un fils de nom de Guillaume.
       Après cela, alors qu'il restait en poste près de Paris , Rollon envoya son armée à Evreux pour se saisir de la ville et de son évèque. L'armée attaqua et pilla une large partie de la population. L'évêque Sebar, pourtant, s'échappa. Ils laissèrent tout le pays en cendre, pillèrent le district et retourna derechef à Paris.
      Terrifiés par ce qui se passait, un grand nombre de peuples francs paya le tribut à Rollon, même si beaucoup d'autres résistèrent encore.


Pendant le Siège de Paris, Rollon est appelé à la rescousse par son ami et allié, le roi des Angles.


      Les angles eurent écho de ce que Rollon assiégeait Paris et tenait bon, et était immergé dans les affaires de France et donc peu en situation de venir porter assistance à son ami le roi Alstem.
C'est pourquoi ils rompirent leurs promesses, se montrèrent revendicatifs et désobéissants, faisant souffler le vent de conflits insupportables. Le pays d'Angleterre fut mis en ruine par les armées du roi et de ses ennemis.
Le roi Alstem n'était pas en mesure de résister à tous les assauts et envoya un messager à Rollon, qui était alors en poste de combat aux pieds des murailles de Paris.
Venant à lui, il lui dit :
"Alstem, roi des Angles t'envoie la marque chère de son amitié indestructible. Il fut un temps où toi et le roi très pacifique Alstem signèrent un traité d'alliance mutuelle - si l'un d'entre eux avait besoin d'aide, il serait renforcé par l'autre, et si un sort funeste mettait en péril n'importe lequel, l'autre devait venir l'asister.
Le roi Alstem a été mis en infériorité par trahison et il te prie de l'assister de suite de ta puissance, laquelle est plus grande de toutes . Les Angles savent qque tu es handicapé par la guerre contre les Francs et ne pensent pas que tu viendras à mon divin secours ."
Rollon donna à l'envoyé royal tout ce dont il avait besoin et lui deemanda de rester trois jours. Il commenca à examiner ce qu'il fallait faire , en assemblée avec des chefs.
Immédiatement Rollon enjoignit aux princes de Paris soit de donner les clés de la ville, soit des otages ou de se préparer à la bataille. Les citoyens ne voulaient ni rendre la ville ni donner des hitages. Ils se pressèrent pour se préparer à la bataille à venir.
Rollon se leva à l'aube et commenca le combat de jour. Une journée entière, il tua des habitants dans la bataille. Puis, à la nuit tombée, alors que ses efforts étaient restés vains et que la ville ne s'était pas rendue, il arma ses bateaux et laissa Paris derrière lui. C'était son choix.
Il vint aussi vite que possible avec ses hommes au pays des angles et accompagna le retour de l'émissaire de Alstem.
Il l'envoya au Roi qui lui fit savoir qu'il arrivait en secours.




Le roi des Angles reçoit l'aide de Rollon et de ses hommes


Les mots de l'envoyé rendit le roi heureux. Il leva toute son armée et fila rejoindre le duc Rollon. Les deux hommes se rencontrèrent, se congratulèrent et s'embrassèrent de la plus chaleureuse manière.
Aussitôt, Rollon dit au roi de sa douce voix :
" Encore merci de m'avoir envoyé 12 navires remplis de soldats vaillants et autant de navires chargés de grains, de vins et de lard, quand j'étais chez les Walgri. "
Le roi dit:.
       " Nous te devons la plus grande reconnaissance. Car à cause de moi, tu viens de laisser derrière toi un Royaume voulu pour toi par Dieu et tu es venu promptement me porter assistance. Tu n'ignores pas les raisons qui font que je fais appel à toi . Ce royaume, que je gouverne, que je sers et dont je profite, n'est plus que ruines. La dignité de ma souveraineté a été réduite à néant, car les Angles sont gonflés d'une folle arrogance, rebelles à obéir à mes ordres. S'éloignant de moi, ils conspirent entre eux. Rejetant leur roi et son administration, ils me considèrent comme sans valeur. Ils détournent même pour eux mêmes les revenus des petites villes. .
       Aide moi à les tailler en pièces, à les dépecer et à les écraser. De cette manière, ils pourront revenir vers mon service et seront punis comme ils le méritent .
       Je te donnerai la motié du Royaume et t'accorderai la moitié de toutes les marchandises que j'ai en magasin. Alors lié par une invincible alliance et l'amitié, allons , à deux, tenir le Royaume et son administration, ses biens et tous ses offices ," dit le Roi .
       Ainsi le Roi Alstem offrit à Rollon la moitié de son royaume et la moitiè de ses biens. Rollon aussitôt reprit :
       " C'est à toi de commander et à moi d'obéir. J'écraserai ceux que tu veux, détruirai selon ton désir. Je les bafouerai, les déchirerai, les soumettrai et les tuerai. Je prendrai leurs femmes, ferai des prisonniers et dévorerai leurs troupeaux. "
       Ceci amena les discussions entre les grands seigneurs à une fin rapide. D'un front commun, ils se rendirent chez les opposants du roi. Rollon fit plusieurs batailles contre ceux-ci et assiégea les villes, en pilla plusieurs, et les brûla. Les Angles virent qu'ils ne gagneraient pas et qu'ila allaient être balayés. Ils vinrent voir Rollon et dirent à genoux. :
       "Toi le plus puissant des Daciens, nous sommes prêts pour la réconsiliation et l'union avec le roi Alstem. Par inadvertance, nous avons trangressé et rompu les liens de fidélité que nous avions promis au Roi. Nous donnons notre parole que cet engagement sera tenu et que nous servirons maintenant fidèlement, nous dévouant au roi de notre plein gré. "
       Entendant ça, Rollon vint voir le roi Alstem et annonça que les Angles s'étaient rendus . Le roi dit alors :
       "Si tu le rapportes, mon ami, je l'accepte et ils peuvent revenir à mon service après avoir donné des garanties, de manière à ce que le pays ne soit plus sous le fléau. "
       Rollon:
       "Oui, accepte ces garanties, ils se tiendront strictement à leur promesse. Même Moi, étranger aux moeurs des Angles, accepterais une garantie de fidélité durable envers moi. "
       Immédiatement, chaque Angle dissident, remit un gage au Roi et un autre à Rollon. Formellement lié par Rollon, le calme et la paix suivirent . .


L'Est de l'Angleterre, pas une résidence permanente.

Le Roi considérait que Rollon devait rester pour de bon en Angleterre, avait destiné la moitié du Royaume pour lui - de grandes villes, des forteresses, des fermes et de petites cités, des salles et palaces et même son mobilier . Il demanda aussi à Rollon d'être baptisé.
       Mais Rollon n'agréa pas aux prières et propositions du roi . Portant sa part des gages devant le roi, il déclara en le regardant face à face :
       " Je rends à égalité les biens que tu m'a confié dans le territoire des Walgri. Le Royaume que tu me donnes au delà de ces biens, je te le rends avec ce sabre. Il contient 12 livres d'or .
       Maintenant, laisse les otages qui sont miens de droit, ceux qui sont déjà là , rends les. Et fais attention à ce que la traîtrise de leurs parents et grands parents qui t'ont lâché ne se reproduise plus. .
       Je retourne vite en France et vais détruire, écraser, briser et conquérir . Je te prie seulement de laisser ceux qui veulent me suivre partir avec moi. "
       >Le Roi s'émerveilla et remercia en disant :
       " Tu es une part de moi-même, j'irai avec toi. Pour toi, je donnerai le roi, les ducs et les comtes."
       Rollon répondit :
       " Ne quittes pas ton Royaume ; tu dois gouverner et le faire progresser d'une main ferme ."
       Comme un ami, Rollon fit ses adieux et traversa la mer du Nord vers le Royaume de France. De très nombreux jeunes l'accompagnèrent . .


Cartes et liens

fig Ancêtre de la Reine d'Angleterre, le viking Rolv Ganger( aussi appelé Rollo ou Rollon) pourrait avoir été élevé près de la ville d'Aalesund en Norvège. Ce grand homme s'installa en Normandie selon les historiens du Moyen-Age. Des Sagas d'Islande furent écrites dans les années 1200. Les Chroniques des Rois de Norvège en font partie. Une autre source très intéressante est La Saga des Orkneying , qui est considérée comme l'une des plus fidèles . Dans celle-ci, l'ancêtre Gange-Rolv est cité dans la généalogie d'un roi finlandais parmi d'autres .
       Les cartes suivantes peuvent pour permettre de situer Dudon et les Normands.

Link:Cartes de France et d'Angleterre.
Link:Carte de Norvège
Link:Site de " Normandie Information "

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Livres

Hnam: Barthelemy, Ch.: Histoire de la Normandie ancienne et moderne. Mame. Tours, 1862.

Bnsi: Marongiu, Antonio: Byzantine, Norman, Swabian and later Institutions in Southern Italy. Collected Studies. Variolum Reprints, London, 1972.

Hee: Woodward, E.: A History of England. University Paperback/Methuen. London, 1965.

Hos: Woodward, E.: A History of England. University Paperback/Methuen. London, 1965.

Norsd: Steenstrup, Johannes: Normannerne, bd 1. Klein. København, 1876.

Noko: Simonnæs, Per: Normannerne kommer. Grøndahl Dreyer. Oslo, 1994.

Nok: Hødnebø, Finn & Magerøy, Hallvard eds: Norges kongesagaer. Vols 1-4. Gyldendal. Oslo, 1979.

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