Personnalités de l'Histoire du Vermandois

Voir surtout les acteurs dans leur contexte historique dans la page passé

   


Dudon de Saint Quentin : L'historien des Normands        (1015)
La lignée des de Chepoix .       depuis Amiral de Philippe le bel
Thomas de Marle      ( vers 1070-1130)
Clairambault de Vendeuil .       avec Hughes dans la première croisade
La lignée des de Cherisy .       depuis les Croisades
Un héros de Bouvines: Wallon-Montigny      ( 1214)
Geoffroy de Bar : doyen de St Quentin et cardinal       ( 1270)
Jean Lemercier, ministre de Charles V, conseiller de Charles VI      ( 1339)
Hennuyer de la Motte
évêque et théologien       (1497-1577)
Jean Quintin , Les Libertins       ( 1525)
Pierre de La Ramée, humaniste picard.       ( 1550)
Les Philippi de Bucelli, Barons d'Estrées.       du XVIème au XIX ème
Omer Talon      Jurisconsulte et magistrat (1595-1652)
Les Bourbon, natifs du Vermandois      Antoine (1528-1562) et Louis (1530-1569))
Luc d'Achery
Savant Bénédictin      ( 1609-1685)

Athos, Comte Olivier de La Fère
Le plus grand des mousquetaires, plus vrai que nature      

Mme Martin, Marquise d'Essertaux, nourrice de Louis XIV.
François Blondel
Mathématicien, architecte, ingénieur      ( 1617-1686)
Samuel Cromelin:
Industriel, Mayeur de la ville (1655 -1735)!
Louis de Bourbon
Dernier comte du Vermandois ou masque de fer ?      ( 1667-1683(?))
Un Saint-Quentinois illustre et inconnu:
Jean Baptiste Henri du Trousset de Valincourt      ( 1681)
Le docteur Lecat:
Un chirurgien à l'age de pierre !      ( 1700)
Charlevoix:
Aventurier, humaniste, découvreur !      ( 1682_1761))
Abraham Hannibal:
Noir, Russe, et notre ami !      (1696-1781)
Bénezet (1715-1770) Le défenseur des Noirs d'Amérique, vous trouverez plusieurs pages dans le site à son sujet)
Hageau Amable
Ingénieur des ponts et chaussés. Fils et père de canaux       (1766-1836)
Le chevalier Balthazar, de Guise      ( 1750)
Monseigneur Pigneau:
Ministre du souverain de Cochinchine)       (1741-1799
La stupéfiante histoire de Agnès Duchesne, native de Travecy .
Martyre d'une justice qui au 18ème siècle était encore moyennageuse et d'un hacharnement choquant ! (1754)
Autres militaires valeureux des XVIIIème, période révolutionnaire et Empire en liste.

Poiret Jean Louis
Entomologiste       (1755-1834)
François Lanchantin
Général d'Empire       (1756-1812)
Luce de Lancival
poête et auteur dramatique      (1764-1817)
Roch MARCANDIER
Révolutionnaire, natif de Guise, guillotiné      (1767-1794)
Baron Séruzier:
Colonel d'Artillerie       (1769-1825)
Baron Pécheux:
Général de division       (1769-1831)
François-Alexandre Lièvre:
natif de Chauny , sauveur du trésor de Paris       (1789)
Charles-Louis Lesur
natif de Guise. Révolutionnaire,Journaliste, Maire de Guise      (1770-1824)
Flavigny, La Tour du Pin, Caignart de Rotoy.
Des familles nobles dans la tourmente révolutionnaire"



Baron Dermoncourt,
Aide de camp du Général Dumas (1771-1847).
Fouquier-Tinville



Camille Desmoulins

Un révolutionnaire de l' humain, natif de Guise, personnage essentiel de notre histoire.
Lien avec le site de M Blatouche qui a fait un travail admirable

Le Général Comte du Moustier
Un héros Saint-Quentinois       (1771- 1831)

Général Latour-Maubourg, maire de Ribemont (1758-1831)
Benoît Fould :
Député de Saint Quentin . L'un des banquiers qui firent de la France la première nation du monde industriel au XIXème siècle        (1792-1858)
Le Chevalier Urturbie
Général d'artillerie , natif de La Fère      Premier auteur d'un manuel d'Artillerie , laquelle sauva la France à Valmy !
Antoine-Nicolas Gayant
Natif de Beautor et père du Canal      ( 1806)

Théophile-Jules Pelouze !       le préparateur en pharmacie de La Fère qui deviendra un des grands de la chimie( 1807-1867)
Félix Davin:
Historien, poète, journaliste, ami d'Henri M%artin (1807 -1836)
Henri Martin
Historien      ( 1810-1884)

Louis Bergeron
Journaliste, activiste républicain, natif de Chauny      ( 1811-1890)

Edouard Branly:
L'inventeur du télégraphe, fils du pays!
De la Forge:
le Défenseur de Saint Quentin en 1870       (1820-1892)
Rondot Natalis
Economiste       (1821-1900)
Pierre Bénard
Ingénieur et Architecte (1822-1900)

Auguste Florentin
Général natif de La Fère. (1836-1922)

Ernest Mosny
natif de La Fère. Grand Médecin (1861-1918)

Bonne-Ame.      ( 1850)
Juliette Adam : la mère de la 3ème République      ( 1879)
Emile Billion : Tonton cristobald !      ( 1850-1915)
Personnalités en liste       dans l'Histoire à usage des écoles de 1878
Paul Doumer, Président de la République !      un auvergnat qui doit sa réussite à notre région (1857-1932)
Melle Marthe Lefèvre !      Résistante, morte en déportation à Ravensbrück. ( 1886-1945)
Général Raymond Appert !      Compagnon de la libération ( 1904-1995)
Bisson Arnaud !      Compagnon de la libération; Résistant matyyr ( 1909-1944)
Delmotte Raymond:
Aviateur , héros de la seconde guerre mondiale.       (1894-1950)
William Harrell
      L'extraordinaire aventure d'un pilote américain qui deviendra PDG de la plus importante société mondiale de l'alimentaire

Charavel
      L'architecte de la reconstruction( 1881-1957).

Jean Charbonnel
natif de La Fère. Ministre du Général de Gaulle (1927-2014)

Xavier Bertrand      Ministre du Travail et des Affaires sociales
Theo Chino:
Un Saint Quentinois ... ex futur Maire de New York      




Le chevalier Balthazar, de Guise

Ce n'est pas le fils du roi de Babylone... C'est une jeune fille, Geneviève PREMOY, née au milieu du XVIIe siècle, à GUISE, et qui s'illustra sous Louis XIV. Dès son plus jeune âge, elle a des goûts de garçon et de bonne heure elle aime monter à cheval. Au cours d'une dispute, giflée par son frère, elle l'assomme d'un coup de crosse de pistolet, le blesse, et s'enfuit habillée en cavalier pour échapper à la colère des siens. A peine âgée de 16 ans, elle s'engage dans un régiment de " dragons " du prince de Condé sous le nom de " Chevalier Balthazar ". Première bataille près d'Ypres contre des cavaliers  elle est blessée, mais tue deux officiers, en fait prisonnier un troisième, est acclamée et félicitée à son retour par le maréchal d'Humières sur le front des troupes. Elle participe ensuite à toutes les campagnes de 1676 à 1703, d'une grande audace, adroite au sabre et aux armes à feu, souvent blessée, une fois trépanée. Au siège de Valenciennes où le roi assiste en personne, légèrement blessée au cours d'une reconnaissance, furieuse, elle s'élance sur le commandant ennemi, l'évite, l'ajuste, et le tue. Plus tard, sortant de Lille avec un détachement de cavalerie, plusieurs dragons sont tués par une troupe supérieure en nombre ; le commandant s'enfuit, elle le remplace, rallie les cavaliers, charge, blessée elle revient à la charge, disperse l'ennemi et ramène de nombreux prisonniers. Pour cet exploit, elle est nommée cornette. Plus tard, à Landrecies, elle retrouve sa mère qui s'y est retirée à la mort de son père, et qui pleure la disparition de sa fille : elle lui cache son identité. A la paix de Nimègues elle reçoit le brevet de lieutenant.

La guerre reprend 5 ans après. A Fleurus, saisissant le fusil d'un grenadier elle abat le pointeur d'un canon ennemi qui visait le régiment de Schomberg. Les fantassins enthousiasmés s'emparent de la batterie. Le vieux chirurgien du régiment jusqu'alors avait gardé le secret, mais blessé un jour au sein, près de Liège, son remplaçant dévoile son sexe. C'est la stupeur dans l'armée des Flandres, cependant Louis XIV, l'autorise à continuer de servir comme lieutenant sous le nom qu'elle s'est choisi. A Steinkerque, elle brise l'épaule d'un colonel ennemi d'un coup de pistolet et le ramène. Au siège, de Namur Louis XIV se la fait présenter, l'invite à la Cour après la guerre. Elle se rendra à Versailles, y fera sensation, et le roi lui offrira une épée d'honneur. A la reprise des hostilités, elle rejoint son régiment en Flandre, toujours très ferme dans son commandement. Au siège de Fiurnes, défendant le pont, devant la crainte de son détachement attaqué par un ennemi supérieur, elle menace de brûler la cervelle au premier qui reculera. Ils tiennent bon jusqu'à l'arrivée des renforts.

Elle tue un colonel, est grièvement blessée par une balle qui tue son cheval, reprend le combat, est blessée à nouveau par une balle. Cette double blessure la rend indisponible plusieurs années. Le roi la nomme un des premiers chevaliers de l'Ordre de Saint-Louis qu'il vient de créer, lui envoie sa croix par exprès avec privilège de la porter en écharpe, et la réinvite à la cour. Elle est alors très affaiblie par ses blessures, mais sitôt rétablie elle se rend à Versailles où elle se promène en jupe écarlate galonnée d'or, costumée en officier.

Elle était de taille " médiocre et fine ", " la voix femme et le ton doux ", les cheveux bruns, l'air hardi, le regard martial, le port assuré, le visage doux et fier.

La guerre reprend. Elle rejoint la Flandre où elle se distingue sous les ordres de Catinat.

Pendant la guerre de succession d'Espagne, elle se bat dans le Milanais sous les ordres du duc de Vendôme qui la félicite sur le front des troupes et la présente à la duchesse de Mantoue; celle-ci, admirative lui offre son portrait enrichi de diamants.

Puis c'est la bataille de Luzzara où elle entraîne ses cavaliers en lançant son chapeau en l'air au cri de " Vive le Roi ". Après quoi elle disparaît de l'histoire et on ne sait plus ce qu'elle devient. (Nous avons perdu notre Jeanne D'Arc).

(D'après un auteur anonyme Bruxelles 1703)




Pierre de La Ramée, humaniste picard.

Il est né en 1515 à Cuts, dans l'Oise, en Vermandois, fils d'un gentilhomme pauvre qui travaillait de ses mains, petit-fils d'un Liégeois chassé par les guerres de Flandre sous Charles le Téméraire, réfugié en Picardie après avoir perdu tous ses biens, qui se fit charbonnier. Après une enfance maladive, Pierre est reçu au collège de Navarre où il se fait valet pour payer moins cher ses études.
Il est reçu Maître ès arts en s'opposant dans sa thèse à la philosophie d'Aristote, obtient une bourse pour le collège de Presle, y devient professeur puis principal. Il combat alors de toutes ses forces la logique enseignée, dans ses cours et dans ses ouvrages. Un savant devant écrire et signer en latin, il prend le nom de Ramus. Une dispute violente avec un autre principal, partisan des théories d'Aristote, monte jusqu'au Parlement et au roi François 1er. Ramus perd son procès. Il continue sa lutte, se maintient au collège malgré les menaces d'exclusion, soutenu par la Cour et, en 1555, protégé par le cardinal de Lorraine, obtient la chaire de philosophie du collège Royal.
Il publie des grammaires latine et française, corrige la prononciation, fait diminuer les frais d'étude, établit des cours réguliers dans les facultés et l'université le choisit plusieurs fois pour des missions auprès du roi. Mais la réforme a commencé, il se fait calviniste. Après l'édit de 1562 permettant l'exercice public de la religion réformée, il blâme l'université et désavoue le recteur qui étaient contre. La guerre civile commence : il fuit Paris, est destitué, sa bibliothèque pillée, son collège dévasté. Charles IX l'abrite secrètement à Fontainebleau où il est découvert.
Il fuit à nouveau, passe à l'armée de Condé, ramène le calme avec son talent d'orateur dans les troupes du prince et de Coligny, mutinées parce qu'elles ne touchaient pas leur solde. La paix conclue en 1570, rentre à Paris où ses emplois lui sont rendus. Il les refuse car il désire une chaire à Genève, capitale du calvinisme. Mais Théodore de Bèze lui refuse : à Genève, on ne tolère pas les critiques d'Aristote. Revenu à Paris, en 1572, il refuse d'aider Henri III à accéder au trône de Pologne et reprend ses fonctions au collège. C'est la Saint-Barthélémy ; il se cache deux jours dans une cave, y est découvert. Il donne tout ce qu'il possède en échange de sa vie mais, sitôt dépouillé, est livré aux tueurs, égorgé, jeté par une fenêtre.
Des étudiants et des maîtres traînent son corps dans les rues jusqu'à la place Maubert, le frappent, le déchirent, le jettent à la Seine. Des disciples l'en retirent, le déposent dans une barque devant laquelle Paris vient s'incliner. Il disparaît à soixante-neuf ans après une vie austère, et laisse, par testament, 500 livres de rente pour payer un professeur pendant trois ans au collège Royal. Généreux et désintéressé, il a passé sa vie à aider les écoliers pauvres. Il a laissé de nombreux ouvrages d'arithmétique, de géométrie, de grammaire grecque, latine et française, de philosophie et un des plus grands noms de la Picardie.
(D'après Leloup de Sancy - 1837).




Jean Quintin de Saint-Quentin

Né à Saint-Quentin, ou dans ses environs, au début du XVIème siècle, Jean Quintin, picard de naissance et tailleur de profession, s'associa à un dénommé Copin pour publier en 1525, en Hollande et dans le Brabant, la doctrine des Libertins, secte philosophique dont il devint le chef.

Arrêtés à Tournai en 1530, ils furent jugés et condamnés sans qu'il soit possible de savoir la peine qui leur fut infligée.

La base fondamentale de la doctrine des Libertins dont Quintin fit une école, est irresponsabilité totale de l'homme. Dieu seul est responsable puisque tout procède de lui. Il est la cause unique, dirige les effets à son gré. Partant de ce principe, il était admis que vivre sans scrupule, c'était revenir à l'état d'innocence.

Les chroniqueurs de tous les temps ont rappelé (d'après les mots manuscrits de Malézieux 1890) l'histoire de ce Saint-Quentinois. Mais son titre de chef de doctrine est très discuté. tailleurs d'habits vers 1525, certains estiment que sa culture n'était pas profonde, que son principe d'irresponsabilité pour séduire un cerveau peu mûr pour la philosophie, n'eut que peu d'adeptes et qu'il ne fut le chef de rien du tout.




Un héros de Bouvines: Wallon-Montigny

Bouvines, c'est 1214. Le Vermandois et Saint-Quentin viennent d'être réunis à la couronne de France. L'empereur Ohon IV, les comtes de Flandres et de Boulogne, coalisés, rassemblés par Jean Sans Terre, Roi d'Angleterre, comptent bien ne faire qu'une bouchée de Philippe-Auguste avec leurs 15 000 lances. Ils se sont déjà, à l'avance, partagé le royaume de france. Philippe-Auguste fait appel à la noblesse, aux contingents des communes et pour prendre les devants, part de Péronne suivi de tous les seigneurs du Vermandois et de nombreux habitants de Saint-Quentin. Parmi ceux-ci, Gerard
de la Truie et Wallon-Montigny. Le premier, au cours de la bataille perça le cheval de l'empereur Ohon IV et manqua de le faire prisonnier.

Le second, dont on ignore date et lieu de naissance, peut-être à montigny-en-Arrouaise, était un homme pauvre mais fort et brave. Dès l'appel du roi, il vendit sa terre pour acheter un cheval et l'équiper. Faisant preuve de courage, le roi le choisit pour porter l'oriflamme. C'est lui qui, au plus fort de la bataille, lève ou baisse l'étandard du roi pour montrer le péril dans lequel celui-ci peut se trouver, et en même temps, il écarte l'ennemi à grands coups d'épée. Dans ce petit village du Nord, les coalisés sont vaincus et Jean Sans Terre qui quittera ce monde deux ans plus tard, aura perdu, dans ses luttes avec le roi de France, la Normandie, l'Anjou, la Touraine et une partie du Poitou. Philippe-Auguste qui n'est pas un ingrat saura récompenser Wallon, notre concitoyen, désinteressé, généreux, habile et prévoyant, audacieux et courageux et bon pourfendeur. il lui fit don de la terre de Garneville.

Ce court rappel de son héroïsme pour que son souvenir ne soit pas seulement celui de son nom.




Un Saint-Quentinois illustre et inconnu:
Jean Baptiste Henri du Trousset de Valincourt

Né en 1653 de Henri du Trousset, issu d'une famille noble de Saint-Quentin , et de Marie Dupré, il suit les cours du collège des Bons-Enfants où il s'imprègne du latin et du grec. Ses études terminées, attirés par les belles lettres, il dévore avec avidité tous les bons auteurs anciens et moderne, et
il fait des vers pour s'amuser avec ses amis.

"La vie de François de Lorraine, duc de Guise", qu'il publie en 1681, le fait connaître du monde des lettres et son talent est reconnu, notamment par Bossuet qui s'y connaît. Celui-ci le présente au comte de Toulouse, amiral de France qui se l'attache en qualité de gentilhomme, en fait le secrétaire de ses commandements, puis lui confie, peu après, le secrétariat général de la marine.

Célibataire, cultivé, éclectique, il consacre tout son temps disponible aux lettres, à la physique, aux mathématiques. Sa science est reconnue de tous et il est admis en 1699 à l'Académie Française, puis plus tard en 1721, à l'Académie des Sciences en qualité de membre honoraire.

En 1704, lors de la victoire du comte de Toulouse contre les flottes anglaise et hollandaise, il est blessé auprès de son maître et protecteur à la bataille de Malaga.

Ami de tous les écrivains de l'époque, notamment de racine et de Despréaux, il remplaça le premier à l'Académie Française et fut associé au second pour la rédaction de "l'Histoire du règne de Louis XIV".

Il conserva pendant quarante cinq ans la confiance de son maître, le comte de Toulouse, jusqu'à sa mort le 4 janvier 1730 à l'âge de 76 ans.Le catalogue de ses nombreux ouvrages figure au tome XXXIV des mémoires des hommes illustres, imprimés à Paris en 1733( d'après Louis Hordret 1780).






Geoffroy de Bar : doyen de St Quentin et cardinal

Il était né à Bar-sur-Seine, d'où son surnom. Mais son vrai nom était sans doute Barbeau, nom d'un poisson qu'il fit figurer dans ses armes. Il fut chanoine de Notre-Dame de paris, doyen de Saint-Quentin, doyen de Notre-Dame de paris et Chapelain de l'évêque de Paris pendant plusieurs années. En 1270, Robert de Sorbon, théologien né à Sorbon, près de Rethel, chapelain de Saint-Louis, fondateur de la Sorbonne, l'institue son héritier. A la mort de Sorbon, Geoffroy remit la totalité de la succession à la Sorbonne. Il est aussi l'ami de Simon de Brion, originaire de la même contré. Celui-ci est élu pape en 1281, il n'oublie pas Geoffroy et dans la promotion du 12 avril 1281, l'élève à la dignité de cardinal sous le titre de Sainte Suzanne. Geoffroy de Bar sera six fois cardinal et mourut de la peste à Rome le 21 août 1287 alors que son protecteur Martin IV, décédé en 1285 avait laissé la place à Honoré IV, lui-même décédé en 1287.

Les historiens attribuent de grandes qualités à Geoffroy de Bar. Il avait donné à Notre-Dame de paris la moitié d'un moulin, le Toillon, au village de Sucy, dans la censive du chapitre. Il fut également généreux avec l'abbaye de Saint-Victor, à Paris qu'il défendit avec fidélité et dévotion dans la poursuite de ses affaires, inébranlable dans la défense de ses droits. Rien ne montre qu'il ait eu des attentions particulières pour le chapitre de Saint-Quentin dont il avait été doyen avant d'accéder aux plus hautes dignités ecclésiastiques.

Source : Geoffroy de Bar (ou de Barbeau), doyen de l'église de Saint-Quentin en Vermandois, cardinal-prêtre, par un historien anonyme du XVIIIè siècle.




Jean Lemercier, ministre de Charles V, conseiller de Charles VI

On le disait écossais, mais sa famille était originaire du Vermandois. Elevé à la cour de Charles V, il fait preuve de capacité, d'habileté et d'activité peu communes. Le roi s'attache ses services, en fait le maître de la monnaie à Saint-Quentin en 1339, puis son secrétaire particulier et lui donne la charge de trésorier des guerres. Il obtient habilement l'aide du pape à Avignon en 1371, qui rapporte cent mille lires au roi. On ne compte pas par la suite le nombre de missions délicates et importantes que ce dernier lui confie. Et, à la mort de Charles V, il est membre du conseil de régence de Charles VI. Mais , la faveur du roi lui avait fait des ennemis puissants, notamment les ducs de Berry et de Bourgogne. C'est pourquoi Charles VI l'autorise en 1388 à construire un château à Fontenay en Brie, pour s'y protéger. Pendant la régence, il avait assuré seul les finances du royaume. Gérant bien et faisant des économies, il constitue "un bien grand trésor pour le roi". Trésor visé par ses deux oncles lors de la crise de démence de Charles VI. En 1393, le duc de Bourgogne exige de Lemercier un prêt de 30 000 écus sur le trésor du roi, "qu'il lui restituera une autre fois". Lemercier s'excuse et l'invite à s'adresser au conseil de régence. L'autre, furieux de ce refus, l'assure que "en bref, il le détruira". Le roi, ayant rechuté, Lemercier est arrêté en 1393, enfermé au Louvre, puis à la bastille Saint-Antoine. Le prévôt de Paris commence son procès et on l'accuse d'avoir empoisonné Charles VI, provoquant sa maladie étrange, alors qu'il avait tout à perdre avec son roi. La mort l'attend et le bourreau sadique lui indique tous les jours son supplice pour le lendemain. Agé et brisé, lemercier pleure tant qu'il manque de perdre la vue. Mais, Jeanne de boulogne, épouse de Berry, intercède et par ses prières obtient de son époux la tête de Lemercier. Il est sauvé mais on lui prendra presque tous ses biens et il est exilé sur ses terres de Nouvion-Le-Comte avec l'interdiction de franchir l'Oise ou l'Aisne sous peine de mort. Un an plus tard, on lui rend ses biens sous condition qu'il vide de sa présence le royaume. Seigneur de Neuville, Nouvion-Le-Comte et autres, Jean Lemercier a été marié d'abord avec Jeanne de Dompierre qui lui donna une fille Guillemette, qui épousa Renaud de Coucy, seigneur de Vervins. La seconde femme, Jeanne de Vendômme, lui donna un fils Charles, qui hérita de ses domaines et fut le chambellan du roi et du duc de Borgogne. Les historiens Jean Froissart et Juvénal des Ursins n'ont pas oublié Jean Lemercier dans leurs chroniques(D'après Melleville)




Luc d'Achery





Athos, comte Olivier de La Fère


De même que pour d'Artagnan, il n'existe pas un mais trois Athos : le personnage historique, le personnage fictif de Courtilz, et celui d'Alexandre Dumas.
Selon Courtilz, Athos, comme ses frères d'armes Porthos et Aramis, est un cadet de Gascogne. Il apparaît peu dans Les Mémoires dont le personnage principal reste d'Artagnan.
Né à Villers Côtterets dans l'Aisne, Alexandre Dumas père s'est inspiré de la vie d'Anne d'Autriche (qui séjourna au château de La Fère dans l'Aisne en 1643) : il y eut bien des Gouverneurs (César de Bourbon fils de Gabrielle d'Estrées et d'Henri IV) et Comtes de La Fère (Jacques Colas), mais les archives du syndicat d'initiative de La Fère n'en retrouvent aucun du nom de Athos. Du véritable Athos, personnage ayant mené une vie brève et sans grand intérêt, Dumas a fait un homme d’une illustre naissance, de son nom comte Olivier de la Fère : il lui donne des aïeux glorieux (l'un d'entre eux aurait servi François Ier), des terres dans le Berry, un château, un passé plein de secrets. Dumas en fait l'aîné des Mousquetaires ; il a ainsi vingt sept ans au début du roman, d'Artagnan tout juste dix-huit, Aramis et Porthos entre vingt-deux et vingt-trois. Il le fait mourir en 1661, soit dix-huit ans après la date réelle de sa disparition. Alexandre Dumas donne à Athos un fils, Raoul, Vicomte de Bragelonne, qu'il aurait eu hors mariage avec la belle duchesse de Chevreuse, ancienne confidente et amie de la reine Anne d'Autriche. Athos est fait membre de trois ordres de chevalerie : il est membre de l'Ordre de la Jarretière, par Charles Ier Stuart, roi d'Angleterre ; membre de l'Ordre du Saint-Esprit grâce à Porthos et au Cardinal Mazarin dans Vingt ans après et finalement membre de l'Ordre de la Toison d'or par Charles II, roi d'Angleterre et fils du premier, qu'il a aidé à reprendre son trône.



Hennuyer de la MotteLes Bourbon, natifs du Vermandois





Les Bourbon, natifs du Vermandois





Omer Talon





François Blondel





Charlevoix. ( voir aussi dans l'histoire du Vermandois)





Roch MARCANDIER

Révolutionnaire français, guillotiné en 1794

  • né en 1767 à Guise. Son père était chantre dans l'église de Saint-Gervais. il fait son éducation au châpitre de cette collégiale puis obtient une bourse et entre au cllège de cette ville.

  • Il quitte sa ville natale et se rend à Paris où il donne des leçons de grammaire et d'arithmétique, devient correcteur d'imprimerie et enfin journaliste.

  • Il adopte avec ardeur les idées révolutionnaires, ce qui lui valut la faveur de Desmoulins. Celui-ci, ami d'enfance du frère ainé de Roch, répétiteur au lycée Louis-Le-Grand, le prend comme secrétaire. Camille lui donnait à faire des articles qu'il retouchait et qu'il prenait sous sa responsabilité. Il vécut ainsi dans l'obscurité jusqu'au moment où il quitta Desmoulins en 1791, où on le retrouva à l'occasion des attroupements du champ-de-mars le 17 juillet.

  • Il s'oppose à Desmoulins en 1793, à l'occasion du procès du roi. Indigné par les pamphlets de Desmoulins réclamant la mort du roi et par les massacres de septembre, il publie une brochure intitulée "Histoire des hommes de proie, ou les crimes du Comité révolutionnaire" dans lequel il denonce les auteurs des effroyables exécutions : Danton, Desmoulins, Fabre d'Eglantine, Panis, Sergent, Manuel. Il ne s'arrête pas en si bon chemin, créée un journal qu'il appelle, pour l'opposer à "l'ami du peuple" de Marat et au "Pere Duchêne" d'Hebert : "le véritable ami du peuple, par un S... B... de sans-culotte qui ne se mouche pas du pied, f.., et qui le fera voir". Il poursuit son but, défend les opprimés, adopte le langage grossier d'Hebert et MArat pour mieux les contrer. Il n'y eut que 12 numéros entre mai et juillet 1793. Sa femme MarieGuarnot qui faisait les démarches de depôt et de déclaration à la place de son mari est bientôt arrétée. Soutenus par Gorsas, directeur du journal girondins et par les girondins eux meme, il demande à la convention de libérer son épouse, ce qu'il obtient. Marat, furieux de son échec, charge quelques brigands à sa solde de se defaire de Marcandier mais ceux -ci se trompent de cible . Peu à peu le fossé s'agrandit entre Girondins et Montagnards, et les efforts que firent plus tard Danton et Desmoulins pour les rapprocher furent vains.

  • Patriote jusqu'au bout, Marcandier finit par attaquer Saint-Just et imprime le rapport qu'il avait fait sur les Girondins proscrits ou emprisonnés, demande la fermeture du Club des Jacobins, la destruction des 48 comités d'inquisition révolutionnaire entre autres.Après cela, il n'a plus qu'à se préparer à la mort. Réfugié chez une de ses soeurs d'abord, il change souvent de cachette mais reste à Paris. En juillet 1794, lui et son épouse paraissent devant le tribunal révolutionnaire, accusés par Fouquier-Tinville et sont condamnés à la peine de mort comme "convaincus de s'être rendus les ennemis du peuple en provoquant par des écrits la dissolution de l'assemblée nationale, en colportant et distribuant ces écrits".

Source: Histoire de la ville de Guise par M. l'abbé Pecheur - bnf









Charles Louis LESUR
Il était une fois...

Charles Louis Lesur naît à Guise le 24 août 1770. Issu d'une bonne famille, il reçut une éducation soignée d'abord au collège de Guise, puis à celui de Laon. Brillant élève, il partira étudier le droit à Paris.
En 1789, alors âgé de 19 ans, il est surpris par la Révolution et se lie d'amitié avec Camille Desmoulins et Roch Marcandier. Après la Guerre contre les Prussiens (1792) et les massacres de septembre, il se sentira, en 1794, menacé par suite de sa hardiesse et cherchera à se faire oublier.
Il obtiendra un poste au Comité des finances de la Convention. Ensuite le Directoire lui offrira le poste d'Inspecteur de la Loterie nationale qu'il occupera jusqu'en 1824.
Il consacrera ensuite son activité, entièrement aux lettres et concourra à la rédaction du journal "L'Argus" ainsi qu'au "Messager du soir"... Après avoir publié de nombreux ouvrages, Charles Louis Lesur reviendra à Guise, dans son domaine de Beauval (1832). Le 26 juin de cette même année, il succédera à Charles André Besson à la tête de la municipalité et par deux fois, les électeurs du canton de Guise l'enverront siéger au Conseil général.
Son mandat marquera un tournant dans la vie de la cité pour laquelle il jeta les bases de la nouvelle urbanisation, le projet de nouvelles écoles... 






Le docteur Lecat.





Louis-François Lanchantin (1756-1812), extrait d'un mémorial de Normandie

Louis-François Lanchantin, né en 1756, à la Fère (Aisne), il était étranger à notre pays normand, et seulement capitaine depuis de 8 janvier précédent, depuis quatre mois et demi à peine. Il est vrai qu'il venait d'épouser à Mortain même , le 19 mai 1796, Marie-Félicité-Perrine

Dolet, une ancienne religieuse et qu'il avait pris dans leur acte de mariage le titre d'écuyer.

Etaient-ce des motifs suffisants pour lui mériter les honneurs qui lui étaient offerts ?

Il faut croire qu'ilavait plutôt su inspirer la confiance par des qualités personnelles . Lanchantin, en effet, avait une valeur militaire véritable. Soldat au régiment Royal-Comtois ( 73è régiment d'infanterie),dès le 5 novembre 1773, il s'était vu congédier le 5 novembre 1789 Mais réengagé dans l'armée républicaine, après plusieurs campagnes où il s'était signalé, il fut nommé plus tard chef de bataillon, le 14 septembre 1796, par le général en chef Hoche. En cette qualité, les 19 et 20 juin 1798, il fut mis à l'ordre du jour de l'armée, pour avoir, au combat des Dunes, près d'Ostende, fait prisonnier deux cents Anglais auxquels il enleva cinq pièces de canons et deux obusiers . Plus tard encore, il fit preuve d'une égale bravoure aux batailles d'Engen, de Moerskirch et de Hocchtaed, et Moreau le nomma chef de brigade pour sa belle conduite en ces circonstances .


Nommé commadant de la Légion-d'honneur, au camp de Boulogne (1804), et promu général de brigade le 1er février 1805, il se vit confier bientôt le commandement de Napleset des îles d'Ischia et de Procida. En 1812, Lanchantin partit enfin pour la désastreuse campagne de Russie , avec le 3è corps de la Grande-Armée aux ordres du maréchal Ney. Dans la retraite, Lanchantin qui se trouvait sous la direction immédiate du général de division Ledru des Essarts, vit sa brigade écrasée par une armée entière de Russes, dans la vallée de Krasnoë. Grièvement blessé en tête du 46è de ligne, qu'il avait autrefois commandé comme colonel, il succomba sur le champ de bataille.




Luce de Lancival.





Bonne-Ame.

Le 9 mai 1850, le Président de la République Louis-Napoléon est à Saint-Quentin. Il est venu inaugurer le "chemin de fer". On a profité de l'occasion pour de nombreuses manifestations dont un concours des agents de l'agriculture organisé par la Société Académique.
Son président Charles Gomart ne peut les présenter tous mais fait une exception pour un personnage exceptionnel, Jean-Baptiste Pruvost, surnommé Bonne-Ame à cause de son bon cœur, charretier depuis plus de 58 ans chez M.Lefranc, cultivateur à Aubencheul-aux-bois, sauf deux années sous les drapeaux, de 1812 à 1814. Et il fait cette lecture après celle de son certificat de service. "Nous soussignés Evrard passet et Noël Mihlem, cultivateurs à Aubencheul-aux -bois... affirmons que le dit certificat ne donne qu'une faible idée du mérite de Jean-Baptiste Pruvost ; aussi croyons nous devoir citer de lui le trait suivant : en 1830, la ferme de Mme veuve Lefranc est presque entièrement détruite par un incendie. J.-B. Pruvost veut venir en aide à Mme veuve Lefranc, sa dame ; il vient lui offrir un sac d'argent fruit de ses longues économies en disant : Madame j'ai gagné cet argent dans votre maison, aujourd'hui vous en avez besoin, prenez le, je puis faire sans. Ce trait de dévouement fut connu de beaucoup et nul n'en fut surpris de la part de J.-B. Pruvost. Et Ch.Gomart ajouta : "Que dire qui pourrait faire valoir ce simple récit? De tels hommes n'ont-il pas changés le titre d'ouvrier en celui d'ami de la famille dans laquelle ils ont acquis le droit de parenté ? Le jury de moralité frappé d'admiration par cet acte sublime de désintéressement, a offert d'acclamation une médaille d'or hors ligne à J.-B. Pruvost".
Alors le Président de la République se lève, donne la médaille d'or à J.-B. Pruvost en disant : "Je suis heureux de remettre à cet excellent serviteur le prix de la société", puis il ajoute "mais c'est trop peu pour une si belle action, je lui accorde la décoration de la Légion d'honneur". Prenant une croix sur la poitrine d'un de ses voisins, il l'accroche lui-même sur la blouse de Jean-Baptiste et le fait asseoir auprès de lui. L'enthousiasme est alors à son comble dans l'assemblée d'où les acclamations fusent de toutes parts et l'émotion gagne tous les cœurs même celui du Président.
Aujourd'hui on peut penser que cette histoire est un exemple typique du paternalisme à l'envers et à l'endroit qui entourait quelquefois les rapports sociaux d'employeur à salarié au cours du XIXe siècle. Et maintenant, il y a les assurances. Il convient néanmoins de rendre hommage à l'acte de désintéressement de Bonne-Ame, et de rappeler le souvenir de cet homme "dont la vie n'a été qu'une suite de dévouement" et dont nous pouvons être fiers.




Henri Martin








Monseigneur Pigneau.







Louis Bergeron (1811-1890) : parcours d’un républicain Journaliste satirique, auteur présumé d’un attentat raté contre le roi Louis-Philippe et expert en assurance vie…

Né à Chauny dans l’Aisne en 1811, Louis montre très jeune une opinion républicaine très exaltée. A l’âge de 18 ans, il monte à Paris pour y suivre des études de droit qu’il finance en étant surveillant dans une petite pension.
Gagné aux idées de la Révolution de 1830 et hostile au régime qui lui a succédé, il intègre la Société des Droits de l’Homme pour y devenir, malgré son jeune âge, le chef d’une des sections les plus importantes de la capitale. Il participe à la tentative d’insurrection de juin 1832 et parvient à se dérober à l’œil vigilant de la police... 

Mais le 19 novembre suivant, un coup de pistolet est tiré sur le roi Louis-Philippe au moment où ce dernier passe en cortège sur le Pont Royal pour se rendre à la Chambre des Députés. Personne n'est touché mais, dans le désordre provoqué par l'émotion, on finit par arrêter Louis. Niant les faits, celui-ci va transformer son audience en tribune républicaine. Après un long procès qui fait couler beaucoup d’encre, il est finalement acquitté l’année suivante, faute de preuves… 


Louis profite de sa notoriété pour se consacrer au journalisme dans la presse d’opposition. Pour ne pas être inquiété, il signe ses articles sous le pseudonyme d’Émile Pagès. Il travaille pour 
Le Charivari,La CaricatureLe PiloriLe Journal du Peuple et Le Siècle. Il publie aussi plusieurs livres, notammentLes Fables démocratiques (1839), un recueil humoristique inspiré de La Fontaine, ainsi que de nombreux vaudevilles. 
En 1840, le journaliste conservateur Émile de Girardin lance contre lui une campagne d’accusations diffamantes dans son journal 
La Presse, révélant aux lecteurs qui se cache derrière la signature Émile Pagès. Louis lui demande réparation par les armes. Girardin refuse, il ne veut pas faire cet honneur à un "régicide". Outragé, Louis vient le gifler publiquement dans sa loge à l’Opéra. L’affaire fait scandale et Louis est finalement condamné à trois ans de prison… 

Avec la chute de Louis-Philippe et la Révolution de février 1848, Louis se voit attribuer une pension exceptionnelle de 500 francs sur la liste des récompenses nationales. Il est nommé par le Gouvernement, commissaire extraordinaire pour les départements de la Somme et de l’Aisne, ce qui ne l’empêche pas, en tant que membre influent de la Commission instituée pour la défense des principes républicains, un club inspiré des Montagnards de 1793, d’attaquer violemment la partie modérée du Gouvernement provisoire. 


Mais après le coup d’état de Napoléon III en 1851, il décide prudemment de se retirer de la vie politique pour se consacrer exclusivement aux… assurances vie et au financement des retraites pour les ouvriers et les artistes, publiant sur ce sujet de nombreux ouvrages.


Baron Séruzier





Baron Pécheux





Juliette Adam : la mère de la 3ème République

On l'a surnommée aussi " la Picarde au grand cœur " et " la grande française aïeule de la Patrie ". En 1814, Pierre Seron, chirurgien aux armées, habite Chauny avec son épouse et la seule fille qui survit de ses trois enfants : Olympe. En face de la maison se trouve une pension dont un jeune professeur demande cette dernière en mariage en 1831 : louis Lamber ( orthographe indiquée par une internaute) . Il a quitté le séminaire le matin du jour prévu pour son ordination et devient athée.

Les Séron l'envoient étudier la médecine à paris et il s'installe entre Verberie et Senlis. Il va gaspiller sa fortune en expériences de laboratoire suivant les mauvais conseils d'un collègue, le Docteur Bernhardt. Ce dernier l'entraîne à Compiègne exploiter une " découverte " et il abandonne sa femme enceinte. Juliette vient au monde à Verberie en 1836, dans un hôtel, alors que son père doit fuir à Bruxelles. Elle est ramenée à Chauny par sa grand'mère Séron. Lamber revient, s'installe médecin à Biérancourt mais Juliette reste à Chauny. Tiraillée entre les opinions royalistes, bonapartistes, républicaines, catholiques ou athées des différents membres de sa famille, elle est surtout influencée par son père républicain et libre-penseur. En 1851, à 16 ans, Juliette est mariée à un avocat parisien de 32 ans Lamessine et ils vont habiter Paris.

En 1858, elle débute dans les lettres avec un recueil de nouvelles et un ouvrage philosophique. Elle connaît George Sand, Mme d'Agoult, Dumas fils, Mérimée, Proudhon, Alphonse Karr et Béranger qui lui prédit un avenir d'écrivain, veuve en 1868, elle épouse Edmond Adam (adjoint au maire de Paris en 1848, préfet de police en 1870, sénateur inamovible) ; Elle l'aimait en secret depuis longtemps et sans espoir alors qu'il était rédacteur en chef du " National ". Juliette prend alors une place considérable dans les Lettres et reçoit dans son salon les noms illustres de la littérature, des arts et de la politique : George Sand, les Goncourt, Dumas fils, Flaubert, les fondateurs de la 3ème République dont Gambetta qu'elle soutient et encourage. Son mari meurt en 1877. Elle épouserait bien Gambetta qu'elle aime en secret (lui aussi ) mais il dédaigne ses avances et elle lui voue alors une haine passionnée. En 1879, elle fonde la " Nouvelle revue " sur les conseils de Flaubert.

Républicaine, opposée à la " Revue des deux mondes ", elle y accueille P. Lotti, P. Bourget, Guy de Maupassant, Jean Richepin, Léon Daudet, Rosny aimé, Paul Marguerite, Octave Mirbeau, Jules Vallès, Paul Valéry ; elle la dirige pendant 17 ans s'attachant à maintenir la revendication de la France sur la Lorraine et l'Alsace. On l'appelle la " Revancharde " depuis, que de son salon elle ne parlait que de revanche aux hommes politiques de la 3ème République qui y venaient chercher leurs mots d'ordre.

Juliette écrit-elle aussi de nombreux articles dans sa revue et publie des ouvrages " La païenne ", " mémoires (7 volumes) ", " Jean et Pascal ", " Laïde ", " Chrétienne ", " mon village ", " l'heure vengeresse des crimes bismarkiens ", " Le journal d'une parisienne sous le siège de Paris ". Sur ses vieux jours, elle se convertit dans l'ancienne abbaye de Gif-sur-Yvette, dans la vallée de Chevreuse, où elle habite. Puis plus tard, elle s'éteint dans le Var en 1936 dans le château de sa fille, veuve du célèbre chirurgien Fegond. Elle avait 100 ans. Elle avait joué un rôle primordial dans les débuts de la 3ème République et vu ses désirs se réaliser avec le retour de la Lorraine et de l'Alsace.

(D'après L.-Éch. Delpuech)

Juliette Adam a une large page dans le site des "Fourieristes" ! Lien ici



Le Général Comte du Moustier
Un héros Saint-Quentinois

Pierre du Moustier est né à Saint-Quentin, rue des canonniers, le 18 mars 1771. D'une famille protestante originaire du midi, il est le neveu de Le Sérurier et le cousin des frères Le Sérurier par sa mère.

Réquisitionnaire au premier bataillon de Saint-Quentin en 1793, il fait les campagnes de 1793 et 1794 avec le 6ème régiment de hussards. En 1795, lors de la formation de la garde du directoire, il est aide de camp du général Krieg, est nommé capitaine, puis entre en 1800 comme adjoint à l'état-major de la garde consulaire. Promu chef d'escadron en 1802, puis colonel en 1804, il commande le 34ème de ligne et, à sa tête, fait les campagnes de 1805 et 1806, combat à Ulm, Austerlitz, Iéna, se distingue à Sultusk, où il est blessé, et nommé général de brigade sur le champ de bataille en 1806.

Après la campagne de 1807 et 1808, il est appelé dans la garde impériale, fait campagne en 1809 avec cette unité, combat à Essling, Wagram. De 1811 à 1812, il commande en Espagne le 66ème régiment des fusiliers de la Jeune Garde, participe au siège de Saragone. Après le traité de Vienne, retourne en Espagne, remporte des succès qui lui valent le grade de général de division en 1811.

Rappelé en France en 1813, il commande la 2ème division de la Jeune Garde, prend part à la bataille de Lutzen en 1813. Cité avec éloges dans les bulletins de la Grande Armée, il se distingue à Bautzen, à Wurtzen, à Dresde en 1813, où il est grièvement blessé à la jambe. Il suit quand même l'armée jusqu'à Mayence, où l'Empereur lui donne l'ordre de rentrer chez lui pour
soigner ses blessures.

Il vient prendre son repos à Saint-Quentin, sa ville natale. En 1814, il est à Fontainebleau aux adieux de l'Empereur et , à la Restauration, refuse la croix de Saint Louis.

Il avait été fait Baron d'Empire en 1808, chambellan de l'Empereur en 1812, comte de l'Empire en 1813, commandant de la légion d'honneur en 1806, chevalier de la couronne de fer en 1813.

La retraite lui fut accordé sur sa demande en 1814.

Pendant les cent jours, il siège à la Chambre des représentants pour la Loire Inférieure. Lors de la 2ème Restauration, il se retire à Nantes jusqu'en 1830, où il reprend du service et commande la 12ème division, puis est désigné au cadre de l'état major général.

Il a été fait commandeur de la légion d'honneur en 1823, grand officier en 1831.

Le 13 mai de cette même année, il se brise un jambe lors d'une chute de cheval; on doit l'amputer le 8 juin. Il meurt le 15 juin des suites de l'opération. Toute la ville de Nantes est dans la tristesse et prend le deuil, et c'est dans celle-ci que sont célébrées ses funérailles, le jour anniversaire de la bataille de Waterloo.

la presse ne tarit pas d'éloges sur le Comte Pierre du Moustier, lieutenant général, grand officier de la légion d'Honneur, qui atteignit le plus haut degré de la hiérarchie militaire par son talent, son mérite et son courage, alors qu'il était entré en service comme simple hussard. Son courage militaire ne nuisait pas à ses vertus civiles. Sa franchise et son caractère étaient appréciés de tous, y compris de l'Empereur qui lui confia parfois des missions délicates relatives à l'exécution des traités de paix

Ses frères d'armes l'avaient surnommé "le chevalier sans peur et sans reproche". Quatre d'entre eux tenaient les cordons du poêle pour l'accompagner dans son dernier voyage. Parmi eux, le maréchal de camp Cambronne.

Après les frères Le Serurier, derniers descendants de cette famille Saint-Quentinoise, une autre branche de celle-ci s'éteint avec le général du Moustier




Mme Martin, marquise d'Essertaux, nourrice de Louis XIV
Récit de Claude Sellier et Mathurin Hémion
L'HISTOIRE DE LA NOURRICE DE LOUIS XIV

Il pourra paraître étonnant au lecteur de voir intégrée dans ce volume consacré à la Picardie l'histoire de la nourrice de Louis XIV, la marquise d'Essertaux, qui se déroula pour l'essentiel dans la région de Saint-Germain-en-Laye; cependant, il faut savoir que la personne qui a fait connaître les événements savoureux et pittoresques dont ce récit est nourri, était l'abbesse de Biache, la descendante de la marquise, qui, à la fin de sa vie, s'était retirée dans le couvent de l'Hôtel-Dieu de Péronne, et qui se plaisait à évoquer le destin, extraordinaire pour elle, de son aïeule, une paysanne robuste et pleine de santé, qui fut choisie pour allaiter le fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche. A l'époque, en effet, la bonne société de Péronne apprit tous les détails de l'adoption, par les médecins chargés de veiller sur la santé du jeune roi, de la futUre marquise d'Essertaux comme nourrice en titre du jeune Louis XIV, c'est-à-dire la chronique surprenante d'une véritable ascension sociale.
Le futur roi, qui fut tout d'abord appelé Dieu-Donné, avait été tout de suite considéré par ses parents comme un cadeau miraculeux envoyé par le ciel, après plus de vingt années d'attente et de souhaits indéfiniment exprimés Il avait vu le jour en 1638 à Saint-Germain-en-Laye; il était parfaitement constitué, plein de force et de vitalité, mais il se trouvait doté d'une caractéristique qui se révéla très vite un handicap de taille: il possédait deux dents à sa naissance. On eut donc toutes les peines du monde à lui trouver une nourrice. Naturellement, la nouvelle de cette naissance avait non seulement provoqué de nombreuses fêtes et réjouissances dans la région - et dans toute la France - mais avait aussi incité de nombreuses jeunes mères des environs à se présenter respectueusement devant les médecins du roi pour offrir leurs services comme nourrice du bébé le plus célèbre de tout le pays. Cependant, à peine le très jeune prince avait-il approché sa bouche avide du sein d'une femme, qu'il la mordait cruellement, jusqu'au sang. On jugea tout d'abord ces incidents mineurs et l'on pensa que peu à peu la succion s'effectuerait normalement. Mais plus on avançait dans le temps et plus les difficultés pour nourrir le jeune prince augmentaient ; malgré les blessures qui avaient été infligées aux premières candidates, le nombre de jeunes femmes qui prétendaient au poste si convoité de nourrice du roi n'avait pas diminué: il en déflla donc plusieurs dizaines, mais sans le moindre succès; à peine étaient-elles arrivées et avaient-elles pris le nourrisson dans leurs bras pour l'allaiter, qu'une exclamation de douleur leur échappait et qu'elles étaient conttaintes de s'en séparer. Le fait aurait pu apparaître plaisant, si d'une part les blessures reçues en cette occasion n'avaient été aussi cruelles et si la santé - voire la survie - du roi n'avait pas été directement menacée. Le premier médecin de la reine était désespéré: plusieurs dizaines de jeunes femmes s'étaient présentées et elles étaient toutes reparties meurtries et incapables de nourrir le premier enfant de France par le rang et par la gloire. Il réunit tous les médecins qui lui servaient d'assistants et ils envisagèrent ensemble tous les moyens, parfois les plus invraisemblables, pour parvenir à nourrir le futur souverain. Mais toute leur science était impuissante devant cet obstacle que la nature semblait avoir inventé pour les éprouver. "Ne devrait-on pas... arracher... faire disparaître en quelque sorte... les dents en question? .. suggéra (timidement) quelqu'un.
On protesta, on se récria: " Les dents du roi! Vous n'y pensez pas ! " On émit alors l'opinion qu'une femme, plus solide que les autres, plus résistante, qui se sacrifierait pour le pouvoir royal, donc pour son pays... Mais la solution n'était pas davantage envisageable, parce que les dents du jeune roi Louis XIV faisaient des plaies profondes qui souvent s'infectaient et outre les conséquences physiologiques désagréables qui en résultaient pour les intéressées, il n'était pas question que le jeune roi pût, lui aussi, être atteint par un mal quelconque, du fait de cette infection.
On avait beau tourner et retourner le problème dans tous les sens, en envisager tous les aspects, essayer de trouver la parade à ce coup du sort, rien n'y faisait et la situation empirait de jour en jour. On en venait maintenant véritablement àcraindre pour la santé du roi.
Il fallait trouver une solution, très vite, mais laquelle?
Un matin, le premier médecin de la reine, épuisé par de longues nuits d'insomnie, se jeta dans un carrosse et donna l'ordre au cocher de le conduire droit devant lui, en direction de la forêt qui se trouvait non loin de Saint-Germain-enLaye. Il voulait simplement réfléchir et quitter pendant quelques instants le lieu de son infortune.
On a vraiment tout essayé, songeait-il. Les remèdes physiques, médicaux, et même religieux: en effet, la veille, des prières publiques avaient été ordonnées, comme avant la naissance de Louis XIV, alors qu'on désespérait de voir la reine mettre au monde un enfant, et surtout un fils.
Agréablement bercé par le rythme de la course, le médecin se laissait maintenant aller à des rêveries plus vagues et moins inquiétantes, lorsqu'il s'aperçut tout à coup que sa voiture arrivait à Poissy. Assez surpris de se retrouver à cet endroit, il descendit et passa quelques instants dans l'abbaye, puis lorsque son carrosse quitta la petite ville et reprit la route de Saint-Germain, il aperçut sur le bord de la route, et face à une maison couverte de chaume, une robuste paysanne, assise près d'un tas de fumier, en plein soleil, et qui allaitait un nourrisson âgé de quelques mois tout au plus. Le médecin fit arrêter la voiture et en descendit pour examiner cette jeune femme et, malgré son accueil un peu rude, réticent, il réussit à goûter de son lait.
Satisfait par cette dégustation, il proposa à la jeune mère de venir avec lui - et avec son enfant - dans son carrosse et il lui précisa qu'il avait un travail très important et très bien rémunéré à lui confier. La femme qui entendait peu de chose au langage un peu ampoulé du médecin et qui ne comprenait guère ce qu'il lui voulait, hésitait sur le parti à prendre, à la fois tentée par la proposition et inquiète des suites qu'elle pouvait comporter pour elle et pour son enfant. D'autre part, elle était mariée et son époux était absent; elle ne pouvait donc ainsi décider de partir...
Le médecin la rassura sur ses intentions, précisa la [inalité de sa visite et surtout recommanda à la voisine de la jeune femme de veiller sur le deuxième petit enfant qu'elle avait, en attendant qu'elle fût ramenée dans son logis.
Sans toutes ces précautions, il n'aurait pu réussir à l'emmener, car elle devait, lui dit-elle, porter à souper à son mari qui était retenu prisonnier pour n'avoir pas pu payer sa quote-part de la taille. Durant le trajet, la jeune femme, qui possédait un caractère expansif, posa de nombreuses questions au médecin à propos de l'endroit où il l'emmenait et du travail qu'il voulait lui confier; celui-ci lui répondait invariablement qu'elle serait très vite fIXée à ce sujet et surtout qu'elle ne devait point s'inquiéter, que tout se passerait le mieux du monde, qu'il lui en donnait sa parole.
Mais il s'émerveillait surtout de la santé resplendissante de cette femme, de sa robustesse, de sa bienveillance à l'égard d'autrui qui transparaissait dans ses propos, et de cette espèce d'élégance qui était la sienne, malgré ses haillons, ses cheveux décoiffés et cette apparence rustique qui la caractérisaient. Le médecin fut à ce point séduit par la personnalité de la jeune femme, qui se prénommait Jacqueline, qu'il décida de la présenter à la reine, à Saint-Germain, telle qu'il l'avait trouvée, dans son jardin: vigoureuse, sans coiffe ni bonnet, hâlée par le soleil, respirant la franchise et l'honnêteté.
Et tandis qu'elle s'étonnait sur la magnificence des lieux, sur le luxe du mobilier et des décors, sur les toilettes et les livrées des domestiques de la maison royale, tandis qu'elle s'exclamait et ouvrait de grands yeux sur tout ce qui l'entourait, on vint les chercher, le médecin et elle, pour les conduire auprès de la reine. Celle-ci, séduite elle aussi par la gaieté et l'apparence vigoureuse de la dénommée Jacqueline, félicita son médecin d'avoir trouvé une nourrice aussi fraîche et aussi représentative. Ce dernier, après s'être incliné sous ce flot de compliments, déclara que si Jacqueline ne pouvait résister aux "ttaitements" que lui infligerait le jeune roi, aucune autre ne serait capable de le nourrir convenablement.
La jeune femme, en entendant parler de nourrice, affirma qu'elle ne pourrait s'engager à quoi que ce fût sans avoir au préalable consulté son époux. La reine, émue et ravie par la réaction de Jacqueline, lui promit que rien ne serait décidé sans le consentement de son mari.
Et comme elle apprit que celui-ci était en prison à Poissy, parce qu'il n'avait pas payé la taille, elle ordonna qu'on le fasse quérir immédiatement et qu'on le ramène chez lui.
On va donc chercher sur-le-champ l'homme qui s'appelle Martin et qui est à la fois surpris et intimidé par cette libération subite, et ce trajet qu'on lui fait faire très rapidement jusqu'à sa maison. Très vite, cependant, il se sent rassuré et on l'entend murmurer: " Il n'y a rien, il n'y a rien que de bon à espérer de cette heureuse aventure. " On le ramène donc chez lui, on lui affirme officiellement qu'il est libéré de toute dette à l'égard du pouvoir et qu'il ne lui reste pour le moment qu'à attendre le retour de sa femme qui rend un service inappréciable à des gens de haut rang, habitant Saint -Germain-en- Laye.
Un peu éberlué, le pauvre Martin va et vient de sa chaumière à son jardin, réfléchissant à toute cette aventure et vivant tous ces instants, en homme libre, mais comme dans un rêve. Pendant ce temps, à Saint-Germain, on apporte l'enfant à sa nouvelle nourrice qui le prend dans ses bras et commence à le câliner, tout en le baisant et en le chatouillant. Et bien vite, elle lui tend son sein, énorme, bien rebondi, que le nourrisson saisit avec avidité. L'instant est crucial: un grand silence règne dans la pièce où depuis quelques minutes de nombreuses personnes de la cour, ayant appris la nouvelle de la découverte faite par le premier médecin de la reine, se sont groupées et attendent le résultat de l'expérience. Ce n'est pas la première fois qu'ils assistent à ce genre de cérémonie, et l'on raconte que certains courtisans cyniques avaient fait des paris, en la circonstance, sur l'issue de cette nouvelle tentative.
Mais on constate bientôt, et avec soulagement, que le silence n'est troublé que par la succion avide du nourrisson qui semble ne pas pouvoir parvenir à se repaître du lait de sa nourrice. Aucun cri de la part de celle-ci, aucune grimace de douleur, seulement le spectacle touchant d'une donneuse de vie épanouie, souriante, et accomplissant avec la meilleure grâce du monde sa tâche, sans se soucier de la nombreuse et noble assistance.
La reine est aux anges, le médecin s'éponge discrètement le front avec un mouchoir, les femmes présentes dans l'assemblée sourient et on entend des murmures d'approbation courir à travers la petite foule des courtisans. L'enfant, rassasié, s'endort sur le sein de sa nourrice, qui après l'avoir encore longuement câliné, le remet, toujours endormi, à la dame de compagnie de la reine. Sur quoi elle décide de s'en retourner chez elle, car, dit-elle, son mari doit l'y attendre et il pourrait bien " lui frotter les oreilles ". Le médecin s'oppose formellement à son départ. II lui fait comprendre qu'après une telle réussite, qui réjouit le cœur de toute la noble assemblée présente en ce lieu, il n'est pas question qu'elle s'en aille; il lui faut demeurer dans cette maison pour accomplir sa tâche quotidiennement.
Comme elle ne l'entend pas de cette oreille, qu'elle proteste, qu'elle dit vouloir retourner chez elle pour prendre des nouvelles de son mari, de " son Martin ", le médecin insiste: il lui dit qu'il y va de la santé, de la vie même de l'enfant. II flatte son orgueil: il lui montre qu'elle a réussi là où toutes les autres avant elle avaient échoué. II lui décrit tous les avantages matériels qu'elle va retirer de la mission qu'on va lui confier.
Elle comprend, elle consent, mais elle répète qu'elle est très inquiète pour " son pauvre Martin " qui est seul, dans sa maison, avec son enfant, et bien qu'on lui ait donné toutes les assurances possibles quant à l'avenir de son mari et à l'exemption de tout châtiment à propos de la taille qu'il n'avait pas réglée, elle demeure anxieuse, prise entre son désir de rendre service à ces gens " si honnêtes ", qui l'entourent et ses devoirs de femme et de mère. Voyant cela, une dame de la cour s'offre pour aller chez elle, les jours suivants, et y allaiter son enfant; Jacqueline la nourrice accepte avec joie et la dame en question se sent très honorée d'allaiter le fIis de la nourrice du dauphin. Jacqueline ne sait toujours pas qu'elle est à la cour et que les gens qui l'entourent sont les premiers personnages du royaume. On lui apporte à dîner avec cérémonie et on lui dit que sa seule tâche, à l'avenir, sera de refaire ce qu'elle a si bien fait le jour même. Et comme elle s'impatiente un peu de tout ce protocole qui lui est par la force des choses imposé nombreux domestiques pour la servir, plats recherchés, vaisselle précieuse, courbettes, formules de politesse... la reine, informée de cette irritation passagère, ordonne qu'on la serve comme elle le souhaite et qu'on lui donne ses aliments préférés. Elle reste ainsi plusieurs jours dans ces lieux somptueux, choyée par tous, très entourée, avec toute une domesticité qui veille sur ses moindres désirs, elle-même prodiguant tous ses soins au nourrisson royal, comblée matériellement audelà de tout ce qu'elle aurait jamais pu espérer, mais, au fond, un peu inquiète, malgré tout, et désorientée.
Et un jour, comme on la voit moins gaie que d'habitude, presque triste, abattue, on la questionne sur la raison de son attitude; elle répond, tout à trac, avec cette franchise qui la caractérise, qu'elle se languit de sa maison, de son mari et de son enfant qui l'attendent là-bas. On lui promet alors qu'une entrevue sera ménagée très prochainement entre elle et son époux. Mais le premier médecin de la reine l'avertit que, pour des raisons qu'elle peut comprendre aisément, il lui sera interdit de rencontrer véritablement son époux; elle ne pourra lui parler que séparée de lui par une cloison. Fort chagrinée à la pensée qu'il lui faudra encore attendre avant de pouvoir se jeter dans les bras de son époux, et qu'elle devra communiquer avec lui de cette manière, Jacqueline la nourrice accepte cependant.
Un soir, on introduit son mari dans une chambre contiguë à la sienne. Elle peut donc lui parler tout à loisir, mais sans le voir ni le toucher. Leur conversation qui dura quelques minutes, émut et divertit tour à tour, dans sa spontanéité, la reine et quelques personnes de son entourage très proche, qui écoutaient d'un cabinet voisin: Jacqueline ignorait encore où elle se trouvait réellement et elle exprimait avec sa bonhomie et sa crudité habituelles son étonnement et son admiration pour les gens et les choses qui l'entouraient. Et son mari renchérissait, avec de grandes exclamations de surprise et avec, quelquefois, lui aussi, un soupçon d'inquiétude quant à cette nouvelle vie qui était la leur. Il lui confirma qu'il n'était plus en prison, mais qu'il s'ennuyait fort dans sa chaumière avec leur enfant qu'une "belle darne" venait allaiter quotidiennement. Leur dialogue fut soudain interrompu par les cris du jeune dauphin qui manifestait ainsi sa faim et son désir pressant de voir sa nourrice. Martin quitta donc les lieux, partagé entre l'appréhension qu'il éprouvait devant cette situation tout à fait inédite pour lui et le contentement qu'il ressentait après avoir écouté sa femme et ses propos rassurants.
Comme la reine lui avait fait cadeau de cent louis, il s'en revint chez lui, avec ses pièces sonnantes et trébuchantes dont il connaissait mal l'utilisation, car il faut dire, qu'il n'en avait encore jamais vu de pareilles. Ce furent ses voisins qui lui apprirent qu'il s'agissait bel et bien de pièces d'or et que sa femme Jacqueline était en réalité la nourrice du dauphin.
Elle apprit bientôt, elle aussi, quelle était sa situation exacte. Et peu de temps après, le prévôt des marchands et les échevins de la ville de Paris qui avaient su que le jeune dauphin avait enfin une nourrice donnant toute satisfaction adressèrent, selon la coutume, une lettre de félicitations au roi et à la reine et firent présent à Jacqueline et à son mari de six mille louis d'or. Martin et sa femme comprirent alors qu'en très peu de temps leur vie avait changé du tout au tout et que désormais leur avenir était matériellement assuré. Ils purent un peu plus tard acheter une très belle terre qui fut érigée en marquisat.
Telle fut l'histoire de la belle et bonne Jacqueline, épouse de Martin, nourrice du futur roi Louis XIV, qui devint très vite Mme la marquise d'Essertaux.
Il est vrai que ce récit - authentique - ressemble fort à un conte de fées, mais il nous rappelle (pourquoi le nier ?) que le bonheur existe et que parfois la vertu et l'honnêteté sont récompensées.

Claude SELLIER et Mathurin HÉMON




Personnalités dans l'histoire à usage des écoles de 1878

Achéry, (Dom J. Luc d'), né à Saint-Quentin en 1609, mort à Paris en 1685, savant bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur. On lui doit entre autres ouvrages un vaste recueil de pièces relatives au moyen-âge, chroniques, diplômes, Chartes, vie des Saints, etc... (13 volumes).


Alard, sculpteur habile au XVIe siècle.


Amerval (d') se distingua en 1557 au siége de Saint-Quentin. Le dernier rejeton de cette ancienne famille est mort en 1860.


Babœuf Francois-Michel, écrivain politique et conspirateur, né à Saint-Quentin en 1764. D'abord géomètre et commissaire â Roye, il publia le cadastre perpétuel, puis des articles virulents dans le Correspondant picard. Devenu administrateur du département de la Somme, puis secrétaire de l'administration des subsistances, il fut accusé du crime de faux; sa condamnation fut anéantie par le tribunal de l'Aisne. A la chute de Robespierre, il créa le Tribun du Peuple dans lequel il attaqua avec violence le Directoire et les Conseils. A la tête du club des Égaux, il forma, en 1796, une vaste conspiration pour la Constitution de 1798; mais dénoncé, H fut condamné à mort le 26 mai 1797. En entendant son arrêt de mort, il se poignarda et, le lendemain, il fut porté mourant sur l'échafaud.


Bendier Claude, docteur de Sorbonne, curé de Saint-André, est auteur d'une vie de Saint-Quentin et d'une défense des principales prérogatives de sa ville natale, (1771-1810).


Bénézet Antoine, philanthrope américain, né à Saint-Quentin en 1713, fut chassé de la France par suite de la révocation de l'Edit de Nantes. Il se fixa à Philadelphie, fut l'un des plus ardents défenseurs de la cause des nègres et adopta la doctrine des Quakers. Il publia: Relation historique de la Guinée, Tableau de l'état misérable des nègres esclaves. Il mourut en 1784.


Bléville, célèbre peintre sur verre au XVIe siècle, époque où les bons peintres étaient rares.


Bovelles (Ch. de), chanoine, fut à la fois poète, mathématicien, philosophe; il a laissé de nombreux. ouvrages écrits tous en latin; il mourut en 1555.


Charlevoix (Xavier de), jésuite, né à Saint-Quen tin en 1682 mort à la Flèche ,en 1761, fit comme missionnaire plusieurs voyages, ce qui lui a permis de publier d'importants ouvrages: Histoiredu Japon,du Paraguay, de la nouvelle France, de Saint-Domingue.


Cottin Henri, premier négociant anobli pour ses travaux utiles en 1772.


Cottin Jean, directeur de la Compagnie des Indes au dernier siècle.


Couturier Nicolas, chanoine, fut prédicateur du roi et obtint de brillants succès dans les chaires de la capitale (1712-1778).


Crommelin, créateur de fabrique de linons en 1579, introduisit la culture du lin dans notre contrée.


Colliette Louis-Paul, chanoine de Saint-Quentin, curé de Gricourt, auteur des Mémoires du Vermandois.


Chatelain René-Théophile, journaliste, rédacteur du Courrier Français, né en 1790, mort à Paris en 1838.


Delatour Maurice-Quentin, peintre célèbre de portraits au pastel, né à Saint-Quentin en 1704, mort en 1788.Il fut reçu à l'académie en 1746. Madame de Pompadour et tous les seigneurs de la cour voulurent être peints par lui. Il créa une école de peinture à Saint-Quentin, fonda un prix de 500 francs pour le meilleur tableau de perspective, enfin, donna 30,000 francs aux hôpitaux. Nommé peintre du roi en 1750, il refusa le cordon de l'ordre de Saint-Michel que Louis XV lui offrait, et qui emportait avec lui des titres de noblesse. " Je ne connais, disait-il, que la noblesse des sentiments, et de prééminence, que celle des talents; telle est ma devise et c'est avec mes crayons que je signe mes parchemins. " La ville de Saint-Quentin reconnaissante lui a élevé une statue sur l'une de ses places publiques, le 4 mai 1856. En même temps, un musée a été créé pour réunir toutes les belles production de notre grand artiste.


Davin Félix, jeune littérateur plein d'avenir, fonda, en 1832, le journal le Guetteur dont il abandonna, en 1834, la direction à Calixte Souplet.Il mourut â Paris en 1836.


Dorigny, peintre et graveur, né en 1617, mort en 1668. Il a suivi le genre de Vouet, son beau-père, mais sans l'égaler, a surtout gravé à l'eau forte.


Dudon, chanoine de Saint-Quentin au XIe siècle, fut envoyé par Albert ler à Richard 1er, duc de Normandie, afin de réconcilier ce prince avec Hugues Capet. Auteur d'une histoire des ducs de Normandie, mourut en 1026.


Desjardins Nicolas, principal du collège de Saint-Quentin, traducteur de Cicéron.


Desjardins François, son frère, également principal du collège, auteur de poésies latines.


Decroix Charles, archéologue et historien.


Emmerez Claude, docteur en théologie, principal du collège de 1614 à 1632, mort en 1650, auteur de plusieurs ouvrages d'histoire et d'érudition. Ses annales latines saint-quentinoises renferment des documents précieux pour l'histoire locale.


Ferrand, chanoine de Saint-Quentin, fut chancelier de France en 1334.


De la Fons Claude, avocat, laissa des annotations remarquables sur la Coutume, et une histoire de Saint-Quentin, patron du Vermandois. Il mourut en 1638.-


De la Fons Quentin, auteur d'un manuscrit sur l'histoire de la ville et de l'église de Saint-Quentin


Grandin, professeur de théologie pendant 50 ans à la Sorbonne, né en 1604, mort en 1691.


St-Gilbert, évêque de Meaux, né au xe siècle. Pourvu fort jeune du canonicat de Saint-Quentin sa ville natale, puis archidiacre de Meaux, il succéda en 995 à l'évêque de cette ville.


Gilles de Roye, né A Saint-Quentin le 31 octobre 1415, auteur de l'abrégé de la Chronique de Brandon.


Guiencourt (Jean de). docteur de la Sorbonne et confesseur de Henri II. Il fit de grandes libéralités au couvent des Jacobins de Saint-Quentin dont il faisait partie.


Hans Jean, célèbre prédicateur à Paris, mort en 1561.


Hennuyer de la Mothe, un des meilleurs officiers sous Louis XIII.


Hennuyer Jean, aumônier de Henri II, de Diane de Poitiers, de Catherine de Médicis, évêque de Lisieux en 1578. Ardent adversaire des calvinistes il fit une vive opposition à l'édit de 1562 .On lui attrlbue néanmoins une conduite généreuse à la Saint-Barthélémy.


Heuzet Jean, professeur à l'Université, mort en 1728 .


Hordret Louis, jurisconsulte et historien. On lui doit les recherches sur les prérogatives et franchises de la ville de Saint-Quentin .


Jean de Saint-Quentin, abbé, et plus tard général de l'ordre de Prémontré, mourut en 1355.


Jumentier, maître de chapelle et compositeur de musique sacrée, de 1776 à 1823.


Jean Bourgeois de Saint-Quentin, architecte d'une partie de la Collégiale.


Lenglet. premier médecin de Charles VII.


Lescot, évêque de Chartres, confesseur de Richelieu en 1656.


Papillon, graveur sur bois, inventeur des papiers de tenture (1764). C'est à lui qu'il appartient d'avoir fait revivre la gravure sur bois par laquelle il acquit de la célébrité.


Paulet, général de brigade en 1805. Il a laissé une mémoire honorée, et sa famille possède un témoignage de reconnaissance du pape Pie VII.


Talon Omer, né vers 1595, avocat général au Parlement de Paris, mourut en 1652. Il a montré du dévouement au roi et aux lois, de la prudence et un noble caractère pendant la Fronde; a laissé des mémoires estimés


D'Y Nicolas, docteur de l'Université de Paris, chancelier et vicaire général du diocèse d'Amiens.


Ce fut Jean d'Y de la même famille qui, mayeur de Saint-Quentin en 1594, présenta les clefs de la vil1e à Henri IV.


Jacques le Vasseur, né a Saint-Quentin, doyen de Noyon en 1616, écrivit les annales de cette ville où il mourut en 1638.






William Harrell
Le Vermandois ne saurait répertorier tous les vaillants soldats qui ont foulé le sol et défendu nos libertés . William Harrell n'était quand son avion a été abattu à Beautor qu'un pilote comme les autres. En 1944, très blessé, il fut recueilli par la résistance courageuse des habitants, mis à l'abri dans le moulin de Beautor avec un autre pilote Eberhart et exfiltré par les réseaux de la France Libre . Histoire ordinaire me direz-vous ! Pas tout à fait, car William Harrell fort d'une expérience humaine sans pareille, se lancera dans les affaires, en créant une société à Londres de négoce de produits alimentaires transatlantique . Puis deviendra le pdg de KRAFT fOODS ! la plus importante société mondiale du secteur, laquelle contrôle Lu et donne donc du travail à l'usine de Jussy . Il a écrit un petit opuscule " FOR ENTREPRENEURS ONLY" qui est une lecture recommandable à tous les jeunes et à tous les habitants du pays .
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Xavier Bettrand

Biographie
Origines, études et famille
Né le 21 mars 1965 à Châlons-sur-Marne (Marne), Xavier Bertrand est le fils de Jean-Pierre Bertrand, cadre bancaire à la SGAM, et de Madeleine Bedin, employée de banque.
Xavier Bertrand effectue ses études universitaires à l'unité de formation et de recherche de Reims, où il obtient une maîtrise de droit public, puis un diplôme d'études supérieures spécialisées (DESS) d'administration locale.
Sa venue dans le Vermandois doit beaucoup à la famille de M Lionel Dubois de Flavy-le-Martel , assureur, ancien résistant et introduit en politique . C'est ce dernier qui lui mettra le pied à l'étrier dans les instances locales du RPR .
Agent d'assurance de profession, Xavier Bertrand s'est marié le 11 juillet 1998 à Emmanuelle Gontier, conseillère en ressources humaines. Membre du Grand Orient de France, principale obédience maçonnique de France, depuis 1995[2], il est le père de trois enfants dont des jumeaux.

Carrière politique
Militant dès l'âge de 16 ans au RPR, Xavier Bertrand s'engage très tôt en politique.
En 1992, il mène la campagne pour le non au Traité de Maastricht dans son département de l'Aisne. Il est adjoint au maire de Saint-Quentin dans l'Aisne en Picardie. Il est l'un des créateurs de la plage de Saint-Quentin, événement similaire mais antérieur à Paris-Plage.
Après avoir été, de 1997 à 2002, assistant parlementaire de Jacques Braconnier, sénateur de l’Aisne, il est élu député le 16 juin 2002, pour la XIIe législature (2002-2007), dans la deuxième circonscription de l'Aisne.
En 2003, Alain Juppé, président de l'UMP, le charge de mener le débat et d'expliquer la réforme des retraites au cours d'un "Tour de France". Il est choisi comme rapporteur du projet de loi à l'Assemblée nationale. Il est pendant cette période membre du Club de la boussole qui regroupe les députés qui se revendiquent fidèles au Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin et au Président de la République Jacques Chirac.
Pendant cette période, il gagne du crédit et se fait remarquer dans les milieux politiques de droite. Le 31 mars 2004, lors de la formation du gouvernement Raffarin III, il est nommé Secrétaire d'État à l'Assurance maladie. Sous la responsabilité de son ministre de tutelle, Philippe Douste-Blazy, il mène la réforme de l'Assurance maladie. Il s'engage fortement dans la campagne pour le référendum du 29 mai 2005 en faveur du Traité constitutionnel.
Après la victoire du « non », Jean-Pierre Raffarin démissionne. Après quelques jours d'hésitation entre Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac choisit le premier comme nouveau Premier Ministre. Probablement soutenu par Philippe Douste-Blazy, Xavier Bertrand remplace celui-ci comme Ministre de la Santé. Il échappe ainsi au sort des autres juppéistes du gouvernement comme Eric Woerth ou Xavier Darcos dont l'éviction par Dominique de Villepin est interprétée comme une réaction au soutien d'Alain Juppé à la solution Nicolas Sarkozy pour Matignon.
Son passage par le ministère est marqué par l'épidémie de chikungunya à la Réunion, par l'interdiction de fumer dans les lieux publics décidée en 2006, et la création d'un corps de réserve sanitaire pour faire face à une éventuelle crise en France ou à l'étranger.
Xavier Bertrand annonce le 29 novembre 2006 son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle, et est nommé le 15 janvier 2007 porte parole de campagne de Nicolas Sarkozy. Le premier ministre Villepin le somme alors de rester à son poste ministériel. Finalement, il quitte le gouvernement le 26 mars 2007, pour mener pleinement la campagne. Le 18 mai 2007, il est nommé Ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité dans le gouvernement François Fillon.
Le 10 juin 2007, il est réélu député de la deuxième circonscription de l'Aisne dès le premier tour en recueillant 53,28 % des suffrages.
Il est l'un des quadragénaires médiatiques de la droite française, avec Jean-François Copé ou François Baroin, issu de ce que la presse a appelé la génération "terrain", c'est-à-dire l'ensemble des élus locaux qui ont souvent ramené à droite des villes longtemps et profondément de gauche avant d'entrer pour certains à l'Assemblée nationale dès 2002.
En décembre 2007, il sort renforcé du conflit sur la réforme des régimes spéciaux de retraite. La presse fait écho de ses mauvaises relations avec François Fillon et fait de Xavier Bertrand son successeur potentiel à Matignon.

Fonction Politique
conseiller du district de Saint-Quentin 1995-2001);
secrétaire départemental du RPR (1998)
secrétaire départemental de l'UMP 2003);
président du groupe d'étude parlementaire sur les professions libérales; chargé des débats de société à l'UMP
porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy, lors de l'élection présidentielle française de 2007.

Mandats électifs
Député
19 juin 2002 - 30 avril 2004 : député de la 2e circonscription de l'Aisne. Nommé au gouvernement, il doit démissionner et laisse sa place à sa suppléante Pascale Gruny.
20 juin 2007 - 20 juillet 2007 : réélu député de la 2e circonscription de l'Aisne le 10 juin 2007. Nommé au gouvernement, il laisse de nouveau sa place à Pascale Gruny.
Conseiller général
23 mars 1998 - 29 juillet 2002 : Membre du Conseil général de l'Aisne
Conseiller municipal / Maire
20 mars 1989 - 18 juin 1995 : Membre du Conseil municipal de Saint-Quentin (Aisne)
19 juin 1995 - 18 mars 2001 : Adjoint au Maire de Saint-Quentin
Depuis le 19 mars 2001 : Adjoint au Maire de Saint-Quentin en charge de l'animation
Mandats intercommunaux
Depuis 2001 : Vice-président de la Communauté d'agglomération de Saint-Quentin

Fonctions ministérielles
De mars 2004 à juin 2005 : Secrétaire d'État à l'Assurance-maladie du gouvernement Raffarin 3
De juin 2005 au 26 mars 2007 : Ministre de la Santé et des Solidarités du gouvernement Dominique de Villepin, il est confronté à l'épidémie de Chikungunya à La Réunion et à l'arrivée de la grippe aviaire en Europe. Il a su faire avancer le dossier de l'interdiction du tabac dans les lieux publics.
18 mai 2007 au 18 juin 2007 : Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité du gouvernement François Fillon
Depuis le 19 juin 2007 : Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité du gouvernement François Fillon , il est chargé d'un important ensemble de réformes sociales comprenant : service minimum, contrat de travail unique, réforme des retraites et des régimes spéciaux.